17 décembre 2025
Circulation de nuit à Lyon éclairage nocturne
Cerema
Le 30 septembre 2025, le Cerema a organisé une demi-journée d’échange en visioconférence autour des évaluations en sécurité routière relatives aux aménagements temporaires et à la perception de nuit.

En sécurité routière, l’analyse des accidents nécessite une période de 3 à 5 ans pour déterminer l'efficacité d'une modification de l’infrastructure. Or, ces délais d’analyse ne répondent pas aux exigences des gestionnaires ou des usagers de la route. En effet, les gestionnaires souhaitent évaluer rapidement l’efficacité d’un aménagement, de l’amélioration des équipements ou de la modification de l’environnement sans attendre la survenue d’accidents. D’autre part, afin d’assurer un haut niveau de sécurité, les gestionnaires de voiries mettent en œuvre des aménagements parfois innovants : carrefours "chicane", giratoires à terre-plein central franchissable, giratoires dit "cacahuète", panneaux d'avertissement dynamiques, etc. Les gestionnaires souhaitent évaluer rapidement ces innovations.

Dans le champ particulier de la sécurité routière, le Cerema Normandie-Centre dispose d’un pôle de compétence reconnue au plan national pour son expertise pluridisciplinaire unique et sa capacité à mettre en œuvre des méthodologies et des outils d’analyse dont il est le seul à disposer. Ces capacités font du Cerema le seul prestataire d’ingénierie en situation de fédérer l'ensemble des réseaux de l'Etat et des collectivités locales pour contribuer à l'amélioration des aménagements routiers dans une démarche de développement et d’innovation. 

Ainsi, au sein du Cerema Normandie-Centre, le Département Mobilité, Sécurité et Ouvrages d’Art dispose d’équipes d’étude robustes qui interviennent en sécurité routière autour de plusieurs axes : 

  1. L’accidentologie : études thématiques d'accidents (mécanismes, facteurs, infrastructure…) et bases de données étendues d’accidents (création, enrichissement, exploitation)
  2. L’incidentologie : continuum d’activités depuis le développement d’outils de recueil jusqu’à la définition d’indicateurs
  3. L’analyse et la compréhension des interactions Véhicule / Infrastructure / Conducteur :
  4. La valorisation et la diffusion des connaissances : évolution de la doctrine, capitalisation et diffusion des bonnes pratiques, formation et animation des réseaux, y compris à l'international 

Ces différents outils et méthodes ont été mis en œuvre dans le cadre d’études opérationnelles

Le séminaire organisé le 30 septembre 2025 a permis de présenter et d’échanger sur les résultats de plusieurs évaluations relatives aux aménagements temporaires et à la perception de nuit. L’assemblée était composée d’environ 60 participants provenant de collectivités territoriales et de services de l’Etat. Les présentations ont été assurées en binôme entre le Cerema et les collectivités qui ont mis en œuvre les aménagements et souhaité les évaluer.

 

La présentation :

Les discussions ont été nombreuses et riches d’enseignements et de retours d’expérience. Vous trouverez ci-dessous les différents supports de présentation.

 

Évaluation du fonctionnement de l’aménagement d’une écluse provisoire sur la RD958

Département de l’Orne (61)

Jordan HURET – Communauté de Communes des Sources de l'Orne (CCSO), Ludovic CHASTENET DE CASTAING et Olivier MOISAN – Cerema Normandie-Centre.

Départementale 958 à Mortrée - Wikipédia

La ville de Mortrée est traversée par la route départementale RD958, axe routier très fréquenté et amenant un fort trafic dans le centre-ville. Dans l’optique de requalifier la traversée du Bourg de Mortrée, la communauté de commune des sources de l’Orne (CCSO) a fait appel au Cerema pour évaluer la mise en place d’un dispositif d’écluse provisoire avant d’envisager une mise en œuvre définitive.

