31 janvier 2020
Mobilité servicielle
Ce rapport du Cerema propose un éclairage sur la conception, la mise en œuvre et les effets des services de MaaS -la mobilité servicielle- à la lumière des expériences de trois agglomérations pionnières en Europe : Helsinki (Whim), Vienne (WienMobil) et Hanovre (Mobilitätsshop).

Les utilisateurs des transports des grandes villes européennes sont souvent confrontés à une multiplicité de modes de paiements, de types de billets ou encore à une absence de vision globale des différentes offres de transport leur permettant de se rendre aisément à leur destination. 

En réponse, le MaaS désigne des services numériques permettant de faciliter l’utilisation des transports collectifs (bus, tramway, métro...), partagés (vélos, trottinettes... ) ou à usage privatif (taxis, VTC, voitures de location...).

 

Afin de mieux appréhender l’intérêt de ces services pour les collectivités françaises, mais également  les modalités de leur mise en œuvre, le Cerema a réalisé une analyse comparative de différents services de MaaS déployés dans trois villes européennes : Whim à Helsinki, WienMobil à Vienne et Mobilitätsshop à Hanovre. 

Le plus souvent, le MaaS se concrétise par une application pour smartphone permettant d’accéder à tous les services de mobilité d’un territoire : calcul d’itinéraire multimodal, informations de transport en temps réel, achat, validation et contrôle des titres de transport... Le voyageur dispose d’un compte client unique et d’une facturation unifiée.

 

Une comparaison de trois systèmes MaaS à l'étranger

Aujourd’hui, une quinzaine d’agglomérations européennes disposent d’un système de MaaS. Toutefois, les services proposés sont très variables d’une agglomération à l’autre, que ce soit en termes de services, de gouvernance ou encore de modèles économiques. Pour mieux comprendre ces offres de MaaS, le Cerema a réalisé une analyse comparative de trois systèmes :

  • abri à vélos près d'un arret de tramÀ Helsinki (Finlande), le système Whim a été lancé à l’initiative de l’entreprise MaaS Global. Plusieurs formules d’abonnement sont possibles, permettant d’accéder aux transports en commun, à certains taxis, aux vélos en libre-service, au service d’autopartage et même à certaines voitures de location. Une formule sans engagement permet de ne payer que les services effectivement utilisés.

  • À Vienne (Autriche), l’application WienMobil a été développée par l’opérateur du réseau de transport en commun Wiener Linien, via Upstream Mobility, sa filiale dédiée au MaaS. Elle propose aujourd’hui une information et une recherche d’itinéraire sur tous les modes de transport présents à Vienne (transport collectif, vélo, vélo en libre-service, autopartage, voiture particulière, taxis…) et l’achat des titres de transport en commun.

  • À Hanovre (Allemagne), le système Mobilitätsshop est porté par l'autorité organisatrice des transports GVH et le principal exploitant des transports publics Üstra. Il s’adresse aux utilisateurs occasionnels et permet d’accéder à l’ensemble des transports en commun, à un service d’autopartage et à certains taxis. L’intégration de l’autopartage et des taxis n’est toutefois que partielle : le paiement doit se faire directement auprès de l’opérateur.

 

Quels enseignements ?

Ces trois expériences permettent de tirer un certain nombre d’enseignements :

  • MaaSLes transports publics constituent l’offre de référence de tous les services de MaaS. L’intégration des autres services de mobilité (vélo en libre service, autopartage, taxi...) se fait au cas par cas, selon les politiques de leurs opérateurs et de l’opérateur de MaaS. La cohérence de l’offre globale de mobilité proposée via le MaaS, les conditions techniques d’intégration des différents services, les conditions tarifaires consenties par l’opérateur de transport… sont autant de facteur qui jouent sur l’intégration ou non d’un service de mobilité au sein du MaaS.

  • Il existe plusieurs modes de gouvernance du déploiement et du pilotage des services de MaaS. L’implication de la collectivité est minime à Helsinki (une organisation perçue comme plus favorable à l’innovation et à la prise en compte des besoins des clients, mais au modèle économique incertain), et beaucoup plus forte à Vienne et Hanovre (une organisation permettant une meilleure intégration des objectifs des politiques publiques).

  • Les services de MaaS actuels ne concernent pour l’heure qu’un faible nombre d’utilisateurs, de l’ordre de quelques milliers à quelques dizaines de milliers suivant les cas. Il n’est pas encore possible de se prononcer sur la capacité des MaaS à casser les routines de déplacement et à favoriser le report modal.