Un projet collectif pour la décarbonation
Si les sources d’information se multiplient, leur exploitation reste souvent fragmentée, hétérogène et difficile d’accès. Produire des données ne suffit plus : il faut désormais apprendre à les partager, les documenter et les analyser collectivement.
C’est dans ce contexte qu’a été lancé le projet Mob Sci-Dat Factory, porté par INRIA, IFP Énergies Nouvelles, l’Université Gustave Eiffel, le Cerema et l’IGN. Inscrit dans le programme prioritaire de recherche Mobidec "Digitalisation et Décarbonation des Mobilités", il vise à mobiliser la communauté scientifique pour développer des algorithmes de traitement, d’enrichissement et de complétion des données de mobilité.
Au cœur de l’initiative : la création d’une plateforme collaborative "en nuage" destinée aux chercheurs. Elle permettra de partager des données d’intérêt collectif, pour la connaissance de la mobilité, fabriquées à partir de données individuelles, mais aussi des outils pour les traiter, les analyser et les visualiser.
Dans ce projet, le rôle du Cerema est de faire le lien avec la communauté plus large des acteurs des mobilités en France : collectivités et administrations, opérateurs, prestataires de services et entreprises, afin de favoriser la diffusion et la valorisation des résultats. Pour éclairer ces enjeux, le Cerema a conduit une étude approfondie visant à mieux comprendre l’écosystème des données de mobilité en France.
Une démarche fondée sur l’écoute des acteurs :
Ce travail s’appuie sur une méthodologie croisant analyse documentaire et consultation directe des acteurs, afin de confronter l’état de l’art aux besoins exprimés sur le terrain et disposer d’une vision la plus complète possible.
La première étape a consisté à interroger les utilisateurs des données. Des entretiens ont été menés auprès d’une trentaine d’experts issus de collectivités, d’opérateurs, de services de l’État et de bureaux d’études, complétés par une enquête en ligne. Cette consultation a permis de mieux comprendre les besoins et les difficultés rencontrées au quotidien.
En parallèle, un inventaire des sources de données a été réalisé. L’étude s’est concentrée sur les organisations et les portails qui produisent des données afin de dresser un panorama global des ressources disponibles. Ce travail couvre un périmètre large : trafic routier, transports publics, stationnement, logistique urbaine, mais aussi données socio-économiques et environnementales. Il met en évidence une grande richesse de données, mais aussi des difficultés d’accès, de partage et d’harmonisation.
La démarche a également analysé les usages des données. Elle distingue plusieurs profils d’utilisateurs : décideurs, planificateurs, opérateurs, analystes ou développeurs, qui n’ont pas les mêmes attentes ni les mêmes outils.
Enfin, l’étude s’est appuyée sur une analyse internationale. Une revue documentaire portant sur 26 pays a permis d’observer les stratégies et les plateformes de partage des données de mobilité à l’étranger.
Des enseignements pour structurer l’écosystème des données
Les résultats montrent des besoins partagés : mieux faire connaître les données existantes, faciliter leur accès, développer des standards communs et encourager le partage.
Les collectivités signalent notamment des difficultés pour accéder aux données produites par des tiers et pour transformer les données en analyses utiles. L’amélioration de la circulation des données apparaît ainsi comme un levier important pour renforcer l’efficacité des études de mobilité.

