8 octobre 2026
Rue inondée par ruissellement à Paillet en Gironde
O. Gradel - Cerema
Le programme national Accept’Eau développé par le Cerema en partenariat avec le cabinet d’architecte Eric Daniel-Lacombe a pour objectif de renforcer la résilience des bâtiments afin de garantir la sécurité des occupants et la pérennité des infrastructures face au risque d’inondation à cinétique lente. Il propose une approche globale d’accompagnement des maîtres d’ouvrage publics et privés, combinant méthodologies adaptées, expérimentations terrain et sensibilisation des acteurs locaux.
A travers un projet pilote mené sur la Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer, Accept’Eau propose une démarche en amont, pendant et après l’événement, afin de réduire la vulnérabilité et d’améliorer la résilience des bâtiments exposés.

Le changement climatique amplifie les phénomènes naturels et accroît la vulnérabilité des territoires : plus de 17 millions d’habitants vivent dans des territoires concernés par le risque de débordement de cours d’eau et 1,4 million par le risque de submersion marine. Le projet partenarial Accept’eau, piloté par le Cerema, prend en compte le risque inondation et les autres risques naturels, pour proposer une approche globale d’accompagnement des gestionnaires et propriétaires de bâtiments publics et privés.

La démarche combine méthodologies adaptées, expérimentations de terrain et sensibilisation des acteurs locaux, afin de favoriser la résilience des bâtiments et l’habitabilité des territoires. Dans un contexte de nécessaire adaptation au changement climatique, Accept’Eau vise à construire des outils opérationnels pour réduire le risque, qui concerne de nombreux bâtiments en France, et favoriser un retour rapide à la normale suite à un évènement climatique.

 

Agir avant, pendant et après la crise pour réduire la vulnérabilité des bâtiments

Maisons impactées par les inondations avant la destruction / Communauté d'Agglomération du Pays de Saint-Omer.

Le projet s’articule autour de trois axes clés : "Éviter, résister, s’adapter". Une première expérimentation a été menée avec la Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer (CAPSO), qui a connu plusieurs épisodes d’inondations ayant eu de forts impacts sur le territoire aussi bien en zone urbaine que rurale, avec des zones restées inondées durant plusieurs semaines, des milliers de bâtiments touchés et 500 000 personnes impactées en 2023-2024, pour un coût s’élevant à 800 millions d’euros de dégâts.

Le projet Accept’Eau vise à construire une démarche d’accompagnement depuis la phase amont jusqu’à la phase post-événement, afin :

  • d’outiller ces acteurs pour prévenir les impacts des inondations et d’autres risques naturels, 
  • de résister en réduisant la vulnérabilité,
  • et sur le long terme améliorer la résilience des bâtiments (le retour rapide à leur fonctionnalité normale) en agissant sur le bâti et sur les usages. 

Cette "résilience bâtimentaire" recouvre la capacité à anticiper, à gérer la crise et à fonctionner même en mode dégradé si l’eau est rentrée dans le bâtiment, et enfin à se relever pour retrouver un fonctionnement satisfaisant tout en en tirant des enseignements pour mieux anticiper la prochaine et réduire davantage son impact.

 

3 piliers de la démarche Accept'Eau / cerema

 

Le projet vise aussi à mettre en cohérence l’action face aux inondations à cinétique lente et face aux autres risques naturels tels que les canicules ou le retrait et gonflement des sols argileux. L’approche est en effet la même : d’abord réduire la vulnérabilité, et ensuite réfléchir à des solutions plus structurelles pour améliorer la résilience.

 

Vers un outil d’aide à la décision pour guider l’action

L’enjeu est aussi de sensibiliser les élus de la collectivité et les occupants des bâtiments : Il s’agit de partager une culture du risque c’est-à-dire la connaissance des risques, des gestes à avoir pendant l’événement, et des leviers pour réduire la vulnérabilité par des actions sur le long terme. 

Cette culture du risque est un fil rouge de la démarche, depuis le diagnostic jusqu’à la mise en œuvre des actions. 

Le diagnostic consiste à identifier les aléas en présence et l’exposition du territoire en croisant différentes sources de données notamment celles sur les événements passés ainsi que des visites de site, à caractériser la vulnérabilité du bâti, sa structure, son occupation, les aménagements structurants, à définir les niveaux d’alerte et à connaître la situation en termes de culture du risque sur le territoire (est-ce que les différents acteurs sont préparés ?).

 

Une méthode simplifiée pour le diagnostic de vulnérabilité des bâtiments est proposée, inspirée de la méthode ABCD (Adaptation des Bâtiments au Climat de Demain) du Cerema. Elle intègre :

 

 

  • Le site (bâtiment dans son environnement, réseaux)
  • Le bâtiment en tant qu’objet technique (caractéristiques du bâti)
  • Les usages du bâtiment (activité accueillies, éléments mobiliers et équipements, etc.)

 

 

Accept’eau permettra de construire un outil d’aide à la décision sur les actions à mettre en œuvre, en définissant des scénarios. Chaque bâtiment est caractérisé en termes de vulnérabilité, et l’outil permettra d’identifier les actions pertinentes pour la réduire en déclinant un plan d’action s’appuyant sur les trois axes stratégiques "Eviter, résister, s’adapter". 

Un degré de réduction de vulnérabilité est associé à chaque action (avec une évaluation du coût), ce qui permet de définir les actions les plus pertinentes et économiquement viables face à différents niveaux d’aléas. Ces actions sont diverses, comme déplacer les équipements sensibles pour les mettre hors d’eau, prévoir un pompage de secours, séparer les circuits électriques du rez-de-chaussée et des étages supérieurs, prévoir des cheminements d’évacuation hors d’eau...

Rejoignez le Club dédié aux Plans Intercommunaux de Sauvegarde (Club PICS)

Les EPCI doivent préparer un Plan Intercommunal de Sauvegarde pour répondre aux situations de crise. Le Cerema a créé le Club PICS en 2021, pour offrir un espace d'échanges entre les collectivités, leurs partenaires et le Cerema.

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