14 janvier 2026
Affiche photovoltaique Métropole européenne de Lille
Métropole européenne de Lille
Retour d'expérience : Comment des formations-actions ont permis aux collectivités de passer de l’ambition à l’action concrète en matière de rénovation énergétique et de solarisation du patrimoine communal.

En 2021, la Métropole Européenne de Lille (MEL) a adopté un Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) ambitieux, visant la neutralité carbone d’ici 2050 et une meilleure résilience face aux effets du changement climatique. Pour traduire ces objectifs en actions tangibles, la MEL a choisi de s’appuyer sur l’expertise du Cerema, établissement public spécialisé dans l’aménagement durable des territoires. Ensemble, ils ont conçu et animé, entre 2024 et 2025, deux formations-actions destinées aux communes volontaires du territoire.

Ces dispositifs innovants, centrés sur l’élaboration d’un Schéma Directeur Immobilier Énergétique (SDIE) et d’un plan de solarisation du patrimoine communal, ont permis d’accompagner une dizaine de collectivités pendant 18 mois. L’enjeu était double : doter les communes d’outils concrets pour agir sur leur patrimoine, tout en favorisant l’échange de bonnes pratiques et la montée en compétence des équipes locales.

 

Deux formations-actions pour accompagner l’action climatique locale

1/ Le Schéma Directeur Immobilier Énergétique (SDIE) : une feuille de route pour la rénovation du patrimoine public

La première formation-action, lancée en avril 2024, avait pour objectif d’aider les communes à structurer la stratégie énergétique de leurs bâtiments publics. À travers cinq ateliers thématiques, les participants ont pu aborder l’ensemble des étapes clés de la démarche.

Les communes ont commencé par clarifier les finalités d’un SDIE, en s’appuyant sur les étapes d’une Gestion de Patrimoine Immobilier Active : comment organiser la gouvernance interne, quels moyens humains et financiers mobiliser, quels bâtiments inclure, comment anticiper la mise en œuvre et le suivi de la stratégie ? 

 

 

Les ateliers suivants ont permis aux communes de cartographier leur patrimoine et d’identifier les bâtiments prioritaires parce que vétustes, énergivores ou ne répondant plus aux besoins du territoire et des usagers. Des retours d’expérience, notamment ceux des villes de Croix et Seclin, ont illustré comment des collectivités comparables avaient réussi à élaborer une stratégie immobilière et à hiérarchiser leurs actions en fonction des urgences et des budgets disponibles.

Une attention particulière a été portée sur les modalités de financement des études et des travaux, avec une présentation des outils et dispositifs existants : Fonds Chêne (ACTEE), fonds de concours ou encore accord-cadre métropolitain. Les communes ont ainsi pu comparer les coûts et les avantages des différentes solutions, et affiner leur stratégie en conséquence (pour aller plus loin, consulter l'article du Cerema sur ces dispositifs).

Enfin, les ateliers ont abordé la question cruciale de la pérennisation du SDIE, avec des pistes pour intégrer cette démarche dans la programmation budgétaire et organiser le suivi des actions sur le long terme.

 

La formation‑action a permis de formaliser des besoins, d’outiller les collectivités et de créer une dynamique locale autour de la transition énergétique du patrimoine.

Wambrechies montre l’exemple : un SDIE concret pour une gestion durable du patrimoine

La ville de Wambrechies a finalisé son SDIE en seulement six mois, couvrant 43 bâtiments. Grâce à un accompagnement sur-mesure du Cerema et de la MEL, la commune a pu clarifier les rôles de chaque service, prioriser les bâtiments à rénover et sécuriser le financement de ses projets. Une démarche qui a servi de modèle pour les autres participants.

2/ La solarisation du patrimoine communal : produire une énergie locale et décarbonée

La seconde formation-action, initiée en juillet 2024, visait à accélérer le déploiement de panneaux solaires sur les toitures et parkings des communes. Les ateliers ont permis aux collectivités de progresser étape par étape, depuis l’identification du potentiel solaire jusqu’à la mise en œuvre des premières installations.

