26 février 2026
ouvrage hydraulique de rétablissement des petits cours d'eau
Cerema
Le changement climatique se manifeste par une intensification des aléas climatiques, en particulier des précipitations extrêmes, et par la nécessité d’adapter des infrastructures routières, majoritairement conçues à partir de données climatiques historiques désormais partiellement obsolètes.
Rédigé dans le cadre de la mise à jour du guide technique sur l’assainissement routier (GTAR), l’article propose une méthode opérationnelle destinée aux gestionnaires d’infrastructures routières, afin d’améliorer la résilience des ouvrages hydrauliques face au changement climatique et d’identifier les ouvrages les plus vulnérables nécessitant une intervention prioritaire.

Le changement climatique se traduit par une élévation de la température moyenne globale, largement attribuée aux activités humaines et aux émissions de gaz à effet de serre. À l’échelle européenne et plus encore française, cette hausse est supérieure à la moyenne mondiale. Les trajectoires de réchauffement de référence utilisées pour l’adaptation des politiques publiques anticipent, à l’horizon 2100, un réchauffement pouvant atteindre environ +4 °C en France métropolitaine. 

 

Des ouvrages hydrauliques vulnérables aux impacts du changement climatique

Cette évolution s’accompagne d’une modification du régime des précipitations, non seulement en moyenne annuelle, mais surtout en termes d’intensité et de fréquence des épisodes extrêmes. Les infrastructures de transport, conçues sur la base d’hypothèses hydrologiques passées, se trouvent ainsi exposées à des sollicitations hydrauliques dépassant leur capacité nominale.

 

Projections de la variation de température moyenne mondiale par rapport à la période pré-industrielle 1850-1900 (Source : GIEC, 1er groupe de travail, 2013) selon différents scénarios climatiques. Les valeurs de niveau de réchauffement de la TRACC sont repérées par des étoiles jaune, orange et rouge

 

 

Les ouvrages hydrauliques de rétablissement des écoulements naturels sous chaussée — buses, dalots, petits ponts — constituent des points singuliers particulièrement sensibles. Leur défaillance peut entraîner des conséquences en chaîne : érosion des remblais, affouillement des fondations, effondrement de la chaussée, interruption totale du trafic et coûts économiques élevés. Les dégradations ne résultent pas uniquement de la violence des événements hydrologiques ; elles sont souvent liées à des défauts antérieurs de conception, d’exécution ou d’entretien, ainsi qu’à la fragilité intrinsèque de certains types d’ouvrages, notamment les buses métalliques. Le changement climatique agit alors comme un facteur aggravant qui amplifie les vulnérabilités déjà présentes.

Plusieurs mécanismes de dégradation sont identifiés :
  • La mise en charge hydraulique provoque une élévation du niveau d’eau en amont, pouvant conduire à la submersion de la chaussée et au transport de matériaux solides ;
  • Les processus érosifs, dus à des vitesses d’écoulement élevées, affectent radier, têtes d’ouvrage, berges et remblais contigus ;
  • Les atterrissements et la formation d’embâcles réduisent la section hydraulique efficace et accroissent le risque d’obturation.