Depuis une vingtaine d’années, les trames écologiques ont une place centrale dans les politiques publiques prenant en compte l’impact de la fragmentation physique des territoires sur la biodiversité. Ces dernières années, des pollutions d’origines sensorielles telles que la lumière, le bruit et les odeurs apparaissent comme étant des obstacles supplémentaires au bon fonctionnement des réseaux écologiques et à la qualité de vie des populations. L'accroissement exponentiel de la connaissance de ces pollutions nécessite de repenser les approches de l'aménagement en intégrant les impacts sensoriels des aménagements existants ou à créer sur la faune.
Ces enjeux sont intégrés au sein des politiques publiques d’aménagement du territoire sous l’appellation de trame noire et trame blanche. Ces trames, dites sensorielles, représentent une approche innovante pour préserver les continuités écologiques en tenant compte de ces dimensions souvent négligées.
Cette journée technique était l’occasion de présenter l'état des connaissances dans ces domaines, de faire le point sur leur prise en compte dans les politiques publiques et dans l'aménagement du territoire notamment au travers des concepts de trame noire et trame blanche. Cette CTT s’inscrit dans la mission du Cerema d'accompagner les territoires vers des aménagements plus respectueux de la biodiversité.
- Marc Grevet, directeur territorial adjoint du Cerema Hauts-de-France, a introduit la journée.
- La matinée a débuté avec Romain Sordello, expert en trames écologiques et écologie sensorielle à PatriNat, qui a présenté comment les pollutions sensorielles constituent des obstacles aux continuités écologiques.
- Olivier Pichard, responsable d'études Biodiversité et Aménagement au Cerema Hauts-de-France, a ensuite exposé les outils des politiques publiques pour intégrer les pollutions terrestres, sonores et lumineuses.
- Un temps fort de la matinée a été consacré au projet pilote de trame blanche urbaine de Lille (ciblant la pollution sonore), présenté par Olivier Pichard, Maéva Deléarde et Thalia Klotz du Cerema Hauts-de-France, suivi du retour d'expérience de Cédric Devigne de la Ville de Lille sur la prise en compte des trames sensorielles dans leurs politiques d'aménagement.
- La matinée s'est poursuivie avec des approches méthodologiques complémentaires : Geoffrey Pot du Cerema Hauts-de-France a présenté la contribution des cartes de bruit et du Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) à la trame blanche, Leo Papet du bureau d'études BioPhonia a exposé l'apport de l'écoacoustique, et Julian Pichenot du Cerema Est a illustré l'utilisation de la bioacoustique au service des trames blanches.
- L'après-midi a permis d'élargir les perspectives avec Nathan Belval et Thalia Klotz qui ont montré comment intégrer les sciences humaines et sociales à la trame blanche.
- La trame noire a ensuite été abordée à travers deux retours d'expérience : le diagnostic de pollution lumineuse sur la Métropole Européenne de Lille présenté par Sophie Wrobel, Chimène Leroy et Maéva Deléarde, puis la trame noire du PNR Cap et Marais d'Opale exposée par Claire Vandenberghe.
- La journée s'est conclue par une ouverture vers la trame olfactive avec Roland Salesse, ancien directeur de recherche à l'INRAE, qui a présenté les perturbations de la communication olfactive du vivant, et Véronique Delmas, directrice d'ATMO Normandie, qui a exposé les méthodes de caractérisation des odeurs de l'environnement comme un pas vers la préservation de la biodiversité.
Avec presque 200 inscrits, issus des collectivités territoriales, des services de l’État, de bureaux d’études, d’entreprises, d’associations de protection de la nature, ou encore d’universitaires... cette journée a été riche en échanges. Elle aura permis de rappeler le contexte ainsi que les défis majeurs à relever pour intégrer les trames sensorielles dans l’aménagement urbain, qui représentent un levier d'action complémentaire aux trames vertes et bleues pour restaurer la biodiversité en ville.
Introduction
Marc Grevet (Directeur Direction territoriale Hauts-de-France du Cerema)
L'impact des pollutions sensorielles sur la biodiversité
Romain Sordello (PatriNat)
Outils des politiques publiques des pollutions terrestres, sonores et lumineuses
Olivier Pichard (Cerema HdF)
La trame blanche urbaine de Lille
Olivier Pichard, Maéva Deléarde, Thalia Klotz (Cerema HdF)
Prise en compte des trames sensorielles par la Ville de Lille
Cédric Devigne (Ville de Lille)
Contribution des cartes de bruit, du PPBE et des mesures acoustiques à la trame blanche
Geoffrey Pot (Cerema HdF)
L'écoacoustique au service des trames blanches
Léo Papet (BioPhonia)
La bioacoustique au service des trames blanches
Julian Pichenot (Cerema Est)
Intégrer les Sciences humaines et sociales à la trame blanche
Nathan Belval (urbaniste), Thalia Klotz (Cerema HdF)
Diagnostic de la pollution lumineuse sur la Métropole Européenne de Lille, vers une trame noire ?
Sophie Wrobel, Chimène Leroy (MEL), Maéva Deléarde (Cerema HdF)
La trame noire du PNR Cap et Marais d'Opale
Claire Vandenberghe (PNR Cap et Marais d'Opale)
Point de vue d'un élu
Philippe Cannesson remplacé par Claire Vandenberghe (PNR Cap et Marais d'Opale)
Perturbations de la communication olfactive du vivant
Roland Salesse (ancien chercheur à l'INRAe)
Caractériser les odeurs de l'environnement, un pas vers la préservation de la biodiversité
Véronique Delmas (ATMO Normandie)
Conclusion
