15 juin 2026
Cour d'école
Cerema
Face aux vagues de chaleur de plus en plus intenses et fréquentes, les collectivités sont en première ligne pour adapter leur patrimoine, dont les écoles. Avec près de 40 000 écoles en France, des enfants vulnérables face à la chaleur et des bâtiments inadaptés, il est nécessaire d'agir vite et de mettre en place des solutions adaptées, à court et plus long terme. Le Cerema, disposant d'une expertise transversale sur l'adaptation des bâtiments scolaires, met à disposition, avec le livret "Ecole et chaleur : agir maintenant", différentes solutions et niveaux d'actions pour adapter les écoles à la chaleur.

Le Cerema dispose, sur le sujet des bâtiments scolaires, d'une vision globale, à la croisée de différents enjeux : aménagement des cours d'école, sécurisation des abords, rénovation et actions de sobriété, accessibilité et qualité des environnements intérieurs.

Avec ce livret, issu d'un travail de recherche et capitalisation des différentes solutions existantes pour adapter les bâtiments scolaires à la chaleur, le Cerema vulgarise et met à disposition des élus et techniciens de collectivités, les pistes d'actions et leviers mobilisables dès maintenant pour lutter contre la surchauffe dans les établissements scolaires.

 

S'inspirer du bioclimatisme

Face à la chaleur, la première réponse consiste à agir avec le bâtiment, et non contre lui. Le bioclimatisme invite à tirer parti de l’environnement, de l’orientation et des ressources disponibles pour limiter les surchauffes. Cela signifie penser l’école dans son ensemble, en reliant le bâtiment, la cour, les abords et les cheminements. Pour les collectivités, cette approche a un avantage majeur : elle permet de construire des solutions cohérentes, durables et adaptées au contexte local.

 

Hérault : la stratégie bioclimatique du Conseil Départemental pour adapter les collèges 

Face à l’ampleur de son patrimoine, le conseil départemental de l’Hérault a fait le choix d’une stratégie différenciée : agir globalement sur certains collèges, et intervenir plus ponctuellement sur d’autres. Dans tous les cas, la logique reste la même : d’abord limiter les surchauffes en travaillant sur les abords et l’exposition au soleil, puis améliorer l’enveloppe du bâtiment et la ventilation pour mieux évacuer la chaleur accumulée la nuit, et enfin, si nécessaire, prévoir un rafraîchissement actif en privilégiant des solutions sobres et renouvelables, comme la géothermie.

> Le retour d'expérience complet, disponible dans le rapport "Agir maintenant contre la surchauffe dans les écoles", p.25
 

Aménager la cour et ses abords

La cour d’école est un levier d’action immédiat et visible. Trop souvent minérale, elle stocke la chaleur et aggrave le ressenti en période estivale. La végétalisation permet de créer des zones d’ombre, de rafraîchir l’espace et d’améliorer le confort des enfants comme des équipes. Différents leviers sont possibles : désimperméabiliser, intégrer l'eau de pluie, végétaliser la cours et les bâtiments, installer des voiles d'ombrage, etc.

Une cour réaménagée à Chasse-sur-Rhône

En concertation avec l'ensemble des occupants de l'établissement, un projet de réaménagement de la cour a été initié par la ville, afin de rafraîchir cet espace, améliorer le bien-être des enfants et la gestion de l'eau. Les 1 000m² de cour bitumée ont été transformés : agrandie de 700 m², elle accueille désormais un parc arboré préexistant, la cour a été végétalisée, désimperméabilisée et partitionnée en sous-espace pour une utilisation différente et adaptée. Bilan positif pour cette opération, plus de 6 mois après.

> Le retour d'expérience complet, disponible dans le rapport "Agir maintenant contre la surchauffe dans les écoles", p.25
 

Agir sur le bâtiment

L’école doit aussi être protégée de la chaleur à sa source. Cela passe notamment par des interventions ciblées sur le bâtiment afin de ne pas laisser entrer la chaleur : mieux protéger les façades exposées, limiter les apports de soleil, traiter les toitures et réduire les points de surchauffe. L'évacuation de la chaleur accumulée en journée par le rafraîchissement nocturne est également un levier à prendre en compte, tout comme l'amélioration du ressenti thermique, par l'installation de brasseurs d'air par exemple.

Pour les collectivités, l’enjeu est de choisir les solutions les plus utiles au bon endroit. Certaines répondent à l’urgence, d’autres s’inscrivent dans une stratégie plus durable.

Améliorer le confort d'été grâce à la réhabilitation à Juvignac

L'école était peu isolée et non protégée du soleil direct, avec seulement des rideaux intérieurs pour occulter les fenêtres. Le projet de réhabilitation, tourné vers la sobriété de moyens (facilité d’entretien maintenance pour les services municipaux) et la créativité, a permis de mettre en place différentes actions pour améliorer le confort des élèves et des usagers de l'école : installation de protections solaires extérieures  motorisées avec coulisses latérales, création d'une ventilation double flux, mise en place d'un rafraîchissement adiabatique. 

> Le retour d'expérience complet, disponible dans le rapport "Agir maintenant contre la surchauffe dans les écoles", p. 87

Travailler avec les occupants, agir sur les usages

Les solutions techniques ne sont pas les seuls leviers à actionner pour lutter contre la surchauffe dans les bâtiments scolaires. Le fonctionnement quotidien de l’école joue un rôle déterminant. Ouvrir ou fermer les fenêtres au bon moment, manipuler les protections solaires, adapter les horaires, mieux utiliser les espaces disponibles : autant de gestes simples qui peuvent faire une vraie différence.

Cela suppose d’accompagner les occupants, et leur expliquer qu’ils ont un rôle à jouer dans l’amélioration du confort, par leurs pratiques.

 

Les programmes CUBE

Télécharger le livret :