19 décembre 2025
mise en œuvre des dispositifs d'alerte sonore sur routes bidirectionnelles
Cerema
Le 23 juin 2025 s’est tenu un webinaire d’échanges sur les Dispositifs d’Alerte Sonore (DAS) sur route à chaussée bidirectionnelle. Organisé par la Direction des Mobilités Routières (DMR) du Ministère des Transports et par le Cerema, ce temps d’échanges a permis de revenir sur les objectifs et sur le contenu de la Note d’Information du Cerema "Dispositifs d'alerte sonore permanents - Recommandations pour améliorer la sécurité routière", qui fournit aux gestionnaires routiers des clés pour déployer ces équipements sur leur réseaux à chaussées bidirectionnelles, comme l’y encourage les conclusions du Comité Interministériel à la Sécurité Routière (CISR) du 17 juillet 2023. Le webinaire a également mis en avant les retours d’expérience de quatre gestionnaires routiers (1DIR et 3 CD) ayant expérimenté la mise en œuvre de DAS.

Une note d’information pour accompagner les gestionnaires 

En 2015, 55 % des conducteurs impliqués dans les accidents mortels en section courante sur les routes à chaussée bidirectionnelle hors agglomération ont effectué une sortie de voie, 20 % suite à un défaut de guidage et 35 % suite à une perte de contrôle. 

Pour les défauts de guidage (hors malaise), il apparaît que le sens des déports initiaux est très majoritairement vers la gauche (88 % vers la gauche, contre 12 % vers la droite).

Les sorties de voie à gauche ou à droite par défaut de guidage (assoupissement, distraction, etc..) peuvent être évitées par la mise en œuvre de DAS qui permettent, grâce à leurs effets vibratoire et sonore, de prévenir le conducteur quand le véhicule est en train de sortir de sa trajectoire "normale" de conduite. Si ces dispositifs ne peuvent se substituer à une séparation physique des sens de circulation (en axe) ou à un traitement des obstacles latéraux (en rives), ils constituent toutefois un facteur primaire de sécurité. Les retours des expérimentations, menées tant en France qu’à l’étranger, ont montré leur excellent rapport coût/bénéfice.

Le CISR du 17 juillet 2023 a ainsi incité, dans ses conclusions, les gestionnaires de voirie à équiper de DAS les routes bidirectionnelles hors agglomération qui supportent un trafic routier ou un trafic poids lourd important, en prenant en compte l’accidentalité constatée. Les éventuelles nuisances sonores pour les riverains engendrées par cet équipement sont toutefois à prendre en compte dans le choix du lieu d’implantation.

Publiée en avril 2024, la Note d’Information du Cerema permet aux gestionnaires routiers de bénéficier de recommandations pratiques afin de mettre en œuvre des DAS permanents sur leur réseau. Ces recommandations sont déclinées en fonction du type de route mais également en fonction du type de DAS considéré ou de leur positionnement transversal sur la chaussée.

Cette note vient compléter l’arrêté du 14 janvier 2020, relatif à l’équipement des routes et autoroutes de dispositifs d’alerte sonore, qui a précisé les dispositions possibles pour la mise en œuvre de DAS et en a étendu le domaine d’emploi lequel, outre les autoroutes et les routes à chaussées séparées, intègre désormais aussi les routes à chaussée bidirectionnelle.

 

La présentation :

 

Des retours d’expérience déjà fournis 

Quatre gestionnaires routiers (DIR Nord, Conseil Départemental de l’Essonne, de l’Hérault et de la Vienne) ont pu présenter leur politique locale en matière de mise en œuvre de DAS permanents sur réseau bidirectionnel. Les différents intervenants ont illustré les premiers résultats positifs en termes de gains de sécurité routière de ces équipements sur leur réseau. 

La mise en œuvre de DAS a permis notamment de : 

  • limiter les sorties de route ou chevauchement sur une autre voie : forte hausse de véhicules légers circulant correctement dans leur voie après mise en œuvre de DAS sur un axe du CD91 (de 32% à 80% sur certains créneaux horaires),
  • réduire les chocs frontaux, avec notamment une forte évolution sur un axe du CD34 (15% de chocs frontaux après mise en œuvre de DAS contre 44% auparavant) 
  • diminuer les interventions sur dispositifs de retenue endommagés. 

Le coût de cette mise en œuvre ainsi que le renouvellement plus ou moins régulier est à anticiper lors de l’élaboration du projet. 

