11 septembre 2019
Dégâts sur un pont suite à une crue soudaine dans le sud
Le projet de recherche PICS, financé par l’Agence Nationale de la Recherche, permettra d'expérimenter et d'évaluer de nouveaux outils pour anticiper les crues soudaines sur les bassins versants. Il vise à mettre en place des chaînes de prévision, pour anticiper au plus tôt ces crues et leurs impacts.

Mieux prévoir pour limiter les impacts des crues soudaines

Il est essentiel de pouvoir prévoir les crues soudaines pour en atténuer les impacts, qui entraînent des coûts importants. Les premiers systèmes opérationnels de prévision de ces crues soudaines ont été déployés récemment en France, mais doivent être perfectionnés. C’est dans ce contexte que le projet partenarial PICS [1] vise à évaluer et à construire une chaîne de prévision impliquant équipes scientifiques et opérationnelles.

boites à lettre endommagées suite à une crue soudaine
Crédit : Cerema

Cette chaîne de prévision, basée sur des simulations hydrologiques et hydrauliques, doit permettre d’anticiper l’intensité et la localisation des pluies, la localisation, l’ampleur et le moment des crues, et de prévoir entre 3 et 6 heures à l’avance les impacts possibles sur le territoire. Il faut pour cela prendre en compte les débits de nombreux petits cours d’eau dans le contexte de crues éclair.

C’est par la collaboration entre les acteurs scientifiques (météorologues, hydrologues, hydrauliciens, économistes, sociologues) et opérationnels (sécurité civile, autorités locales, assureurs, fournisseurs d’électricité, opérateurs de réseaux de transports…) qu’une chaîne de prévision immédiate pourra anticiper en quelques heures à la fois la survenue d’une crue soudaine et ses impacts sur le territoire.

Les chaines de prévision du projet PICS intégreront :

  • Des estimations quantitatives de précipitations à haute résolution et des prévisions immédiates de pluie,
  • Des modèles pluie-débit distribués adaptés aux petits cours d’eau non jaugés (dont on ignore le débit exact),
  • Des modèles hydrauliques pour délimiter les zones potentiellement inondées à partir de modèles numériques de terrain
  • Des modèles d’impacts pour représenter de façon dynamique les conséquences socio-économiques des crues soudaines sur le territoire : dommages matériels, inondation d’infrastructures, exposition et vulnérabilité de la population.

Ces différents modèles seront couplés, de manière à estimer leurs complémentarités et les incertitudes.

 

Evaluer la performance des chaînes de prévision

visualisation du ruissèllementLes différentes chaînes de prévision proposées dans le projet seront ensuite évaluées en fonction de leur performance.

Une difficulté du projet sera le constituer des jeux de données de validation concernant le débit des cours d’eau non jaugés, à partir notamment d’études de cas d’événements majeurs récents survenus en France tels que les inondations de juin 2010 dans le bassin d'Argens, de l’automne 2014 dans les bassins des Gardons, Vidourle, de l’Hérault et du Lez, d’octobre 2015 dans les Alpes Maritimes et des crues d’Octobre 2018 dans l’Aude.

Le projet permettra également d’améliorer et d’adapter les modèles utilisés :

  • Amélioration des modèles hydrologiques distribués dans des conditions non jaugées,
  • Qualification des incertitudes des débits prévus à partir des observations et prévisions immédiates de pluie,
  • Amélioration des approches 1-D et 2-D pour les calculs hydrauliques automatiques à grande échelle.
  • Adaptation des modèles d’impact de façon à exploiter les informations sur les emprises inondées fournies par les chaînes de prévision.

Le Cerema est fortement investi sur les approches de calculs hydrauliques à grand rendement pour fournir des zones potentiellement inondées sur de grands territoires.

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[1] Le projet est piloté par l’Ifsttar, et a pour partenaires le CCR, le Cerema, le CNRM, le SCHAPI, l'IGE, Géosciences Rennes, Irstea.

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