Les communes ont commencé par évaluer leur gisement solaire, à l’aide d’outils comme le cadastre solaire de la MEL. Un tableur de caractérisation du patrimoine leur a permis de hiérarchiser les bâtiments selon leur aptitude à accueillir des panneaux solaires, en tenant compte de critères comme l’orientation, l’état des toitures ou les contraintes réglementaires.

Un temps important a été consacré à la stratégie de valorisation de l’électricité produite : autoconsommation individuelle ou collective, revente sur le réseau, ou encore participation à des communautés énergétiques. Les communes ont pu s’appuyer sur des simulations financières pour comparer les scénarios et choisir la solution la plus adaptée à leur contexte.

Les ateliers ont également permis d’aborder les aspects techniques et juridiques des projets solaires, avec des retours d’expérience sur les démarches administratives ou les relations avec Enedis. Enfin, les communes ont été accompagnées dans la rédaction de feuilles de route solaires, incluant des scénarios "maximalistes" (solarisation de l’ensemble des surfaces éligibles) et "minimalistes" (focalisation sur les projets les plus rentables).

Bondues passe à l’action 

La commune de Bondues, qui a activement participé à la formation, a programmé sa première installation solaire pour septembre 2026. Un exemple qui montre comment l’accompagnement a permis de lever les freins techniques et financiers, et de concrétiser des projets longtemps restés à l’état de réflexion.

  • Un renforcement des compétences locales : les formations-actions ont offert aux participants une meilleure connaissance de leur patrimoine et des leviers disponibles pour agir. Les outils méthodologiques (fiches pratiques, outils de priorisation , simulateur financier) ont été conçus pour être directement utilisables par les communes, même après la fin de l’accompagnement.
  • Une meilleure coordination entre les services : dans les petites communes, où les équipes sont souvent polyvalentes, la démarche a permis de fédérer les services autour d’un projet commun. Dans les plus grandes collectivités, elle a favorisé la création de liens entre les directions (techniques, financières, juridiques), parfois peu habituées à travailler ensemble sur ces enjeux.
  • Un partage d’expériences enrichissant : les retours d’expérience et les temps d’échange entre communes ont été plébiscités par les participants. Même si certaines collectivités ont souligné l’hétérogénéité des situations entre petites et grandes communes, la diversité des profils a globalement enrichi les débats et permis à chacun de trouver des solutions adaptées à son contexte.
  • Des projets concrets et une feuille de route pour l’avenir : plusieurs communes se sont lancées concrètement dans l’élaboration de leur SDIE (via des bureaux d’études) ou de leur plan de solarisation. Même lorsque les projets n’ont pas encore abouti, les outils produits (scénarios financiers, feuilles de route) offrent aux services une base solide pour convaincre les élus et préparer les arbitrages pour le prochain mandat.

 

Bilan et perspectives : un modèle à dupliquer pour accélérer la transition

Les deux formations-actions menées par la Métropole Européenne de Lille et le Cerema ont démontré leur efficacité pour aider les communes à passer de l’intention à l’action. En combinant apports théoriques, outils opérationnels et intelligence collective, ces dispositifs ont permis à la fois de démystifier des sujets complexes (rénovation énergétique, solarisation) et de les rendre accessibles à des collectivités de toutes tailles, de créer une émulation entre territoires, en favorisant le partage de retours d’expérience et de bonnes pratiques et de produire des livrables concrets qui serviront de base pour les années à venir.

 

Et demain ? Fort de ce succès, la MEL et le Cerema envisagent de poursuivre leur collaboration pour accompagner les communes sur de nouveaux enjeux, et d’essaimer ce modèle vers d’autres territoires. Une manière de démultiplier l’impact des politiques climatiques locales, et de montrer que la transition énergétique peut – et doit – se construire collectivement.

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