Cet article fait partie du dossier : Economie circulaire dans les chantiers du BTP: Le dossier sur le Label 2EC
Voir les 11 actualités liées à ce dossier
Le Cerema développe notamment l'outil DIAG'TP pour aider à gérer les déchets sur le chantier et lance un appel à manifestation d'intérêt auprès des acteurs du BTP pour l'expérimenter.
Le secteur de la construction est le premier consommateur de ressources, émettant 70% des déchets produits au niveau national (240 millions de tonnes, en incluant le bâtiment) : la réglementation a évolué ces dernières années pour réduire la production de déchets du BTP, recycler et développer le réemploi des matériaux, entraînant de nouvelles pratiques, une approche plus durable des chantiers du BTP, la création de filières locales.
Les acteurs du BTP, notamment les maîtres d'ouvrage, responsables de la gestion des déchets de leurs chantiers, ont besoin d'être accompagnés, de disposer d'outils et de méthodologies pour construire une stratégie de gestion des déchets dès la conception du projet et assurer un suivi tout au long du chantier. Le Cerema pilote le label 2EC qui accompagne ou a accompagné 18 porteurs de projets dans leur démarche d'économie circulaire, et conçoit des outils tels que DiagTP pour la gestion des matériaux.
Le Label 2EC
Lancé en 2021, le label 2EC guide les porteurs de projet privés et publics dans la gestion de leurs déchets. Des chantiers d'aménagement urbain, de construction de lignes de transports en commun, de bâtiments ou encore de routes ont ainsi été ou sont en cours de labellisation.
Le Cerema présente ci-dessous les retours d'expérience de 5 responsables de ces projets sur la gestion des déchets et des matériaux dans leurs chantiers et l'intérêt de l'accompagnement via le label 2EC.
L'outil Diag'TP
Développé par le Cerema avec la DGPR et la FNTP, Diag'TP permet d'assurer le suivi des matériaux et d'organiser leur gestion. Il est en phase de test, et un second appel à manifestation d'intérêts est lancé jusqu'au 30 avril 2026 pour expérimenter Diag'TP dans leurs projets et contribuer à son évolution.
Le Cerema assure l'accompagnement technique et méthodologique des maîtres d'ouvrage publics et des entreprises de travaux pour prendre l'outil en main et capitaliser les retours d'expérience.
Le label 2EC : mettre en œuvre l'économie circulaire dans les projets
Porté par le Ministère de la transition écologique et solidaire et piloté par le Cerema, le label national 2EC a pour objectif de développer et promouvoir l’économie circulaire dans les territoires à travers la labellisation de projets de construction et d’aménagement et permet un suivi rigoureux du Cerema, ce qui garantit l'atteinte d'objectifs économie circulaire et offre une sécurité juridique vis-à-vis de la prévention et de la gestion des déchets et pour assurer une bonne valorisation des matériaux alternatifs en technique routière ou en aménagement.
Le label 2EC valorise les engagements du porteur de projet et des acteurs associés en imposant la tenue des engagements depuis les études de programmation jusqu'à l'achèvement des travaux.
Le label s'adapte aux différents temps d'un projet et l'accompagne jusqu'à la réalisation du bilan : il est possible de rejoindre la démarche dès la phase conception ou au stade réalisation.
ENTPE : Rénovation d'un bâtiment tertiaire / Le point de vue du gestionnaire
Cécile Delolme, Directrice de l’ENTPE, a accepté de témoigner auprès du Cerema sur la démarche d’économie circulaire engagée pour la rénovation du patrimoine immobilier de l’Ecole.
Cécile Delolme, pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé l’Ecole à se lancer dans la démarche de labellisation 2EC en faveur de l’économie circulaire des matériaux et déchets de la construction ?
Les champs de formation et de recherche de notre Ecole sont au cœur-même des questions bâtimentaires et de transition environnementale. Compte-tenu des orientations stratégiques de l’Ecole, en faveur d’une exemplarité, notamment dans la gestion de notre patrimoine immobilier, il nous est apparu évident d’être alignés avec les engagements du label 2EC. Depuis quelques années déjà, nous menons des opérations de rénovation thermique (dont chauffage urbain mixte, relamping, gestion raisonnée de la consommation, rénovation de la piscine), sur lesquelles travaillent des entreprises de l’insertion. Entre 2010 et 2015, nous avons réalisé la rénovation de l’aile A. Riches de cette expérience, et dans un contexte réglementaire actualisé ces dernières années, nous avons souhaité expérimenter la labellisation 2EC en commençant par le bâtiment D historique.