L’étude a consisté en : 

  • Un recueil et analyse de données trafics et vitesse pour évaluer l’impact de la mise en place de l’écluse provisoire sur les vitesses pratiquées.
  • L’observation du comportement des usagers avant et après mise en place de l’écluse provisoire. L’analyse de ces observations a permis de recueillir des données telles que les origines/destinations, le respect de la priorité à l’approche de l’écluse, le type d’usager ne respectant pas la priorité (si l’usager est dans une file de véhicule ou isolé, s’il s’agit principalement de véhicules légers, …)

A la suite de l’évaluation, l’écluse a été intégrée dans le projet final de requalification de la traversée du bourg de Mortrée par la RD958. Les travaux sont prévus pour le premier semestre 2026.

La présentation :

Évaluation d’aménagements temporaires associés avec limitation de vitesse à 50km/h sur la RD34 à Gainneville

Département de la Seine-Maritime (76)

Mathieu ISAAC – Département de la Seine-Maritime, Ludovic CHASTENET DE CASTAING et Olivier MOISAN – Cerema Normandie-Centre

Ecluse temporaire sur la RD 34

La RD34 est une route limitée à 80 km/h qui traverse notamment un hameau "La Vallée". En raison du sentiment d’insécurité des riverains du hameau, les élus de la commune de Gainneville ont souhaité abaisser la vitesse maximale autorisée à 50 km/h et mettre en place des aménagements de réduction de vitesse type écluse. La mise en place d’écluse n’est cependant autorisée qu’en agglomération. 

Le conseil départemental, avant de requalifier le hameau, a alors sollicité le Cerema pour évaluer l’impact d’écluses provisoires associées à une limitation de vitesse de 50 km/h sur : 

  • Les vitesses pratiquées
  • Le comportement des usagers et notamment le respect de la priorité et le positionnement des usagers traversant les écluses

Dans le cadre d’une pérennisation des écluses, les évaluations réalisées ont montré qu’elles devraient être associées à d’autres aménagements notamment pour éviter une reprise des vitesses entre les deux écluses et pour classer cette traversée en agglomération.

Les différentes évaluations menées sur ces aménagements temporaires ont permis de capitaliser et de diffuser les résultats et de faire évoluer la doctrine routière.

La présentation :

Évaluation de l’impact sur les comportements du projet d’aménagement expérimental sur la RN20 dans la traversée de Boissy-sous-Saint-Yon 

Département de l’Essonne (91)

Anne-Lise DESMEDT – Département de l’Essonne (91), Ludovic CHASTENET DE CASTAING et Olivier MOISAN – Cerema Normandie-Centre

RN 20 / Département de l'Essonne

La route nationale RN20 est un axe majeur ayant un trafic de l’ordre de 50 000 véh/j et avec une forte proportion de PL. Cette route traverse la commune de Boissy-sous-Saint-Yon et amène un sentiment d’insécurité parmi les riverains.

Dans l’objectif d’apaiser la circulation sur la RN20 durant la traversée de la commune et de rendre aux riverains l’usage de la contre-allée, le conseil départemental de l’Essonne a mis en place divers aménagements dont une ligne double continue jaune provisoire pour délimiter la contre-allée. Le Cerema a été sollicité pour : 

  • Évaluer le comportement des usagers avant et après la mise en place de ces aménagements
  • Évaluer l’impact de ces aménagements sur les vitesses pratiquées

Suite aux évaluations réalisées, des travaux complémentaires ont été réalisés en plusieurs phases.

2024 : 

  • isolement complet de la contre-allée (mise en place de balises dans toute la traversée d’agglomération)
  • Implantation de ralentisseurs avant les intersections

2025 : 

  • isolement définitif de la contre-allée : implantation d’un muret véhicules légers en béton, marquage définitif en peinture blanche.

