23 mars 2026
Parc départemental des Hautes-Bruyères : Terrain de basket
Christophe Cazeau - TERRA
Le Laboratoire Vivant des Solutions Fondées sur la Nature (LVSFN) du Cerema Île-de-France a conduit en mars 2026 une enquête auprès des agents de collectivités franciliennes pour orienter la conception de son programme de formations. Avec 88 répondants issus de communes, intercommunalités, parcs naturels régionaux et établissements publics, les résultats confirment une forte attente autour de la gestion des eaux pluviales, de la désimperméabilisation des sols et d'une approche généraliste des SFN. Près de la moitié des répondants identifie des freins internes — financiers et techniques — qui confirment l'urgence d'un renforcement des compétences territoriales sur ces enjeux.

Le Laboratoire Vivant des Solutions Fondées sur la Nature: un dispositif d’accompagnement des territoires franciliens

Actuellement en création au sein du Cerema Île-de-France, le Laboratoire Vivant des Solutions Fondées sur la Nature (LVSFN) a pour vocation d’accélérer le déploiement des SFN sur le territoire francilien en accompagnant les collectivités dans la montée en compétence de leurs agents. Face à l’intensification des enjeux climatiques — épisodes caniculaires, inondations, effondrement de la biodiversité — les élus et techniciens sont de plus en plus sollicités pour intégrer des approches fondées sur les écosystèmes dans leurs projets d’aménagement.

Dans ce cadre, le LVSFN prévoit de développer une offre de formations spécifiquement conçue pour les agents des collectivités. Avant d’en définir les contenus et les modalités, une enquête en ligne a été lancée en mars 2026 auprès des agents et techniciens concernés par ces thématiques en Île-de-France.

 

88 répondants pour un panorama représentatif

 

En moins de deux semaines (du 4 au 17 mars 2026), 88 agents ont répondu au formulaire. Le panel est représentatif de la diversité des structures franciliennes : communes et mairies (47 %), intercommunalités telles que communautés d’agglomération, communautés de communes ou établissements publics territoriaux (33 %), établissements publics comme Île-de-France Nature (15 %), auxquels s’ajoutent des parcs naturels régionaux et départements.

Les profils des répondants sont tout aussi variés : urbanistes, chargés de mission développement durable, ingénieurs environnement, paysagistes, directeurs de services techniques, animateurs de SAGE... Cette diversité illustre bien le caractère transversal des SFN, qui intéressent simultanément les directions de l’environnement, de l’urbanisme, de l’eau et de l’espace public.

Un niveau de formation opérationnel

L’enquête révèle que le public visé est déjà conscientisé aux enjeux : 92 % des répondants souhaitent être capables de "choisir et planifier les solutions techniques" (81 citations). Près de la moitié vise en outre le dimensionnement des ouvrages (40 citations), et un tiers souhaite être formé au suivi et à l’entretien des aménagements (31 citations). Seuls 29 répondants se situent au niveau de la simple découverte des enjeux.

Ce positionnement est un signal fort pour la conception pédagogique : les modules devront privilégier des contenus technico-opérationnels, avec des cas concrets, des exercices de dimensionnement et des retours d’expérience franciliens, plutôt que de longues introductions théoriques.

Les visites de terrain, un levier pédagogique plébiscité

La disponibilité pour les sorties terrain est remarquable : 87 % des répondants accepteraient de se déplacer sur le territoire francilien dans le cadre de visites de sites. Ce chiffre valide pleinement l’intégration de temps de terrain dans les modules du LVSFN, dimension essentielle pour ancrer les apprentissages dans des réalités locales.