Parallèlement à cela, une réflexion sur l’optimisation des mètres carré existants et des usages mixtes est en cours.
En association avec nos laboratoires de recherche, nous sommes également acteurs des démarches expérimentales : prototypage de façades, utilisation de biomatériaux. Il s’agit d’avancer tout en respectant notre patrimoine architectural (façades, matériaux), témoignage d’une époque, que nous devons valoriser et bien faire vieillir.
En quoi cette labellisation bénéficie-t-elle à l’opération de rénovation du bâtiment D historique ?
Un an de travail a été consacré à imaginer les espaces de travail du personnel du bâtiment D, qui accueillera les services administratifs. Le Service Achats Logistique et Patrimoine, accompagné de bureaux d’études spécialisé, a retenu le parti-pris de conserver le patrimoine architectural de ce bâtiment et d’être vertueux lors des travaux de rénovation, afin de minimiser les déchets générés et/ou de les réutiliser. Cette réflexion s’inscrit dans la dynamique collective de l’Ecole.
Il s’agit de la première expérience avec ce label 2EC. Enrichis par cette expérience, nous lancerons le chantier du bâtiment T et sa labellisation 2EC à l’achèvement des travaux de rénovation du bâtiment D. Il s’agira de rénover un bâtiment qui héberge la Direction de la formation initiale et deux laboratoires de recherche. Une réflexion urbaine est en cours avec la Ville de Vaulx-en-Velin pour préciser les usages entre le bâtiment T et la promenade Lénine.
Quels sont les enjeux principaux sur cette opération ?
L’un des enjeux est notre acculturation à ces nouvelles manières de rénover et de penser l’existant. Ces réflexions nous ferons, j’en suis certaine, gagner en qualité d’ambiances et d’espaces intérieurs.
Un deuxième enjeu sera de veiller à montrer ce qui a été fait à nos étudiants ou proposer des projets sur ces travaux au cours de leur formation. Nous pourrions également imaginer faire visiter le chantier au travers de l’action « Chantier Ecole » du Campus des métiers et des qualifications « Construction Durable » et, ainsi, sensibiliser les lycéens et étudiants aux enjeux de circularité dans le BTP.
Nous avons été positivement surpris de constater que, pour l’instant, la démarche d’économie circulaire n’engendre pas de surcoûts vis-à-vis de l’enveloppe de l’opération.
Lire l'article sur l'opération
Le projet KI : Construction d'un immeuble d'habitation / Témoignage du maître d'ouvrage
Le maître d'ouvrage du projet Ki en centre-ville de Lyon, Cogedim (ex Pitch Immo/Ki), a répondu aux questions du Cerema en phase chantier, puis au bilan.
En phase chantier :
Caroline PRIMARD, Chargée de projets chez Pitch immo x Woodeum :
Le chantier Ki dans le quartier de la Part-Dieu à Lyon a très vite rejoint le Label 2EC : quels étaient les enjeux spécifiques de ce chantier et vos objectifs en termes d'économie circulaire ?
Pitch Immo avait pour ambition initiale de réhabiliter le bâtiment de la Caisse d’Epargne. Lorsque les études ont montré que l’intérêt de réhabiliter ce bâtiment était très limité, c’est tout naturellement que l’idée du réemploi des matériaux s’est présentée à nous.
Le bâtiment présentait des équipements et matériaux de grandes qualités notamment : de très beaux éléments en béton préfabriqués, des mains courantes travaillées et décorées, des WC suspendus et vasques impeccables, des verres de façade porteurs de l’histoire architecturale de la Part-Dieu. Au-delà de la qualité des matériaux, certains étaient présents en très grande quantité et représentaient un gisement homogène facilement réemployable. On peut citer notamment les 450 portes de bureaux, les 9 000 m² de faux plafond, les 15 000 m² de moquettes, les 3 000 luminaires… Il paraît impensable dans le monde d’aujourd’hui que tous ces matériaux et équipements soient jetés alors qu’ils pourraient encore parfaitement remplir leur fonction.
Nous nous étions fixé un objectif initial de 585 tonnes de matériaux remployés et valorisés -en réemploi in situ/ex situ et en recyclage maîtrisé- et nous sommes aujourd’hui fiers de l’avoir atteint et même dépassé.
