16 décembre 2021
Livreur de colis à vélo en ville
Adobestock
La première rencontre du programme national InTerLUD a été l’occasion de présenter une série de démarches menées localement pour une logistique urbaine plus durable. Au fil des échanges, les grands enjeux en matière de logistique et des retours d’expériences ont été partagés entre les acteurs.

logo InTerLUDLe Programme national InTerLUD a un an d’existence et déjà une dynamique est en place pour développer la logistique urbaine durable dans les villes et les territoires. Retour sur les premières rencontres nationales, qui ont réuni les grands acteurs de la logistique en France.

 

L’utilité du programme InTerLUD confirmée pour les acteurs publics et privés

carte avec des camions desssusL’objectif d’InTerLUD, piloté par le Cerema et mené avec l’ADEME, CGI, Logistic Low Carbon et Rozo, est d’accompagner 50 territoires dans la co-construction de leur charte de logistique urbaine durable, à travers une démarche d’engagement volontaire. L’ambition est de réduire l’impact environnemental de la logistique urbaine, qui représente 15 à 20% du trafic en ville.

Le programme est porté par le Cerema et Logistic Low Carbon avec le soutien du ministère en charge de l’environnement, et réunit désormais de nombreux acteurs publics et privés, nationaux et locaux. Il bénéficie également du soutien de financeurs, et la dynamique s’inscrit aujourd’hui dans le paysage de la logistique urbaine.

37 démarches sont actuellement en cours d’élaboration et 20 conventions d’accompagnement triparties (collectivité – Cerema – Rozo) ont été signées. Des rencontres, des webinaires, des interventions lors de salons ont eu lieu depuis un an pour présenter InTerLUD et expliquer pourquoi les collectivités ont tout intérêt à s’en saisir. La démarche a été présentée à environ 150 EPCI et d’autres collectivités dont beaucoup sont intéressées.

 

La carte des collectivités engagées

 

Des groupes de travail ont été mis en place pour réfléchir sur les différents aspects de la logistique. Une centaine de techniciens des intercommunalités déjà impliquées dans le programme ont été formés, et 7 bureaux d'études ont été référencés après avoir suivi une formation sur l’accompagnement dans le cadre d’InTerLUD.

 

Les bureaux d'études "InTerLUD"

 

Anne-Marie Idrac, présidente de France Logistique, Anne-Marie Jean, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg et Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire de Toulouse et président de la fédération des marchés de gros, ont évoqué lors de la table ronde d’ouverture le rapport qu’ils ont remis au 2e comité interministériel de la logistique sur les enjeux de la logistique urbaine durable.

Celui-ci souligne notamment l’importance de veiller à la sobriété énergétique, à la décarbonation de la logistique et à la coopération entre acteurs publics et privés. Les rapporteurs ont salué le travail réalisé dans le cadre du programme InTerLUD, et la mise en place d’un observatoire pour recenser les expériences et connaissances en lien avec la logistique durable.

Cet observatoire est en ligne sur le site d’InTerLUD et sera alimenté par les expériences locales de logistique durable, avec la présentation de chaque démarche et les éléments clés de leur réussite.

 

InTerLUD, un espace de concertation indispensable

Un temps a été consacré aux retours d’expériences des acteurs professionnels, qui tous ont insisté sur l’importance d’une réflexion collective pour déterminer des solutions à court terme et à long terme.

InTerLUD permet en effet des échanges de pratiques et retours d’expérience, et de développer les interactions au niveau local. Plusieurs solutions innovantes en matière de logistique urbaine ont été présentées au cours du séminaire : vélos cargos, optimisation des déplacements de la flotte de camions, accompagnement aux projets de développement de SCOP dédiée au transport à vélo en centre-ville, organisation de tournées en horaires décalées (hors des pics de circulation), conversion au gaz ou à l’électrique de camions de transport de marchandises, gestion des retours de déchets et amélioration du remplissage des véhicules…

 

Parmi ces exemples, Nicolas Godet directeur général de Point P, qui distribue du matériel pour la construction dans 1000 points de vente et sur les chantiers, a présenté la démarche de service de transport par péniche sur la Seine (capacité de 1100 tonnes) qui a déjà permis de supprimer 8000 déplacements en camion en région parisienne en 3 ans de mise en œuvre.

