17 février 2026
Mobilités solidaires
Cerema
Le 29 janvier 2026, le Cerema proposait un Rendez-vous Mobilité consacré aux stratégies locales de mobilité solidaire, dans une optique résolument pratique. Reposant sur des conseils méthodologiques et des retours d’expériences, il a également permis de faire un état des lieux de la mise en place de ces stratégies.

Pour fixer le cadre des échanges, le webinaire a débuté par un rappel de la notion de mobilité solidaire qui a fait son apparition dans les textes législatifs avec la Loi d’Orientation des Mobilités de 2019.

 

Des actions diverses en faveur de la mobilité solidaire

La mobilité solidaire constitue l’une des compétences des AOM et le cœur des Plans d’Action en commun pour la Mobilité Solidaire (PAMS). Ceux-ci doivent être pilotés conjointement par la Région et le Département, en associant les AOM locale, le service public de l’emploi, les organismes publics ou privés intervenant dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale, en situation de handicap ou dont la mobilité est réduite. Si à ce jour seuls 8 PAMS ont été signés en France, tous en Hauts-de-France, plusieurs territoires sont engagés dans cette démarche, comme le département du Lot-et-Garonne et l’ensemble de la Région Occitanie. L’analyse des PAMS déjà signés permet de mieux percevoir leur champ d’action, autour de 4 enjeux principaux : 

  • Connaissance des dispositifs, information et accompagnement des bénéficiaires
  • Coordination des acteurs et gouvernance
  • Offres existantes ou à développer sur le territoire
  • Mobilité vers l’emploi et contexte territorial spécifique (grands projets pourvoyeurs d’emploi par exemple)

A côté de ces PAMS, des territoires ont souhaité s’engager, à différentes échelles, dans l’élaboration de stratégies locales de mobilité. C’est le cas en Pays-de-la Loire à l’initiative du commissaire à la lutte contre la pauvreté. C’est également le cas de 9 territoires engagés dans le programme TIMS. Liza Gayral a rappelé leur démarche spécifique de planification transversale et intégrée de la mobilité durable et inclusive autour d’un diagnostic, de la co-construction d’une stratégie et d’animation de la gouvernance. Ces territoires présentent des profils différents (Communautés de communes, PNR, Départements…) qui ont permis de tirer quelques enseignements, notamment l’importance de la mobilisation de tous les acteurs dans une gouvernance partagée, une évolution des pratiques professionnelles et la nécessité de penser des actions adressant spécifiquement la précarité-mobilité pour bien intégrer l’accompagnement des bénéficiaires.

 

 

Ces points spécifiques se retrouvent dans les conseils méthodologiques proposés par Damien Courbe et Mathieu Maréchal, du Cerema, pour élaborer une stratégie locale de mobilité solidaire ou un PAMS. 

Elles peuvent se résumer en 3 points :

  • Comprendre les différences culturelles : l’univers de la mobilité solidaire regroupe des acteurs multiples, présentant des diversités de statut (acteurs publics institutionnels parapublics, associatifs ou privés) mais aussi issus de secteurs professionnels différents (mobilité / action sociale / insertion). Dès lors, cela peut générer des difficultés de vocabulaire, de représentation, de temporalité qu’il est nécessaire d’aplanir par l’échange pour arriver à un vocabulaire commun et la construction d’enjeux partagés
  • Fixer les objectifs de la stratégie. Déterminer des objectifs stratégiques communs est une priorité pour assurer la démarche collective et permettre le choix des actions à mettre en place. Ces objectifs doivent être suffisamment précis pour pouvoir se décliner ensuite en précisant les cibles, les acteurs à mobiliser, les financements possibles et les indicateurs d’évaluation.
  • S’appuyer sur le bon diagnostic. Pour y parvenir, il faut pouvoir mobiliser des données, visibles ou invisibles. Au-delà des données quantitatives existantes, il faut pouvoir s’appuyer sur des données qualitatives, recueillis au travers d’entretiens d’usagers ou de bénéficiaires. Il s’agit aussi de repérer ce qui se mesure peu, ou mal, comme la non-mobilité ou l’impact des démarches de mobilité inversée.

La présentation :

 

Retours d'expérience locaux

C’est ce qu’illustre parfaitement la démarche portée par le Département de Lot-et-Garonne, accompagné par le Cerema pour l’élaboration du PAMS du bassin de mobilité Vallée du Lot. Sur ce territoire, les enjeux sociaux sont particulièrement forts et la gouvernance territoriale complexe. La démarche a donc reposé sur un temps préparatoire important, de repérage et d’échange avec les acteurs du territoire, et sur une démarche de diagnostic fondée sur des ateliers de concertation territoriale et une enquête par questionnaire auprès des bénéficiaires. Ce travail a permis de repérer 3 enjeux stratégiques partagés :

  • La gouvernance et de la coordination
  • L’information, la communication et la remontée des besoins
  • L’accès aux solutions de mobilité

Sur cette base, des fiches-actions ont été élaborées, précisant le contenu de l’action, les acteurs impliqués, les ressources existantes, les leviers de financement, le calendrier, des indicateurs de suivi et des points de vigilance.

Le travail mené dans la communauté de communes d’Erdre-et-Gesvres pour élaborer une stratégie locale de mobilité durable et inclusive relève de la même logique. 

Sa méthodologie repose sur les axes suivants :

  • La mise en place de comités locaux : 6 comités de partenaires, rassemblant professionnels et acteurs associatifs, sui se sont réunis en divers emplacements sur l’EPCI.
  • Des analyses statistiques (à partir de données existantes : INSEE, ORS…)
  • Des entretiens qualitatifs auprès des prescripteurs (action sociale, insertion, séniors, jeunesse…)
  • Des entretiens qualitatifs avec des usagers
  • La mise en place d’actions expérimentales en parallèle.

Il permet aussi d’émettre quelques recommandations aux territoires qui souhaiteraient avancer dans ce sens :

  • Utiliser un mode de diag’action, en expérimentant pour mobiliser, mesurer aussi les imaginaires et les freins
  • Coopérer le plus largement possible
  • S’entourer d’experts pour garder une prise de hauteur et un cap
  • Incarner le projet grâce à du personnel dédié
  • Ne pas vouloir innover mais s’inspirer des autres
  • Monter des projets en gouvernance partagée
  • Ne pas sur-anticiper et sur-préparer, mais avancer dans l’action pour laisser une place à chacun des partenaires

La présentation :

Dans le dossier Les Rendez-vous Mobilités du Cerema

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