9 avril 2021
Une cour d’école en Belgique
© Groenman (lycée Français à Anvers)
Le Parc naturel régional du Luberon anime une démarche de réaménagement des cours d’écoles auprès d’une quinzaine de communes souhaitant offrir aux enfants plus de nature et de bien-être tout en préservant l’environnement. Le Cerema a accompagné le Parc dans l’organisation d’un atelier de travail le 3 février 2021. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Contrat de Relance et de Transition Ecologique (CRTE) porté par le parc naturel.

Le Parc naturel régional du Luberon et ses communes se saisissent de l’appel à projets "coins de verdure pour la pluie" intégré dans l’appel à projets plus large "Rebond eau biodiversité climat" de l’Agence de l’eau pour repenser près d’une vingtaine de cours d’écoles.

Le Cerema a accompagné le Parc dans l’animation d’un atelier de travail le 3 février 2021 avec les communes intéressées afin de partager les grands objectifs de réaménagement des cours, et d’apporter un retour d’expérience issu de projets engagés en France ou à l’étranger.

 

Un atelier pour Partager les expériences concrètes

L’atelier a rassemblé une cinquantaine de participants en visio-conférence (élus, techniciens des communes, délégués des parents d’élèves, directrice d’école, etc.) impliqués directement dans les projets de réaménagement de cours.

L’agence de l’eau est intervenue pour apporter des réponses concernant l’appel à projets "Rebond eau biodiversité climat".

Les enjeux sont nombreux en terme de bien-être, de santé et de développement des enfants, de préservation de la ressource en eau et de la biodiversité, de gestion des eaux pluviales, d’adaptation au changement climatique, de sensibilisation à l’environnement, etc.

Les objectifs qui ressortent majoritairement des projets de cours réaménagées convergent vers une renaturation de l’espace en réponse aux enjeux :

CAUE 75
  • Placer le bien-être et la santé des enfants au cœur du projet : concevoir des espaces accueillants qui permettent l’épanouissement personnel, le développement moteur, psychologique et social.
  • Repenser les usages pour répondre aux besoins des enfants : se dépenser, courir, jouer, découvrir, appréhender le risque, se détendre, se cacher, faire des trous, ramasser des cailloux, coopérer, se sentir en sécurité, être dans la nature, le plus souvent dehors (temps pédagogique, déjeuner, gouter, périscolaire, etc.) ; favoriser l’autonomie, la créativité.
  • Apaiser le climat scolaire.
  • S’adapter au changement climatique et préserver l’environnement : ilots de fraicheur, gestion de l’eau à la source, gestion des ressources par la sobriété des aménagements, favoriser la biodiversité à travers la nature en ville, etc.
  • Faire la classe dehors, reconnecter l’enfant à la nature.
  • Sensibiliser enfants et adultes au respect de l’environnement et des autres par une relation quotidienne avec des espaces naturels et partagés.
  • Faire participer tous les acteurs : enfants, parents, équipe éducative, gestionnaires, etc. autour d’un projet commun.
  • Et de plus en plus ouvrir l’école sur le quartier…

Et les retours d’expérience en France et à l’étranger de cours plus "naturelles" et "résilientes" et de "classes dans la nature » révèlent de nombreux points forts dépassant les objectifs initiaux :

  • climat scolaire apaisé
  • meilleure concentration en classe
  • plaisir d’apprendre
  • des enfants très occupés dans la cour
  • développement moteur et de compétences
  • meilleure appréhension du risque et développement de la confiance en soi

 

Chaque projet est unique

Toutefois, chaque réaménagement de cour nécessite un engagement commun de la part de tous les acteurs (communauté éducative, enfants, parents, gestionnaires, bureaux d’études…) pour repenser les usages, lever les inquiétudes, partager ses envies, accompagner les changements et ainsi, créer un projet répondant aux besoins de tous. La concertation s’avère alors primordiale pour intégrer les attentes de chacun.

De plus, chaque projet s’inscrit dans un environnement qui lui est propre et sur lequel il doit s’ancrer : superficie, exposition, particularité des sols et sous-sols, régime des pluies, zone géographique, etc. Les diagnostics s’avèrent alors nécessaires pour intégrer les différents paramètres et apporter des solutions adaptées.

L’équipe de maîtrise d’œuvre du projet doit associer une diversité de compétences pour concevoir un projet qui réponde aux attentes et aux paramètres du site : gestion alternative des eaux pluviales, paysage, écologie, VRD, architecture, etc.

Enfin, l’appropriation de la nouvelle cour nécessite un accompagnement de tous les acteurs concernés pour favoriser une bonne intégration des nouveaux usages et de gestion.

 

 

Le mot du Parc :

Les événements climatiques répétés de ces dernières années sur notre territoire (fortes canicules, épisodes de sécheresses, pluies intenses…) nous ont amenés - Parc, collectivités locales, structures associatives partenaires - à nous questionner sur les choix en matière d’aménagement de nos villes et villages et sur notre attractivité résidentielle et touristique : qualité du cadre de vie, santé, disponibilité de la ressource en eau…

Dans cette perspective, le Parc naturel régional du Luberon a relayé l’appel à projets de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse "Un coin de verdure pour la pluie", visant la désimperméabilisation des sols et la végétalisation des cours d’écoles.

Planter un arbre dans le Luberon – Hervé Vincent
Planter un arbre dans le Luberon – Hervé Vincent

Il est clair que cet appel à projets est venu en réponse à une véritable préoccupation et volonté d’agir existante des élus de notre territoire, puisqu’une quinzaine de communes ont d’emblée manifesté leur intérêt sur cette action. Pour ces communes, le projet constitue l’opportunité d’expérimenter à petite échelle ce qui pourrait être reproduit ailleurs dans l’espace public (parkings, places, abords de routes…).

Par ailleurs, son caractère innovant en matière d’adaptation au changement climatique, de gestion exemplaire de l’eau et de prise en compte des usages pédagogiques et sociologiques des espaces, en fait un projet durable, exemplaire et pédagogique. Cela lui a valu d’être inscrit au Contrat de Transition Écologique.

Face à un tel engouement et souhaitant encourager cette dynamique au niveau local, le Parc du Luberon a sollicité l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse pour un appui financier à l’accompagnement technique et administratif des communes désireuses de mettre en œuvre le réaménagement de leur cour d’école.

Il a également sollicité les ingénieurs du Cerema pour leurs recherches sur cette thématique et les retours d’expériences qu’ils ont pu compiler, notamment au travers des projets de réaménagement dans les grandes villes de France, pionnières en la matière.

L’atelier proposé en février 2021 a marqué un véritable coup de lancement et a constitué un moment de partage entre élus, techniciens, représentants de l’Education Nationale, extrêmement fédérateur.

Souhaitons que cette dynamique perdure et qu’elle engendre de belles réalisations à l’avenir !