L’entreprise a réemployé et valorisé 769,8 tonnes de matériaux et déchets à date (hors vitrages) dont environ 150 tonnes de matériaux qui n’avaient pas été identifiées lors du diagnostic PEMD (carreaux de plâtre, groupe électrogène, quincaillerie et machinerie ascenseur) partis en réemploi ex situ.
C’est donc pour nous une vraie réussite pour ce premier chantier de déconstruction sélective.
Le défi pour nous sera maintenant de réintégrer les matériaux qui ont été déposés et stockés dans le nouveau projet. Nous aimerions que cette pratique du réemploi soit plus largement acceptée et reproduite. L’objectif sera aussi de convaincre nos clients que le réemploi ne rime pas avec des prestations "au rabais", bien au contraire.
En quoi l'accompagnement du Label 2EC a-t-il été utile pour vous maitre d'ouvrage ?
L’accompagnement du Label 2EC a permis de nous challenger sur le réemploi des matériaux et de structurer notre démarche.
En présentant notre labellisation 2EC, nous avions la responsabilité de réaliser une opération de déconstruction démonstratrice d’une nouvelle façon de construire.
Lire l’actualité complète
A l'issue du chantier
Caroline Primard, responsable du projet Ki, partage des enseignements après la livraison du bâtiment :
1/ Inscrire le réemploi comme un objectif dès la phase de programmation en s’appuyant sur les expertises spécifiques des AMO Réemploi
- Le réemploi demande une organisation spécifique (tri, stockage, transport) qui peut complexifier les délais classiques de chantier. Une planification adaptée est nécessaire et la demande de moyens logistiques, en particulier pour le stockage, doit être intégrée dans les dossiers de consultation des entreprises (DCE) de démolition.
- La mobilisation de professionnels du réemploi (AMO Réemploi) dès le démarrage du projet est essentielle pour sécuriser la démarche et identifier les leviers d’action à chaque étape du projet.
2/ Réaliser un diagnostic ressource dès que possible
- Lorsqu’il y a déconstruction, un diagnostic produits, équipements, matériaux, déchets (PEMD) planifié bien en amont est indispensable pour repérer les matériaux réemployables et anticiper leur traitement. Celui-ci doit être réalisé par l’AMO Réemploi pour identifier les ressources réemployables.
- Sur le projet Ki, 365 tonnes de matériaux et équipements avaient été identifiés par l’AMO Réemploi R-USE.
3/ Prévoir du temps et des moyens pour la logistique du réemploi, notamment en termes de stockage
- Le réemploi demande une organisation spécifique (tri, stockage, transport) qui peut complexifier les délais classiques de chantier. Une planification adaptée est nécessaire et la demande de moyens logistiques, en particulier pour le stockage, doit être intégrée dans les dossiers de consultation des entreprises (DCE) de démolition.
- Les appels d’offres doivent valoriser les savoir-faire en réemploi, via des critères d’évaluation et des clauses spécifiques, tout en favorisant l’innovation et l’expérimentation.
- Le stockage temporaire des matériaux entre leur dépose et leur réutilisation nécessite des conditions logistiques et sanitaires précises, à anticiper dans le phasage du projet.
- Nous avons eu besoin, pour ce projet, de lieux de stockage intérieur et extérieur situés en banlieue lyonnaise. Ces lieux de stockage avaient été identifiés en amont mais il ne nous a pas été possible de réemployer les portes du projet in-situ car nous ne pouvions pas maîtriser l’hygrométrie du lieu de stockage. Ce type de contrainte aurait par exemple dû être identifié en amont de la démarche.
4/ Conjuguer ambition et réalisme opérationnel
- La démarche de réemploi nécessite une certaine flexibilité : les objectifs initiaux peuvent être ajustés en fonction des contraintes techniques, réglementaires ou logistiques rencontrées.
- Cela a été le cas sur le projet Ki : l’entreprise de démolition a identifié des ressources supplémentaires et d’autres ont été écartées de la piste réemploi. Notre objectif de valorisation était initialement de 365 tonnes, revu à 285 tonnes après quelques essais de dépose non concluants.
5/ Garantir la traçabilité et la conformité des matériaux réemployés avec l’AMO Réemploi et le bureau de contrôle
- Des documents techniques, essais, fiches de traçabilité ou validations permettent de rassurer les parties prenantes et de garantir la qualité des matériaux réutilisés.