Analyse de la rue Cochet de jour et de nuit en lien avec l’éclairage 

Le Havre, Le Havre Seine Métropole

Frédéric BAILLERGEAU – Le Havre Seine Métropole, Olivier MOISAN et Ludovic CHASTENET DE CASTAING – Cerema Normandie-Centre

Vue de nuit de la rue Cochet

La rue Cochet est une route de la commune du Havre présentant un tracé en plan sinueux et une pente de profil en long important. Le Havre Seine Métropole a constaté des vitesses pratiquées au-dessus de la vitesse maximale autorisée de 50 km/h et a reçu de nombreux retours de riverains concernant les sentiments d’insécurité routière sur cette route. Le Havre Seine Métropole a alors sollicité le Cerema pour : 

  • Réaliser un examen de l’infrastructure
  • Évaluer la perception de l’infrastructure par les usagers. Pour cela le Cerema dispose d’un outil de suivi du regard (oculomètre) permettant de recueillir des données et de vérifier vers où se porte l’attention du regard
  • Mesurer l’éclairement : Des mesures ponctuelles ont été réalisées sur la rue Cochet pour vérifier le niveau d’éclairement par rapport au seuil fixé par le gestionnaire
  • Mesurer et analyser des profils de vitesse de conducteurs par suivi de véhicule en conduite "naturelle"
  • Analyser le trafic et la vitesse pratiquée le long de cet axe (partie non présentée durant cette conférence)
  • Observer le comportement des usagers aux abords de différentes intersections de route avec la rue Cochet (partie non présentée durant cette conférence) 

Cette évaluation a permis d’engager avec les élus et techniciens de la Ville du Havre des discussions sur les actions correctives à court terme (élagage, suppression de masque à la visibilité, ...) mais aussi d’élaborer un planning d’études et d’envisager des actions à plus long terme (réflexion sur une modification du sens de circulation).

La présentation :

Appel à projet Trame noire – Gestion de la pollution lumineuse : trame noire, sécurité routière et éclairage public

Départements du Loiret et de la Seine-Maritime 

Bassirou DIOP – Département de la Seine-Maritime, Peggy SUBIRATS et Olivier MOISAN – Cerema Normandie-Centre

À travers la politique Trame Verte et Bleue, les actions de préservation et de remise en bon état des continuités écologiques se sont fortement déployées ces dernières années en France.

Le concept de Trame Noire intègre quant à lui l’importance de la prise en compte de la biodiversité en conditions nocturnes. Elle peut être définie comme un ensemble connecté de réservoirs et corridors écologiques pour différents milieux, pour lesquels l’objectif sera de garantir un niveau d’obscurité suffisant pour maintenir la biodiversité.

De plus en plus de communes procèdent à l'extinction de tout ou partie de l'éclairage public la nuit, ou encore à l'abaissement de puissance, dans l'objectif de réduire la consommation énergétique ou de contribuer à la mise en place d’une trame noire. Les effets bénéfiques attendus sont dans ce cas la réduction de la pollution lumineuse et la protection de la biodiversité.

A l’inverse, les gestionnaires de voiries se questionnent sur l'impact de l’extinction de l’éclairage public en termes de sécurité des déplacements. La visibilité et la lisibilité constituent en effet des critères importants en matière de sécurité routière.

L'extinction de l'éclairage public peut en effet impacter le comportement des différents usagers de la route (automobilistes, piétons, cyclistes, etc.) et leurs interactions, mais également leur relation avec l'infrastructure routière. Pour cela le Cerema a accompagné deux collectivités dans cette démarche, le Département de la Seine-Maritime et le Département du Loiret. L’étude s’est appuyée sur la méthodologie suivante :

  • Visites de jour, de nuit (éclairage public allumé puis éclairage public éteint)
  • Mesures de vitesse et observations vidéo
  • Évaluation de la perception de l’infrastructure par les usagers à l’aide d’un outil de suivi du regard (oculomètre) permettant de recueillir des données et de vérifier vers où se porte l’attention du regard
  • Cartographie de radiance, trames vertes/bleues, trame noire
  • Analyse subjective et objective au travers la mise en œuvre d’un questionnaire

A la suite des différentes évaluations réalisées, certaines collectivités ont déjà engagé des travaux sur l’infrastructure en lien avec les propositions de pistes d’action ou contremesures proposées conjointement avec le Cerema et les services des départements concernés.

La présentation :