21 novembre 2018
journée carrefours à feux et modes actifs
Le 6 novembre 2018, le Cerema a organisé en partenariat avec la ville de Paris, une journée d’échanges nationale autour des carrefours à feux et des nouvelles pratiques en faveur d’une ville des mobilités actives. Au programme : états des connaissances, retours d’expériences et échanges avec la salle. Avec à la clé, la question de la pertinence de certains carrefours à feux et celle des adaptations souhaitables pour favoriser les modes actifs.

  

Les participants de la journée nationale sur les carrefours à feux et modes actifs
Christophe Najdovsky

Près de 350 personnes ont souhaité s'inscrire à cette journée qui a accueilli au final 190 participants (capacité maximale de la salle). Un public constitué pour 50 % de collectivités locales et 20 % de bureaux d’études et d’entreprises.

Élus, techniciens, professionnels publics et privés de l’aménagement urbain, représentants d’associations d’usagers, chercheurs, ... étaient présents pour échanger sur les enjeux de l’adaptation des feux aux nouvelles problématiques de mobilité et de vie urbaine.

Christian Curé

La journée a été introduite par Christophe Najdovsky, Maire-Adjoint de Paris chargé des transports, des déplacements, de la voirie et de l'espace public et Christian Curé, directeur du Cerema Territoires et villes.

Elle s'inscrivait dans le cadre du programme "UNE VOIRIE POUR TOUS : des rues et des espaces publics à vivre".
 

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LES PRÉSENTATIONS, LES ÉCHANGES ET LES ENSEIGNEMENTS DE LA JOURNÉE

Programme de la journée nationale sur les carrefours à feux et modes actifs

Favoriser les déplacements à pied et à vélo, apaiser la circulation motorisée, redessiner les espaces publics pour conforter les lieux de vie, sont autant de lignes directrices pour construire la ville de demain

C’est sur cette toile de fond, que l’adaptation ou la suppression des feux en carrefours s’est posée au cours de la journée, structurée autour de sessions thématiques et deux tables rondes
 

150 ans de carrefours à feux !
 

En introduction de la journée, retour sur les 150 ans de carrefours à feux


En introduction, l’historique des carrefours à feux, la situation française en termes d’équipement, les domaines d’emploi, les données et facteurs d’accidents, ont été présentés.
 

Présentation : 150 ans de carrefours à feux !


On retient en particulier :

  • Les feux sont des outils puissants de régulation du trafic en ville. Ils permettent de gérer la saturation, de donner la priorité aux véhicules de transport en commun, de faciliter la traversée des piétons sur les axes à fort trafic.

  • Souvent perçus comme outil de sécurité, on dénombre néanmoins chaque année sur les carrefours à feux : 10 000 accidents, 1200 blessés hospitalisés, 150 tués.

  • Cet outil de régulation du trafic doit être utilisé à bon escient. Pour être compris et respecté, un feu doit être respectable.

  

Carrefours à feux et modes actifs
 

Carrefours à feux et modes actifs


Les feux sont un outil de régulation efficace largement répandu qu’il convient cependant d’adapter pour les piétons et cyclistes, car ils peuvent les pénaliser dans leurs trajets en imposant des arrêts et des temps d’attente. À l’inverse ils sont souvent réclamés par les personnes âgées ou les personnes déficientes visuelles pour les aider dans leurs traversées.

Quelles mesures peuvent-être alors être mises en place pour fluidifier les déplacements à pied et à vélo, tout en les sécurisant et en répondant aux attentes des plus vulnérables ? En présence de transports collectifs, comment peut-on concilier les besoins d’efficacité des modes actifs avec les enjeux de niveau de service des TC ?

Différentes présentations ont livré un éclairage sur ces questions :

    

 

Cédez-le-passage cycliste au feu : un film explique les nouveaux mouvements autorisés

 

   

Table ronde « Croisement des regards techniques »
 

Table ronde « Croisement des regards techniques »

 

Destinée à élargir le débat technique, celle-ci a abordé les questions suivantes : Comment concilier feux, modes actifs et TC, pour répondre de façon optimale aux besoins de tous ? Quels sont les obstacles techniques ? Comment les dépasser ?

L’occasion d’exprimer ou de rappeler que :

Moins de feux : plus de sécurité et de fluidité pour tous ?
 

Moins de feux

 

L’usage de ces équipements bien souvent considérés comme des éléments de sécurité et de fluidité, n’est cependant pas toujours réellement justifié. Les circulations en ville évoluent et de nombreuses collectivités testent aujourd’hui la dépose de certains feux.

Des représentants de métropoles étaient présents pour expliquer l'approche de leur collectivité et les bénéfices retirés des expérimentations menées :

Les enseignements communs à ces trois expériences ? Une nécessité impérative de concerter en amont avec l’ensemble des parties prenantes pour garantir l’acceptation de la démarche par l’ensemble de la population.

Vers une ville apaisée
 

Vers une ville apaisée


Agir sur les feux n’est qu’une des composantes de l’adaptation de la cité aux mobilités actives, qu’il convient d’inscrire dans une politique globale d’apaisement de la circulation motorisée et d'intégration des mutations environnementales et sociétales en cours.

Un point sur les politiques qui préparent la ville de demain a été fait, avec deux interventions :

On retient en particulier :

  • L'attractivité d'une ville n'est plus aujourd'hui liée à son automobilité mais à sa marchabilité. Les demandes des habitants et des usagers des espaces publics portent sur des espaces apaisées, lieux de vie et non simplement supports de mobilité.

  • On doit pouvoir offrir une vrai alternative de déplacement, à pied ou à vélo, sur les distances allant jusqu'à 3 km. La population doit disposer d'un vrai confort de choix modal en ayant la possibilité de cheminer agréablement et efficacement à pied et à vélo.

 

Table ronde « Croisement des regards politiques »
 

Table ronde « Croisement des regards politiques »


Les questions inscrites aux débats étaient les suivantes : La diminution des feux est-elle un révélateur du passage de la ville gérée par des règles à la ville de la négociation et du dialogue ? L’arrivée du véhicule autonome est-il un atout ou une contrainte pour une ville de la négociation ? Quelle est sa relation aux feux ? Pour passer à la ville apaisée : quelles méthodes ? quels arguments pour convaincre ? Comment aller loin et vite avec un budget raisonnable  ?

Parmi les éléments de réponse apportés :