- R-USE nous a proposé plusieurs livrables permettant de garantir cette traçabilité : fiches matériaux suite au diagnostic qui étaient transmises aux repreneurs, carnet de solutions circulaires pour le réemploi in-situ sur le projet Ki, notice réemploi pour exposer notre démarche dans le DCE et un tableau de suivi fixant des objectifs et évolutif au fur et à mesure de la déconstruction.
6/ Valoriser la démarche par une communication transparente permettant à tous de capitaliser sur l’expérience pour enrichir collectivement les pratiques futures
- Mettre en lumière les actions menées, les résultats obtenus et les enseignements tirés renforce la légitimité du projet et contribue à une dynamique collective. C’est pourquoi nous partageons aujourd’hui notre expérience auprès du Cerema et faisons partie du collectif du Booster du Réemploi.
- Documenter les réussites, les difficultés et les arbitrages permet de nourrir les projets à venir et de faire progresser collectivement la filière du réemploi.
Lire l’actualité complète
Projet OSTERODE : Reconversion d'une friche / Le retour du maitre d'ouvrage
Chloé Chetelat, Cheffe de projet Aménagement et Médéric Fossard, Directeur de l’aménagement chez D2P, ont pris le temps de présenter au Cerema fin 2021 la démarche d'économie circulaire et de sobriété menée au cours d'un vaste projet d'aménagement dans la métropole de Lyon, le projet OSTERODE à Rillieux-la-Pape. En fin de projet, Chloé Chetelat et Emmanuel Barbarit, chef de projet chez LEI, ont partagé des enseignements à ce sujet.
En phase chantier :
Quels sont les enjeux sur votre chantier en termes de recyclage et économie des matériaux ?
Médéric Fossard : Le projet OSTERODE est un des premiers projets que nous réalisons en concession aménagement pour la métropole de Lyon. Cette concession consiste à reconvertir une friche militaire de 15 ha en une opération de 60 000 m² sdp à vocation mixte et à dominante économique avec de l’activité, du bureau, un pôle de services comprenant notamment un hôtel et de l’habitat.
Nous avons la volonté de réduire les impacts environnementaux : le projet permet de désartificialiser une partie du site en doublant les surfaces au sol perméables par rapport à l’existant, de laisser une large place aux modes actifs, et bien-sûr le chantier en lui-même est conçu pour réduire ces impacts.
Par exemple il y a sur le site une ressourcerie qui fonctionne en économie sociale et solidaire avec qui nous travaillons en partenariat, l’objectif étant qu’ils puissent récupérer des matériaux de notre chantier de démolition pour la construction de leur nouveau bâtiment qui viendra s’implanter en limite de notre projet.
Chloé Chetelat : En tant qu’aménageur nous sommes garants de la réussite du projet, depuis la phase de destruction des anciens bâtiments jusqu'à la répartition des lots entre les opérateurs pour la reconstruction. La sobriété était un objectif dès le début du projet en avril 2020 avec les études techniques et le diagnostic déchets, puis la démarche s’est affinée petit à petit. Nous avons aussi fixé des objectifs de déconstruction puis de réemploi des déchets issus de la déconstruction sur les espaces que nous aménageons.
Nous nous interrogeons par exemple sur le réemploi de béton pour les chaussées, mais aussi de certains mobiliers et éléments de signalétique.
Un des bâtiments du site ne sera finalement pas détruit, après avoir constaté son intérêt du point de vue de sa qualité bâtie et sa capacité à se transformer et à s’étendre.
Nous travaillons avec un cahier des charges qui comporte des prescriptions notamment environnementales avec des objectifs de valorisation des déchets, afin d’avoir une cohérence d’ensemble sur le chantier. L'urbanisme transitoire a aussi été intégré sur le site, pour que la ressourcerie continue son activité en attendant sa relocalisation. Ce nouveau bâtiment sera d’ailleurs construit avec un maximum de matériaux provenant du site avant la déconstruction, qui seront stockés sur place.
Nous travaillons en ce moment sur le cahier des charges de la démolition et le diagnostic déchets, qui nécessitent d’identifier les filières de recyclage et de réemploi. Nous sommes actuellement au stade du travail d’identification des acteurs du recyclage, des filières présentes, des possibilités de traitement et réemploi, pour déterminer quelle part de matériaux peut être réutilisée sur place ou recyclée, et comment.
Quel a été l'apport du Label 2EC dans votre démarche ?
Médéric Fossard : Au regard de nos intentions sur ce projet, le label 2EC nous a intéressés pour encadrer et valider la démarche.