L’entreprise SEV (Service Ecusson, vert) à Montpellier a noué un partenariat avec la ville, pour la livraison décarbonée au dernier km. L’entreprise récupère des marchandises en périphérie et les livre avec des véhicules propres de tous types en centre-ville, depuis son dépôt. L’entreprise expérimente des véhicules comme Easy Flex qui a été conçu pour être ergonomique pour les conducteurs ou le robot TwinswHeel qui porte les marchandises derrière un livreur à pied. L’entreprise a aujourd’hui 62 salariés dont 48 livreurs et livre dans un rayon de 30 km autour de Montpellier.

A Rungis un projet pilote a été mené par UNIGROS (Union des grossistes de Paris-Rungis): quatre producteurs bio se sont regroupés pour assurer en commun les livraisons vers leurs clients actuels et prospecter de nouveau clients dès début 2022. Pour les clients il n’y a qu’une seule livraison au lieu de plusieurs, les producteurs économisent de l’argent et les émissions carbone sont réduites. Un service de livraison d’appoint par des camionnettes électriques a été récemment mis en place, et de nouveaux projets sont en gestation.

 

Dix fédérations professionnelles concernées par l’évolution de la logistique urbaine ont témoigné :

  • L’Association des Industries de Produits de Construction (AIMCC) a évoqué l’importance du domaine de la logistique urbaine pour le secteur de la construction dans le cadre des efforts pour décarboner le transport.
  • La Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) a souligné le besoin de faciliter l’accès des artisans aux centres villes pour travailler.
  • La Confédération générale de l'alimentation en détail (CGAD) a posé la question du stationnement et de la circulation qui représentent des contraintes importantes dans le secteur alimentaire.
  • La Confédération du commerce de gros et international (CGI) livre au quotidien les commerces, des trajets qui représentent 20 % des mouvements de marchandes et sont de plus en plus difficiles en centre-ville.
  • La Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) a souligné l’engagement de la distribution et sa mobilisation dans les efforts pour rendre la logistique urbaine plus durable.
  • Pour la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP) qui doit permettre aux travailleurs et aux matériaux d’arriver sur les chantiers, le programme InTerLUD répond au besoin de réunir les acteurs autour de la table.
  • La Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR), l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE), le Syndicat National des Transport Légers (SNTL) ainsi que l’Union des entreprises de transport et logistique de France (TLF) ont souligné l’intérêt du dialogue entre les acteurs publics et privés ainsi que de la concertation permis par la démarche InTerLUD.

témoignages de collectivités: la logistique au croisement de nombreux enjeux

Des collectivités ont témoigné de l’intérêt pour elles du programme InTerLUD et des enjeux auxquels elles sont confrontées : l’encombrement des villes centres et l’organisation des flux de transport, la réduction de la pollution, le dynamisme des centres-villes, le besoin de collaboration et de concertation entre acteurs autour des questions de logistique, la mise en place des Zones à Faibles Emissions, la création de pôles logistiques proches des villes…

L’accompagnement procuré par InTerLUD en termes méthodologiques et financiers, bénéfique pour les collectivités afin d’organiser la logistique, et la volonté des différents acteurs ont notamment été soulignés.

 

Le timing du programme rencontre le besoin des collectivités pour décarboner le transport de marchandises en ville.

 

Table ronde avec les collectivitésNantes Métropole qui a rejoint la démarche dès le lancement, avait déjà commencé à agir sur la logistique urbaine. Le programme InTerLUD a facilité l’implication des acteurs, des groupes de travail ont été mis en place pour favoriser le dialogue. Des réflexions sont en cours sur de nombreux sujets : la circulation des engins de chantier, le développement de nouveaux modes de transport de marchandises comme le transport fluvial, la mise en place d’un dialogue sur l’évolution des flottes de véhicules…

La Métropole du Grand Paris a adhéré au programme pour élargir la relation avec les différents acteurs de la logistique sur le territoire. Une étude est en cours dans le cadre du programme sur la disponibilité du foncier logistique.

A Toulouse, un plan d’actions est en cours d’élaboration pour une mise en œuvre courant 2022 dans le cadre du programme InTerLUD, et une dynamique se met progressivement en place dans le centre-ville pour développer des alternatives en matière de transport de marchandises.

