En effet, dans un contexte de tensions sur la ressource en eau, la REUT représente une solution pour préserver la ressource et s’adapter au changement climatique, si elle s’envisage dans une logique de substitution à un prélèvement déjà existant, et en tenant compte des enjeux du territoire.
L’étude d’opportunité apparaît alors comme un outil d’aide à la décision partagé par l’ensemble des acteurs concernés. Elle permet d’identifier les usages les plus propices et les bassins versants pour lesquels il y aurait un intérêt à inciter ou au contraire à freiner les projets de REUT.
Dans bien des cas, l’eau traitée en sortie de stations d’épuration (STEU) est restituée directement aux milieux naturels. La REUT consiste à récupérer tout ou partie de ces eaux traitées à la sortie de la STEU pour les réutiliser pour d’autres usages, pour lesquels un traitement supplémentaire des eaux peut être exigé selon les cas par la réglementation. Cette REUT ne doit pas se faire au détriment du milieu naturel et notamment ne pas altérer la qualité et le fonctionnement du milieu aquatique.
Une étude d'opportunité en 4 étapes
L’étude comprend une phase de diagnostic qui se découpe en 3 parties et une phase d’analyse de l’opportunité.

L’opportunité a été évaluée au regard des 5 objectifs suivants pour chacun des 55 sous-bassins versants et en fonction de deux saisons (période estivale d’avril à septembre et hors période estivale d’octobre à mars). Il faut cependant garder à l’esprit que l’échelle de ce travail masque les disparités locales:
- Amélioration de la qualité des cours d'eau
- Ne pas aggraver l'état des cours d'eau en période estivale
- Limiter les prélèvements sur la ressource en eau
- Substituer un prélèvement pour un usage humain
- Optimiser les investissements

Le diagnostic
Des cours d’eaux fragiles notamment en période estivale.
Concernant les débits, la grande majorité des cours d’eau de l’Ain connait des étiages marqués, en particulier en amont des bassins versants. Aussi, en été, une grande vigilance doit être de mise, notamment pour les cours d’eau dont le débit dépend du rejet des STEU.
La qualité des cours d’eau est dégradée sur l’Ouest et cette vulnérabilité devrait augmenter avec le changement climatique. La REUT peut être opportune dans ce cas pour améliorer cette qualité en diminuant les rejets d’eaux dégradées (température plus élevée, charge organique résiduelle non traitée par la STEU).
Des nappes souterraines et certains cours d’eau vulnérables à la disponibilité en eau
Il y a une vulnérabilité quant à la disponibilité en eau pour les nappes des Cailloutis de la Dombes et des alluvions de la plaine de l’Ain ainsi que sur certains cours d’eau (Reyssouze, Veyle, Ain pour les principaux) : si la REUT se substitue à des prélèvements existants, alors elle peut être particulièrement opportune sur ces secteurs.
Des usages substituables variables selon les saisons
Les volumes des usages substituables ont été évalués avec l’outil STRATEAU (développé par le Cerema), sur les 2 saisons "estivale" et "hors estivale" pour les usages suivants :
| Période estivale | Hors période estivale | |
|---|---|---|
| Irrigation agricole | 100% | / |
| Usages industriels | 50% | 50% |
| Arrosage des espaces verts | 100% | / |
| Arrosage des golfs | 80% | 20% |

Résultats en termes d'opportunité de REUT
Opportunité de REUT pour améliorer la qualité des cours d’eau

Opportunité de REUT pour limiter les prélèvements en cours d’eau et en nappe des cours d’eau

Opportunité au regard des usages
Pour évaluer l’objectif de substitution des prélèvements, on s’appuie sur le "volume substituable": c’est, pour chaque sous-bassin versant, le plus petit volume (facteur limitant) entre celui lié à l’usage et celui des rejets de STEU

Opportunité au regard des investissements sur les STEU
L’opportunité de REUT au regard de l’optimisation des investissements sur les STEU s’appuie sur la distance du point de prélèvement à la STEU, la part de volume traité en lagunage ou boues activées, et la capacité nominale des STEU.

Infographies
Cette étude a été co-financée par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse.
Elle a été suivie par un comité de pilotage regroupant : l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, les services de l’Etat à travers la DDT, la DDPP de l’Ain et la DREAL AURA, l’ARS délégation de l’Ain, les Chambre d’Agriculture et Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Ain.