Chloé Chetelat : Le label a été lancé au moment où nous débutions ce projet, et il nous a confortés dans notre volonté de sobriété et de réduction des déchets. Cela peut sembler une contrainte, mais nous oblige à faire différemment. Le label permet de suivre et d’objectiver les actions menées, d’en tirer des bilans. Cette traçabilité est importante, car si les entreprises recyclent et récupèrent, la traçabilité permet de structurer des filières locales, de travailler avec de nouveaux acteurs. Mais cela demande de la rigueur et le label apporte un accompagnement.
Lire l’actualité complète
A l'issue du chantier
Nous avons recueilli les conseils de Mme Chloé Chetelat, responsable du projet Osterode et de M. Emmanuel Barbarit, chef de projet chez LEI :
1/ Un portage politique fort
- La prévention et la gestion des déchets ont été identifiés dès l’amont du projet comme des enjeux forts. Ils ont été retranscrits dans la Charte d’objectifs d’aménagement durable comme thématique significative et prioritaire.
- Il a fallu avoir une vision d’ensemble et y associer au plus tôt l’ensemble des partenaires et opérateurs de la construction.
2/ Une stratégie d’économie circulaire qui "challenge"
- Il a été essentiel de fixer des objectifs, notamment en matière de réemploi et de valorisation des bétons, et de s’y tenir durant tout le temps du projet.
- La stratégie de réemploi a nécessité une réflexion amont sur l’organisation du stockage des matériaux en vue de leur réemploi.
- La tenue d’un planning détaillé sur tous les aspects du projet, en intégrant les réflexions relatives à l’économie circulaire, a permis de maintenir les objectifs fixés sur chantier.
3/ Des outils de suivi rigoureux
- Des outils de suivi simples mais rigoureux ont été créés afin d’assurer une traçabilité et un récolement optimal des matériaux et déchets générés lors de la déconstruction.
- Un audit complet des documents et des contrôles réguliers permettent de s’assurer de leur bonne utilisation.
Lire l’actualité complète
Cournon Coeur de Ville : Une opération de renouvellement urbain / Le point de vue de la collectivité
Philippe Maitrias, premier adjoint au Maire en charge de l'aménagement du territoire, de la voirie et des transports, a accepté de répondre au Cerema sur la labellisation du projet Cournon Cœur de Ville et l'intérêt de la démarche pour la commune.
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi la commune de Cournon d'Auvergne s'est inscrite dans la labellisation 2EC ?
L’opération d’aménagement urbain "Cournon Cœur de Ville" recherche l’exemplarité environnementale en proposant une gestion des eaux pluviales et une végétalisation adaptées pour lutter contre les îlots de chaleur, pour préserver la ressource en eau et favoriser la biodiversité en ville. La prise en compte des vents, du stockage carbone, du confort d’été, de la désimperméabilisation des sols, chaque fois que c’est techniquement possible, renforcent ce parti-pris. En réponse à la surreprésentation du recours à la voiture en ville et de l’autosolisme, y compris sur de courtes distances, le projet propose des solutions de mobilité durable en insérant le tracé du futur Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), le schéma cyclable et plus d’un hectare d’espaces publics (place, promenade et jardins) dédiés aux piétons.
En outre, il intègre les objectifs de construire la ville sur la ville en densifiant l’habitat pour lutter contre l’étalement urbain et de limiter l’artificialisation des sols (avec une prévision de coefficient de biotope à 0,46 contre 0,33 actuellement) conformément aux dispositions de la loi Climat et Résilience. Un travail affiné de valorisation des déchets à une échelle locale, entre 15 et 30 km, a également été mené dans le cadre des 7000 m2 de déconstructions, menées par l’EPF Auvergne. Par ces choix d’aménagement résilient, cette opération ambitionne de devenir une référence urbaine locale d’une nouvelle façon de penser la ville autour des notions de cadre de vie, d’inclusion et de durabilité.
Il était donc nécessaire d’inscrire les travaux dans cette dynamique. La labellisation 2EC, outre une valorisation du travail réalisé pour créer les conditions d’une économie circulaire et d’une gestion raisonnée des déchets, accompagne la démarche dans les phases de conception comme de réalisation. Ainsi à chaque étape, le Cerema a pu apporter à l’équipe des conseils adaptés pour parvenir à fixer des objectifs atteignables et mesurables tout en rappelant l’importance de ces enjeux aux entreprises qui seront amenées à intervenir pendant les travaux de ce secteur.
