Été 2026 et confort d’été : le biosourcé et au‑delà... une conception globale !

Les bâtiments présentés ci-dessous illustrent une approche globale du confort d’été, combinant matériaux biosourcés, conception bioclimatique et recours à la géothermie pour le rafraîchissement. Si les matériaux biosourcés (bois, paille, terre crue, fibres végétales, etc.) ne garantissent pas à eux seuls la performance estivale, ils y contribuent fortement grâce à leurs propriétés spécifiques : forte inertie thermique (notamment pour la terre crue et certains matériaux massifs), régulation naturelle de l’humidité intérieure, et capacités d’isolation qui limitent les apports de chaleur tout en maintenant des parois « respirantes ». Couplés à une conception bioclimatique rigoureuse (orientation, compacité, protections solaires, ventilation naturelle nocturne) et à des systèmes passifs ou semi‑passifs comme la géothermie pour le pré‑rafraîchissement de l’air ou de l’eau, ces matériaux participent à une stratégie cohérente de lutte contre les surchauffes, adaptée aux nouveaux aléas climatiques et aux exigences croissantes de confort dans les bâtiments publics, sociaux et tertiaires.

Résidence autonomie de Lanton (33) – Énéal : une première girondine en paille pour le confort d’été des aînés

Porté par la foncière médico‑sociale Énéal, le projet de reconstruction de la résidence autonomie « Les Chênes Verts » à Lanton associe 53 logements seniors et 11 logements intergénérationnels, pour un coût total de 13,3 M€ TTC. Première résidence autonomie isolée en paille en Gironde et en Nouvelle‑Aquitaine, le bâtiment recourt à une ossature bois remplie de bottes de paille locale (mise en œuvre par Aquitaine Maison Bois), choisies pour leur performance thermique, leur forte inertie (déphasage proche de 14 h) et leur capacité à réguler l’humidité intérieure.

Centre de loisirs de Petit‑Mars (44) – un pôle enfance‑jeunesse bioclimatique, biosourcé et géothermique pour un confort d’été sans climatisation

Inauguré le 20 juin 2026 en pleine canicule, le nouveau pôle enfance‑jeunesse de Petit‑Mars (1 380–1 450 m²), conçu par l’agence nantaise Guinée Potin Architectes, a dû rapidement démontrer sa capacité à protéger enfants et personnels des fortes chaleurs sans recourir à la climatisation : alors qu’il faisait plus de 40 °C à l’extérieur, la température intérieure est restée autour de 27 °C. Le bâtiment associe une conception bioclimatique (débords de toiture de 1,50 m, protections solaires, orientation et compacité maîtrisées) à une enveloppe majoritairement biosourcée : ossature bois, isolation en paille compactée et en laine de bois, cloisons en adobes (terre crue) et enduits terre, qui assurent une forte inertie et un déphasage thermique important. Le rafraîchissement est assuré par de la géothermie verticale.

Paille de riz, terre crue et zéro clim : le pari du nouvel immeuble Weko à Montpellier (34)

Livré en mars 2026 dans la ZAC Hippocrate à Montpellier, l’immeuble de bureaux Weko (environ 4 000 m²) a été conçu comme une réponse explicite aux fortes chaleurs méditerranéennes, en misant sur des matériaux biosourcés et géosourcés locaux : bottes de paille de riz de Camargue, terre crue (briques et enduits) et structure bois, associés à un système de rafraîchissement naturel (réseau urbain chaleur‑froid et/ou rafraîchissement adiabatique).

A Lyon (69), un immeuble en terre crue pour des bureaux plus écologiques

L’immeuble de bureaux Viaterra intègre des murs en terre crue préfabriquée pour améliorer le confort d’été : la forte inertie de la terre (déphasage 12–15 h) réduit la température intérieure d’environ 4 °C par rapport à un bâtiment classique. Ce choix de matériau permet aussi de diviser par 3 ou 4 les émissions de CO₂ du gros œuvre (≈ 9 kg CO₂/m² contre 35–40 kg pour du béton), avec un coût cible de 400 €/m².

Rappels - Les leviers pour le confort d'été

Canicules : le rôle de l’isolation et de l’inertie thermique des bâtiments pour se protéger contre la chaleur

L’article de The Conversation écrit par Simon Rouchier, enseignant-chercheur en physique du bâtiment, explique comment les bâtiments peuvent protéger des canicules. Il s’appuie sur des principes thermiques (déphasage, amortissement, stockage) et met en garde contre les risques de surchauffe si l’inertie n’est pas couplée à une ventilation nocturne et à des protections solaires, dans un contexte de réchauffement climatique et de vagues de chaleur répétées.

Quatre leviers pour le confort d'été

Publiée le 23 juin 2026 par le CD2E (Cluster de la Transition Écologique des Hauts‑de‑France), cette note technique propose une méthode opérationnelle en quatre leviers pour améliorer le confort d’été des bâtiments, en plaçant les isolants biosourcés (fibre de bois, paille, chanvre, lin, ouate de cellulose) comme levier majeur grâce à leur fort déphasage et leur capacité thermique. Elle rappelle que, face aux vagues de chaleur répétées, la priorité est d’abord d’occulter le soleil, puis de ventiler, avant d’agir sur l’enveloppe avec des matériaux à forte inertie, et enfin de recourir en dernier lieu à des systèmes actifs de rafraîchissement.

