Cet article fait partie du dossier : Covoiturage : le dossier du Cerema
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Le Cerema a accompagné la Direction Interdépartementale des Routes Centre-Est (DIR Centre-Est) dans la réalisation d’une évaluation a posteriori à court terme, un an après la mise en service du dispositif. Pour réaliser cette évaluation, le Cerema a bâti un protocole multicritère en se basant sur les fiches d’évaluation conçus à l’occasion de la Convention Citoyenne pour le Climat. Cette évaluation compare la situation après 1 an de mise en service à l’état de référence observé avant la création de la voie réservée.
Le Cerema a réalisé l’évaluation, déclinée sous plusieurs thèmes :
- Sécurité des déplacements : accidentalité, événements de circulation, vitesses par voie, niveau de trafic ;
- Conditions de circulation : débits de véhicules, vitesses effectives, temps de parcours des usagers, congestion sur l’axe et sur les axes concurrents ;
- Efficacité du dispositif : respect de la signalisation, taux de remplissage des véhicules ;
Une sécurité routière globalement inchangée
L’analyse de l’accidentalité sur les six premiers mois suivant la mise en service de la voie réservée ne met pas en évidence de dégradation de la sécurité routière sur la section. Le nombre d’accidents corporels recensés sur la section étudiée reste comparable à celui observé avant l’aménagement, et aucun accident n’a pu être directement relié à l’utilisation de la voie réservée.
Des effets modérés sur les conditions de circulations
L’analyse des vitesses et des débits a montré une légère amélioration des conditions de circulations, notamment au cœur de l’heure de pointe. Toutefois, cette amélioration reste modérée et s’inscrit dans un contexte plus global d’amélioration des conditions de circulation sur l’ensemble des voies, indépendamment du dispositif de la voie réservée. Dans ces conditions, la voie réservée reste la voie la plus avantageuse pour l’usager en termes de vitesse et de temps de parcours participant à son attractivité.
Les analyses de congestion, réalisées à partir de données de véhicules connectés (FCD), indiquent que l’étendue et la récurrence de la congestion matinale a globalement diminué vis à vis de la situation antérieure sans engendrer de dégradations sur les axes concurrents que sont la RD 312 et la RD 315.
Un impact encore limité sur le covoiturage et un taux de fraude élevé
L’un des objectifs majeurs de la voie réservée est d’encourager le covoiturage.
50% des véhicules en situation de covoiturage sur la section emprunte la voie réservée. En amont de la section avec voie réservée, c’est seulement 18% des usagers en covoiturage qui roulent sur la voie de gauche. La voie réservée attire donc la moitié des covoitureurs.
Cependant l’évaluation à 1 an montre que le taux de remplissage global des véhicules sur l’axe reste stable par rapport à la situation initiale. Il n’y a donc pas un essor de la pratique globale du covoiturage. La fraude est également très importante. Les mesures réalisées au droit du radar de contrôle du nombre d’occupants, situé à mi-chemin de la section de la voie réservée, révèlent un taux de fraude proche de 48 %, avec des comportements d’évitement du dispositif de contrôle observés en amont..
Des enseignements utiles pour la suite de l’expérimentation
Cette évaluation à court terme apporte un premier éclairage sur les effets de la voie réservée au covoiturage sur l’A7. Elle montre que le dispositif a eu un impact limité sur l’essor de la pratique du covoiturage bien qu’il favorise, en vitesse de circulation et en temps de parcours, les usagers qui l’empruntent.
L'évaluation après un an de fonctionnement n'a révélé aucun élément négatif en termes de trafic ou de sécurité routière susceptible de remettre en question le maintien du dispositif. L’évaluation à 2 ans permettra d’apprécier l’évolution des usages, l’efficacité du contrôle et l’impact du dispositif sur les comportements de mobilité, afin d’alimenter les réflexions sur le déploiement et l’optimisation des voies réservées sur le réseau routier national.
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