Pour les EPCI qui ont témoigné, les principaux bénéfices d’InTerLUD sont

  • La mise en place d’un projet commun avec les habitants et les acteurs économiques ainsi que l’apport d’un regard extérieur et d’une expertise (Grand Besançon Métropole).
  • Donner des pistes nouvelles et s’adapter au territoires, ainsi que permettre aux acteurs de se parler (Grand Angoulême, Limoges Métropole, Territoires Vendomois).
  • Permettre à la collectivité de s’approprier un diagnostic, d’être accompagnée tout au long de la démarche, notamment en termes de financements et de méthodologie (Cannes, Communauté urbaine d’Arras, Eurométropole de Metz)
  • Améliorer l’efficacité de la logistique, fluidifier la circulation (Le Raincy)
  • Créer un environnement favorable pour la logistique durable en ville (Nantes Métropole)
  • Favoriser l’adhésion à la démarche par la consultation des acteurs et fournir un cadre métrologique pour la mise en œuvre (Sète Agglo pole).
  • Permettre de concilier des enjeux comme la rapidité de la logistique, le besoin de logistique durable, en intégrant les enjeux environnementaux et économiques (Val D’Yerres Val de Seine).

Le replay des rencontres:

Ouverture de Yann Tréméac, chef adjoint du service Transport & Mobilités de l’Ademe.

Partie 1: 

Table ronde 1 :  Conclusions & perspectives du rapport au gouvernement sur la logistique urbaine durable de 4’40 à 20’46
Avec Anne Marie Idrac, présidente de France Logistique, Anne-Marie Jean, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg & Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire de Toulouse & président de la fédération des marchés de gros.
Enjeux de la logistique urbaine à 22’07


Table ronde 2 : Objectifs, acquis et actions futures du programme InTerLUD de 24’34 à 50'
Avec Hélène de Solère, cheffe de projet logistique urbaine et interurbaine du Cerema, Jean-André Lasserre, directeur du programme Logistic Low Carbon & Yann Tréméac.
Vidéo Témoignage de fédérations parties prenantes de la logistique urbaine à 50’27


Table ronde 3 : les décideurs économiques : des acteurs résolus de la logistique urbaine durable de 55’25 à la fin 
Par Caroline Augé, secrétaire générale OTRE Pays de l’Adour & du Béarn, Andréa Lemasson, secrétaire générale CAPEB Loire Atlantique, Jean-Pierre Guglielmi, directeur général de Terideal & membre de la FNTP IDF, Serge Couësmes, président de l’UCB & Philippe Da Soler, directeur des Transports Da Soler & président FNTR Moselle.
 

Partie 2: 

Suite de la Table ronde 3 : les décideurs économiques : des acteurs résolus de la logistique urbaine durable de 00’ à 00’10 :17
Vidéo Visages et verbatims de représentants des EPCI engagés dans InTerLUD de 00’10 :39 à 00’17 :12

Table ronde 4 : Les EPCI Les Etablissements publics de coopération intercommunale prêts pour la co-création d’une logistique urbaine durable de 00’17 :18 à 1’00 :53

Par Marie Zéhaf, vice-présidente déléguée aux transports, mobilités & stationnement Grand Besançon Métropole, Béatrice Agamennone, vice-présidente en charge de la logistique urbaine Metz Métropole, Thibaut Guiné, délégué à la logistique urbaine Nantes Métropole, Michel Genestier, conseiller délégué à la logistique métropolitaine Métropole du Grand Paris et Nicolas Patriarche, président du syndicat mixte des mobilités Pau Béarn Pyrénées.

  • Vidéo Bonnes pratiques partie 1 de 1’01 :28 à 1’08 :41 avec le Groupe Sterne, Toutenvélo & LIDL.
  • Vidéo Bonnes pratiques partie 2 de 1’11 :04 à 1’18 :33 avec Point P, Service Ecusson Vert & Unigros & Région Ile de France.

Table ronde conclusive des représentants acteurs économiques et collectivités urbaines de 1’18 :52 à 1’42 :20
Avec Alexis Degouy, secrétaire général de TLF, Philippe Barbier, Président de la CGI, Etienne Chaufour, directeur de France Urbaine en charge des mobilité et Xavier Yves Valère, Chargé de mission politiques de fret et de logistique au cabinet du directeur général.


Conclusion de 1’43 :07 à 1’49 :10
Par Marc Papinutti, directeur général de la DGTIM.
 

Dans le dossier Le projet InTerLUD : Innovations Territoriales et Logistique Urbaine Durable