Robustesse et confort d’été : comment adapter nos habitats aux canicules ?

Cet article de Build Green (publié le 6 août 2026) restitue un webinaire organisé au début d’une 4ᵉ vague de chaleur en juillet 2026, dans un contexte d’intensification du réchauffement climatique et de canicules à répétition. L’objectif est de déplacer le focus de la seule performance hivernale vers la « robustesse » des logements : leur capacité à rester viables et confortables malgré les aléas climatiques, sans dépendre systématiquement de la climatisation.

En complément

Un MOOC de l'Office Français de la Biodiversité

Conçu et co-financé par l’Office français de la biodiversité (OFB) dans le cadre du projet européen LIFE ARTISAN, ce MOOC « S’adapter au changement climatique avec les Solutions fondées sur la Nature (SfN) » est lancé en septembre 2026 pour outiller collectivités, entreprises, professionnels de la biodiversité, chercheurs et citoyens face à l’intensification des aléas climatiques (canicules, sécheresses, inondations, feux, érosion).

Il propose un parcours gratuit de 9 semaines en ligne, avec 43 intervenants et des retours d’expérience dans l'Hexagone et en Outre-mer, pour comprendre les liens climat–biodiversité–bien-être, concevoir et piloter des projets SfN (haies, végétalisation urbaine, zones humides, cordons dunaires, etc.), mobiliser les acteurs et mesurer les résultats. 

L’objectif de ce MOOC est de transformer les pratiques territoriales et sectorielles (aménagement, agriculture, forêt, tourisme, bâtiment) en privilégiant des solutions souvent moins coûteuses et plus résilientes que l’ingénierie classique.

Une innovation matériaux

Spurgin enrichit son offre bas carbone d’un mur porteur en « béton de bois » (granulats de bois + ciment, technologie TimberRoc) qui agit comme un amortisseur thermique grâce à une très forte inertie et un déphasage de 14 à 17 heures. Utilisable en logements, écoles et hôpitaux.

Consulter l'article du Moniteur, 17 juillet 2026

Apports du Cerema aux réflexions sur le confort d'été

Améliorer le confort d'été en logements collectifs : des solutions techniques

Publié en janvier 2026, ce guide, réalisé sous maîtrise d’ouvrage de l’USH, s’adresse aux bailleurs sociaux et maîtres d’ouvrage confrontés à l’intensification des canicules et des îlots de chaleur urbains. Il propose un panorama de solutions techniques classées en trois axes — aménager les abords (ombrage, végétalisation, matériaux), protéger des apports solaires (inertie, isolation, albédo, végétalisation de toitures, vitrages, ventilation) et rafraîchir en évacuant la chaleur accumulée (brasseurs d’air, ventilation naturelle, gestion des courants d’air) — en précisant pour chacune l’efficacité attendue, les contextes favorables, les points de vigilance, l’acceptabilité sociale, les contraintes d’exploitation et une estimation des coûts (mise en œuvre, maintenance). Illustré de retours d’expérience de bailleurs, le document vise à aider à choisir des solutions pertinentes, applicables en neuf et/ou en rénovation, pour réduire les risques de surchauffe dans l’habitat collectif.

Été : des bâtiments en quête de fraîcheur

Publié le 23 juin 2026, cet article de cadrage s’adresse surtout aux collectivités gestionnaires de bâtiments publics, confrontées à la montée des surchauffes urbaines et aux limites d’un parc majoritairement conçu pour la performance hivernale. L’auteure souligne que la réglementation reste inégalement exigeante hors zone méditerranéenne, malgré l’indicateur de degrés-heures d’inconfort de la RE2020, et plaide pour des projets fondés sur des simulations thermiques dynamiques intégrant des données climatiques prospectives. Elle recommande une démarche contextualisée pour le bâti existant : diagnostic des causes de surchauffe, priorité aux protections solaires, à la ventilation nocturne, au brassage d’air et à l’environnement végétalisé, avant le recours éventuel à la climatisation.

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Actualités biosourcées du Cerema

Face à l’accélération des risques climatiques et à l’impératif de décarbonation du secteur du bâtiment, le Cerema déploie plusieurs leviers complémentaires pour accompagner la transition écologique des territoires.

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  • Le Cerema accompagne, dans le cadre du projet FIB, le développement d’un nouvel isolant biosourcé à base de paille de blé tissée, valorisant un coproduit agricole local et contribuant à la sobriété carbone de l’isolation, en neuf comme en rénovation. Le produit est développé par la société FIBRATERRE SAS.
  • Il a également produit, pour le compte du ministère de la transition écologique, un état des lieux opérationnel et économique des filières biosourcées et géosourcées en Outre‑mer, pour éclairer l’application future de l’obligation de 25 % de matériaux biosourcés ou bas‑carbone dans la commande publique à horizon 2030. 
  • Il soutient, via l’AMI du projet Life Adapt’Est, la rénovation de bâtiments publics et sociaux intégrant des solutions d’adaptation aux vagues de chaleur, sécheresses et pluies extrêmes, avec un accompagnement méthodologique de long terme et des aides régionales dédiées. 

Ensemble, ces démarches illustrent une approche intégrée : adapter le bâti existant aux aléas climatiques tout en structurant des filières locales de matériaux bas‑carbone, au service d’une construction et d’une rénovation plus résilientes et moins émettrices.