11 janvier 2022
Vue de l'hotel de ville de Valenciennes et de la place piétonne devant
Ville de Valenciennes
Le Cerema a mené une étude quantitative sur la politique de la ville et de renouvellement urbain de Valenciennes Métropole, afin d'objectiver les impacts de cette stratégie sur les différents quartiers de la ville. Une méthode innovante fondée sur une centaine d'indicateurs a été définie et mise en oeuvre pour ce besoin.

A la suite d'un appel d'offre, le Cerema s'est vu confier en 2020 par Valenciennes Métropole le volet quantitatif de l'évaluation de sa politique de la ville et du renouvellement urbain.

Communauté d'agglomération particulièrement engagée sur la politique de la ville, Valenciennes Métropole a engagé cette démarche d'évaluation en deux volets : un premier volet d'observation comparée des quartiers à dominante statistique, et un volet plus qualitatif dédié à l'évaluation à proprement parler des politiques menées.

     

    Une méthode innovante reposant sur des indicateurs à l'échelle précise des quartiers

    L'enjeu du premier volet de cette étude, mis en œuvre par le Cerema, était de mener une observation statistique comparée visant à répondre aux questions suivantes, et ce pour l'ensemble des orientations du contrat de ville :

    • Quels quartiers connaissent le plus fort écart à l'agglomération ?
    • Quels quartiers connaissent un phénomène de rattrapage ou au contraire de décrochage par rapport à la situation de l'agglomération ?

    Pour répondre à ces questions, la méthode choisie s'est appuyée sur une batterie d'indicateurs répondant aux défis innovants suivants :

    • couvrir autant que possible l'ensemble des dimensions de la politique de la ville (habitat, démographie, économie, socio-économie, éducation, santé...)
    • permettre un calcul à l'échelle précise des quartiers, périmètres de l'intervention publique
    • permettre l'étude de trajectoires
    • permettre une approche comparative entre territoires, ciblés ou non par les politiques visées
    • permettre une vision synthétique en vue d'aider à la décision.

    Le Cerema s'est appuyé sur l'expertise et l'expérience de ses spécialistes du secteur "Connaissance et mobilisation du foncier" en matière d'observation infra-communale.

     

    Un des aspects innovants du travail proposait d'approcher l'effet propre des politiques ciblées, via l'identification de territoires fragiles non ciblés par la politique de la ville, servant alors de quartiers "témoins". L'écart de situation et/ou de trajectoire entre ces espaces et les quartiers de la politique de la ville et du renouvellement urbain est en effet susceptible de permettre d'apprécier dans quelle mesure les politiques publiques menées permettent de réduire le décrochage de ces quartiers.

    L'analyse a ainsi nécessité de s'intéresser à une grande variété de quartiers : Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV), Quartiers de Veille Active (QVA), quartiers du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), cités prioritaires... et de déterminer des quartiers "témoins" aux caractéristiques socio-économiques similaires qui ne répondaient pas au critère de densité les faisant entrer dans la géographie prioritaire.

     

    Une mission apportant des éléments de connaissance inédits aux acteurs de l'agglomération

    Quartier du centre ville ancien avec maison dégradéesUne centaine d'indicateurs ont ainsi été calculés sur plus de 80 quartiers, en s'appuyant notamment sur des données issues de la base FIDELI, nécessitant un accord du Comité du secret pour leur utilisation par Valenciennes Métropole. Certains apportent des éléments de connaissance généraux sur les quartiers (population, nombre de logements...) mais la plupart ont vocation à éclairer une ou plusieurs orientations du contrat de ville.

    Ces orientations sont les suivantes :

    •  Assurer les effets d'entraînement sociaux et territoriaux du développement économique
    •  Promouvoir la santé et faciliter l'accès aux soins
    •  Accompagner le renouvellement urbain, l'aménagement urbain, l'appropriation des changements par les habitants et favoriser le vivre ensemble
    •  Favoriser la réussite éducative et l'engagement citoyen
    •  Prévenir la délinquance et accompagner les victimes
    •  Lutter contre les nouvelles formes de grandes exclusions.

    L'étude révèle notamment que tous les quartiers aujourd'hui inclus dans la géographie prioritaire présentent des fragilités et un décrochage par rapport au reste de l'agglomération. La situation des Quartiers de Veille Active est en moyenne plus favorable que celle des QPV. En ce sens, le recentrage de la politique de la ville sur les QPV et les quartiers NPNRU paraît cohérent. Toutefois, une minorité de QVA présentent des caractéristiques comparables à celles des QPV.

    L'étude met également en évidence quelques espaces de fragilité qui, bien que souvent moins denses que les QPV et parfois de taille réduite, présentent des caractéristiques comparables à celles des quartiers ciblés par les politiques de la ville et du renouvellement urbain.

    Enfin, l'étude confirme que les cités prioritaires, espaces déterminés en 2014 par Valenciennes Métropole pour des interventions de renouvellement urbain, constituent des espaces particuliers au sein des QPV et QVA, qui présentent parfois un niveau de décrochage plus marqué que dans ces derniers, et affichent souvent des caractéristiques spécifiques en termes de parc de logement.

    En complément de ces enseignements généraux, une fiche de synthèse par quartier a été produite, qui résume la situation et la trajectoire de celui-ci au regard des orientations du contrat de ville. La méthode d'observation permettra d'actualiser les indicateurs dans quelques années, afin de suivre les évolutions des territoires.

    Ce travail d'observation statistique est suivi d'une mission qualitative confiée à un autre partenaire. Celle-ci pourra approfondir les angles morts de l'analyse statistique (thématiques pour lesquels les indicateurs disponibles sont peu nombreux ou peu fiables), avec notamment les orientations du contrat de ville relatives à la santé, à l'éducation et la délinquance/sécurité.

    Elle sera également l'occasion d'investiguer des dimensions complémentaires à la donnée, relevant davantage du ressenti des habitants, de leur appropriation du quartier, de la qualité de vie, de la sociabilité (clubs de sport, accès la culture, à l'information, tissu associatif)... Enfin, ce second volet interrogera les autres dimensions de l'évaluation non traitées ici : efficacité et efficience, notamment en mettant en relation résultats et moyens et en questionnant la gouvernance de la politique de la ville et du renouvellement urbain.