24 mars 2026
aménagement cyclable hors agglomération
Cerema
En 2025, à la suite des conclusions du groupe de travail interdépartemental de l’Ouest pour mieux connaître et caractériser les dispositifs de séparation hors agglomération, le Cerema a enquêté auprès des collectivités locales à l’échelle nationale, pour approfondir les cas d’usage. Un premier bilan de 8 types de séparations et un catalogue de pratiques ont pu être réalisés.

Les aménagements cyclables hors des villes se multiplient pour répondre aux besoins de mobilité, aux défis de transition énergétique et aux limitations attendues de l’artificialisation des sols. Les départements, les EPCI et les communes, responsables de l'infrastructure routière, se préoccupent de la sécurité des usagers dans la conception de ces projets.

Parmi les sujets de questionnement figure celui des dispositifs de séparation entre la chaussée et les aménagements cyclables hors agglomération.

Un premier travail à l’échelle de la Bretagne et des Pays de la Loire, partagé en 2024, a permis de conclure sur 2 points :

  1. En priorité, chercher d’abord à éloigner l’aménagement cyclable du bord de chaussée, tels que le recommande le guide de la DGITM "Aménager le réseau cyclable en dehors des agglomération" de février 2024 ;
  2. Lorsque l’éloignement n’est pas possible, bien choisir sa solution de séparation de voirie afin d’assurer aux usagers une certaine sécurité routière.

Pour approfondir ces points de conclusion et tenter de répondre aux attentes plus opérationnelles des collectivités, le Cerema a élargi son périmètre d’études. Ainsi, à l’été 2025, de nombreuses collectivités territoriales ont répondu à une enquête fine proposée par le Cerema. Ainsi, 92 réponses ont pu être analysées.

 

Des choix en fonction du contexte 

Les enjeux de la séparation de voirie entre la chaussée motorisée et l’aménagement cyclable sont multiples. D’abord, le profil en travers peut être réinterrogé pour intégrer un aménagement cyclable ; c’est un exercice que pratiquent déjà les collectivités en agissant sur le rétrécissement de la largeur de chaussée, l’abaissement de la vitesse maximale autorisée (VMA), la réalisation d’aménagements paysagers…

Ensuite, les principaux critères pris en compte dans le choix de l’éloignement ou du type de séparation à mettre en œuvre, par ordre d’importance, sont :


 

Si l’objectif principal est de développer la pratique cyclable hors agglomération, les collectivités restent attentives à la sécurité de l’ensemble des usagers (vélos, véhicules motorisés).

  1. Le volume de trafic motorisé
  2. Les contraintes de largeur disponible
  3. La Vitesse Maximale Autorisée (VMA)
  4. La vitesse motorisée pratiquée
  5. La part de poids lourds
  6. Le niveau de service cyclable

Eléments généraux des séparations

Il existe deux grandes familles de séparations :

Le dispositif de retenue routier, homologué : 

Muret véhicule léger (MVL), glissière, glissière béton adhérent (GBA), double béton adhérent (DBA). Il propose d’atténuer les conséquences d’une sortie accidentelle de la chaussée pour les véhicules motorisés et leurs occupants. Il permet également d’isoler un obstacle (arbre, panneau, etc.) ou une zone tampon située dans la zone de sécurité ou de marquer la séparation entre chaussée générale et aménagement cyclable.

Le séparateur physique, non homologué : 

Bande enherbée, bordure, fossé, haie végétale. Il vise à marquer physiquement la séparation entre la chaussée motorisée et l’aménagement cyclable mais n’a pas pour objectif de retenir les véhicules motorisés en cas de sortie de route.

Quelques éléments de conclusion ressortent de cette analyse et de la restitution faite aux collectivités répondantes le 18 décembre 2025 :

  • Les séparateurs physiques ont un avantage environnemental ; ils peuvent être pertinents à condition d’une largeur suffisante pour assurer un minimum de sécurité des usagers ;
  • Les dispositifs de retenue (normés) ont un avantage en termes de sécurité des usagers ; attention toutefois à prévoir la largeur de fonctionnement de la glissière ;
  • L’accotement (bande dérasée revêtue, utile à la récupération des écarts de conduite) semble faire office de variable d’ajustement dans le profil en travers dans certains cas ;
  • Le volume de trafic et la vitesse motorisés jouent un rôle essentiel dans le choix de la séparation en termes de sécurité pour l’ensemble des usagers (vélos, véhicules motorisés) ;
  • La diversité des cas et contraintes des aménageurs nécessite une étude au cas par cas des projets d’aménagement.