Que vous apporte cette labellisation dans la conception et la réalisation du chantier ?
Dans le cadre du volet “Prévention et gestion des déchets”, l’accompagnement du Cerema a dans un premier temps permis d'identifier en phase de conception les opportunités et potentiels de réemploi de matériaux issus de la déconstruction des espaces publics. Cette démarche, au travers du diagnostic PEMD (Produits, Équipements, Matériaux et Déchets), a donné lieu à une connaissance précise des volumes de matériaux actuellement sur site selon une classification reprenant la nomenclature de la Fédération Française du Bâtiment (Déchets Inertes, Déchets Non Dangereux) et d’envisager leur valorisation tout en identifiant les filières de réemploi locales.
Par exemple, le secteur dispose de zones pavées qui pourront être réemployées dans le cadre de l’aménagement urbain. Les balises, panneaux signalétique, candélabres, ou encore certains bancs ont été évalués en fonction des reconditionnements applicables et du niveau de réemployabilité ou le cas échéant les filières de valorisation. Les entreprises ayant candidaté aux différents lots des travaux d’aménagement, se sont engagées à respecter les clauses du label mais également à prendre en compte les conclusions du diagnostic PEMD notamment en mettant en place des procédures de traçabilité jusqu’à la valorisation finale en hiérarchisant les modes de traitement : réemploi, réutilisation, recyclage.
Pendant la réalisation des travaux, le Cerema sera également amené régulièrement à contrôler la bonne mise en œuvre de ces engagements au travers d’audits et du dossier de récolement afin de mesurer la réussite du projet en comparant les objectifs fixés aux données de traçabilité recueillies.
Lire l’actualité complète
Le trambus : construction d'une ligne de transports en commun / Le retour de la collectivité
Françoise Tesse, Directrice des Grandes Infrastructures au sein de la Direction Générale Adjointe Environnement et Mobilité à la Communauté d’agglomération Nîmes Métropole, a répondu pendant le chantier à deux questions du Cerema sur l'intégration de l'économie circulaire et du Label 2EC :
Quels sont les enjeux sur votre chantier en termes de recyclage et économie des matériaux ?
Le projet concerné est la deuxième phase d’un chantier de trambus hybride gaz-électricité, dont la provenance à terme du gaz sera issue d’une usine de méthanisation qui traite les boues des stations d’épurations de Nîmes Métropole, un projet en cours porté par la Direction de l’Eau. Nous voulons que ce chantier soit exemplaire de différents points de vue dont celui de l’environnement et avons mis en place une démarche de recyclage des matériaux en amont pour la deuxième phase, avec des prescriptions dans ce sens dans les appels d’offres.
Lors de la première phase, après avoir réalisé le bilan HQE nous avons vu qu’il n’y avait pas le volet recyclage. Nous avions donc beaucoup insisté sur la gestion de projet et les entreprises étaient partantes pour développer l’économie circulaire.
Ce chantier porte sur de la requalification, donc potentiellement nous pouvons avoir des matériaux à recycler. Des filières sont déjà en place localement, par exemple pour le recyclage du béton, mais il s’agit de nouvelles pratiques, dans un contexte où la réglementation évolue.
Il est donc intéressant de pouvoir partager les expériences, de créer une dynamique, et nous intégrons ces enjeux dans de plus en plus de projets.
Quel a été l'apport du Label 2EC dans votre démarche ?
J’ai vu que ce label était lancé début 2020, qu’il permettait de valoriser ces démarches et de les accompagner, c’était une opportunité pour mettre en œuvre l’économie circulaire sur notre chantier. Le label permet de guider la démarche, il apporte le cadre réglementaire et l’expertise pour savoir ce qu’il est possible de faire. Des matériaux potentiellement réutilisables ont été identifiés, comme les enrobés qui ont été recyclés, et nous avons aussi réutilisé des matériaux recyclés.
Nous avons aussi mis en place des tableaux de suivi des matériaux qui nous servent à faire des analyses et les synthèses sur leur gestion.
Lire l’actualité complète
Un bilan du label 2EC : l'enjeu est d'anticiper la gestion des matériaux
Interview de Julie PACIELLO, Cheffe de projet Economie circulaire au Cerema (julie.paciello@cerema.fr)
Ressources :
Dans le dossier Economie circulaire dans les chantiers du BTP: Le dossier sur le Label 2EC