Bilan et perspectives 

L’arrêté du 14 janvier 2020 et la note du Cerema publiée en avril 2024 permettent de donner un cadre réglementaire et technique pour mettre en œuvre des DAS permanents, comme l’y encourage le CISR du 17 juillet 2023. Les gains en termes de sécurité routière ont déjà pu être relevés pour les gestionnaires ayant mis en place ces équipements.  

Un parangonnage des pratiques nationales va être réalisé afin de capitaliser encore davantage de bonnes pratiques des gestionnaires routiers. 

Le replay

Rappel des questions et réponses 

Question 1 : Les DAS sont-ils aussi possibles et recommandés sur les routes à trois voies affectées (2+1)?

Réponse Cerema : En effet, le cas de figure est possible et recommandable. Le guide ARP présente les conditions d’aménagement de ce type de route et présente la mise en place de DAS comme une bonne pratique. 

Question 2 : Qu’en est-il de la certification des produits utilisés pour les barrettes noires 

Réponse Cerema : Les DAS de type barrette (noire comme blanche) doivent être certifiées marque NF «Equipements de la route» ou par un autre certificat de conformité présentant des garanties de sécurité et d’aptitude à l’usage au moins équivalentes. 

Question 3 : Est-ce qu’en présence d'obstacles latéraux (arbres...), les DAS peuvent être une première alerte en attente de poser des Dispositifs de Retenue Routiers (DRR)? 

Réponse Cerema : Les DAS ne sont pas là pour remplacer les DRR. Avant un DRR, les DAS peuvent être utiles en tant que première alerte pour éviter de heurter le DRR (qui est lui-même un obstacle). Face à l’impossibilité de mettre en place un DRR, la mise en oeuvre de DAS peut être envisageable sans avoir toutefois la fonction de traiter l’obstacle. 

Question 4 : Qu’en est-il du risque de "détacher" les DAS à protubérance avec la déneigeuse ?

Réponse de l’intervenant : L’utilisation de lame en caoutchouc ou plastique voire combi n’engendre pas d’arrachement des DAS, au contraire des lames acier. 

Question 5 : Pourquoi ne pas mettre d'engravure sur chaussée bidirectionnelle ?

Réponse Cerema :  La mise en oeuvre des DAS de type barrettes est déjà une première solution pour alerter les usagers. L’arrêté du 14 janvier 2020 peut être amené à évoluer pour potentiellement introduire les engravures sur routes bidirectionnelles. 

Question 6 : Quel est le montant annuel dédié aux DAS?.

Réponse de l’intervenant : La mise en oeuvre des DAS de type barrettes peut être estimée à 5€/unité. Il est encore difficile d’estimer un coût d’entretien tant la durée de vie des DAS peut être aléatoire (conditions du support lors de la mise en oeuvre, trafic plus ou moins important...)

Question 7 : En termes d'entretien, une repasse de peinture est-elle juste nécessaire pour redonner de la blancheur et de la rétro-réflexion ?

Réponse de l’intervenant : Tout à fait. 

Question 8 : Est-ce que l'implantation des DAS de part et autre du marquage axial ne pose pas de problème lors de l'entretien de la peinture ? Roulette de mesure du camion peinture qui passe sur les barrettes et qui perturbe l'application ?

Réponse de l’intervenant : Une adaptation du matériel d’application de la peinture par l’entreprise réalisant le marquage peut être nécessaire en fonction de l’implantation des DAS vis-à-vis du marquage. 

Question 9 : Est-ce que ce système fait du bruit pour les riverains ? Y a-t-il eu des études d'impact sonore réalisées pour objectiver les éventuelles nuisances ? Hormis le point négatif sur le bruit, les DAS pourraient-elles être mises en agglomération (par exemple en axe dans une courbe)? 

Réponse Cerema : Pour des questions de nuisances sonores, les DAS ne sont pas recommandées en agglomération. La note d’information recommande de ne pas implanter de DAS à moins de 150 m des zones urbanisées ou de riverain isolé.

Question 10 : Pour les DAS noirs en axe, quel écartement est préconisé pour la signalisation horizontale?

Réponse Cerema : en axe, l’écartement entre des DAS noires par rapport au marquage axial ne doit pas être trop élevé pour ne pas réduire davantage la largeur des voies de circulation. Un écartement de 1U peut être une bonne valeur de référence.