24 août 2020
Vue du jardin de pluie autour du ruisseau
J. Champres - Cerema
La commune de Fameck dans l'Est de la France a intégré la question des eaux pluviales dans la conception d'un nouveau quartier. Celui-ci a été structuré autour d'un ruisseau mis en valeur afin d'optimiser la gestion de l'eau de pluie et d'offrir un aspect paysager qui contribue à la qualité du cadre de vie.

Ce projet est mis en avant dans l'ouvrage "Jardins de pluie" du Cerema, réalisé avec l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée pour montrer des exemples de démarches de gestion intégrée de l'eau pluviale, visant à faciliter l'infiltration au niveau de la parcelle

Cette démarche qui repose en partie sur la désimperméabilisation et la renaturation des sols afin que l'eau de pluie s'infiltre dans le sol au plus près de là où elle tombe. Cela permet de réduire les rejets d'eau de pluie vers les systèmes d'assainissement ainsi que la pollution des eaux pluviales au fil de leur ruissellement. Les jardins de pluie, qui peuvent prendre différentes formes, sont une des solutions pour répondre à ces objectifs. 

 

Qu'est-ce qu'un jardin de pluie ?

Un jardin de pluie peut être défini comme un aménagement paysager (noue ou fossé végétalisé, bassin en eau, bassin sec...) sur un espace public ou privé, qui

  • Associe l'eau et le végétal,
  • Contribue à la gestion écologique de l'eau pluviale,
  • Apporte différents services écosystémiques, notamment en termes de biodiversité ou de réduction du phénomène d'îlot de chaleur.

Le ruisseau comme axe central du quartier

Vue du ruisseau et de l'espace vert
J. CHAMPRES - Cerema

Dans le cadre de la création d'une nouvelle Zone d'Aménagement Concertée (ZAC) comportant près de 800 logements, sur 37 hectares. Ces logements prennent la forme de maisons individuelles et de petits habitants collectifs, en continuité avec le bâti existant, et prennent place sur un coteau duquel coule un ruisseau aux nombreux méandres appelé La Lenderre. 

En raison des activités agricoles et du défrichement, des inondations pouvaient survenir.

L'objectif de l'aménageur et de l'agence de paysage était d'assurer l'intégration paysagère de ce nouveau quartier dans son environnement rural. Deux idées ont prédominé à l'élaboration et la mise en oeuvre de l'aménagement:

  • Soigner les interfaces urbaines - rurales et assurer leur fonctionnement, à l'aide par exemple de cheminements piétons plantés d'arbres qui traversent le quartier,
  • Donner un rôle central au ruisseau alors que lors des premières études il avait été envisagé de le couvrir et de le canaliser. Finalement, il a été conservé au centre d'un espace vert qui structure le quartier et est entretenu en respectant son tracé et sa végétation.

Un parc urbain a donc été créé pour les habitants du quartier et de la commune qui peuvent y accéder par des sentiers. Des espaces aux ambiances différentes favorisent la circulation à pied ou à vélo et la détente, et des arbres remarquables ont été préservés.

Le ruisseau a retrouvé un aspect naturel et même ludique (berges accessibles par endroits, maintien et entretien de la végétation, enrochements pour traverser...), et la circulation de l'eau dans le quartier a été mise en valeur dans le projet.

L'aménagement de la ZAC et du cours d'eau ont permis de capter et de maîtriser les eaux de ruissellement issues du bassin versant amont, et le quartier 'na plus connu d'inondation.

 

Fonctionnement hydraulique du site

schéma du réaménagement du ruisseau à travers le quartier
Schéma des paliers plantés - Crédit : Agence Claire Alliod paysage et urbanisme

Au fil du temps, le cours naturel du ruisseau a été modifié par l'activité agricole, mais a malgré tout maintenu un fonctionnement hydraulique et écologique, recevant une partie des eaux pluviales du coteau. 

Le projet d'aménagement visait à remettre en scène le cours d'eau de manière douce, sans modification pouvant modifier l'équilibre existant. Le ruisseau et ses abords ont été partiellement réaménagés afin de lui rendre son aspect sinueux et naturel.

Un reprofilage du talweg a été réalisé et les berges ont été consolidées par l'installation de branchages de saules qui permet de développer une ripisylve naturelle, renforcés par des plantations de saules ou d'aulnes en baliveaux.

Un des objectifs de l'aménagement était de réduire au maximum l'apport direct des eaux pluviales du coteau urbanisé dans le ruisseau: des zones tampon ont été créées de chaque côté du cours d'eau, sous la forme d'une succession de paliers formés par des levées de terre à faible pente, profonds en moyenne de 50 cm et suivant les courbes naturelles du sol. 

Ces deux zones permettent:

  • De récupérer et stocker les eaux pluviales des lotissements,
  • De réguler le débit du ruisseau en cas de débordement.

Le sol argileux ne permet pas facilement l'infiltration, si bien qu'une zone humide se développe dans le creux de chaque palier. Un système de débordement permet d'inonder successivement chaque palier, comme une suite de jardins de pluie. 

 

  • Dans le dossier Nature en Ville : développer les solutions fondées sur la nature dans le milieu urbain

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