En 2025, ATEC-ITS France est devenu Mobil’inPulse, amorçant une nouvelle trajectoire alignée avec les défis environnementaux, sociaux et économiques. Rassemblant les acteurs de la mobilité et les acteurs académiques, cette nouvelle édition du congrès, placée sous le thème " Au carrefour des mobilités : impulsions nouvelles pour les territoires", a permis de discuter des multiples évolutions et défis liés à la mobilité de demain.
Table ronde : renouveler les approches grâce au numérique
3 tables rondes ont permis de croiser les regards sur les liens entre mobilités et énergies, mobilités et aménagement du territoire et mobilités et enjeux territoriaux. Annabelle Ferry, directrice de la Direction technique Territoires et ville du Cerema, est intervenue, aux côtés de Nicolas Portier, Professeur affilié à l’Ecole urbaine de Sciences Po et Président du Cercle pour l’aménagement du territoire (CPAT) et Fanny Arav, économiste et urbaniste, Conseillère au Conseil Economique, Social et Environnemental, dans la table ronde sur les enjeux territoriaux : Comment renouveler les approches grâce aux innovations technologiques ?
Annabelle Ferry a souligné l'importance de l'innovation à toutes les étapes des projets, qu'ils se déroulent dans des métropoles, territoires péri-urbains ou ruraux : la collecte de données, la modélisation, la gestion des réseaux et l’exploitation des services en temps réel permettent de nouvelles approches. Parmi les apports du numérique, le Cerema a mentionné :
- La connaissance des mobilités et des comportements, y compris en temps réel,
- La conception et la modélisation des projets en intégrant les enjeux et besoins de multimodalité,
- L'exploitation et le pilotage avec un suivi en temps réel du service, l'interopérabilité des systèmes de transport, la régulation du trafic.
- Le financement : dans un contexte budgétaire très contraint, les systèmes numériques peuvent aider à optimiser l’usage des infrastructures et des flottes de véhicules et éviter ainsi de nouveaux investissements ou réduire les coûts de maintenance (adaptation des fréquences, partage des véhicules, etc.).
Annabelle Ferry a rappelé que ces innovations nécessitent trois conditions clés : concerter largement, expérimenter et évaluer, et inscrire les innovations dans le projet de territoire pour assurer leur pérennité et leur financement.
La donnée et la technologie n’ont de sens que pilotées par les usages : elles doivent produire des solutions simples, agiles, mobilisables au bon moment, adaptées aux contextes locaux, centrées sur les usagers et intégrées dans une stratégie de mobilité claire. L’enjeu, finalement, est de construire une ingénierie territoriale augmentée, fondée sur la compréhension fine des besoins et des usages : des équipes publiques et partenaires capables de maîtriser les données, d’animer les écosystèmes d’innovation, et de relier chaque projet de mobilité aux grandes transitions du territoire.
A l’occasion du Congrès, le Cerema et Mobil’in Pulse ont renouvelé leur convention de partenariat, renforçant ainsi leur collaboration historique pour accompagner et outiller les acteurs publics, économiques, académiques et associatifs du domaine de la mobilité. Dans le cadre du congrès, le Cerema joue un rôle en termes de diffusion des connaissances et renforce le lien avec les collectivités en organisant des événements dédiés tels qu'une session spéciale collectivités. Les deux structures collaborent également à des groupes de travail thématiques.
Sur l'espace collectivités
Des jeux sérieux sur la mobilité
Un espace collectivités co-animé par le Cerema et Mobil’in Pulse avec des animations et présentations exclusives, et des rencontres avec les experts. Les collectivités ont notamment pu, tout au long des deux journées du Congrès, tester :
Démonstration du jeu Mobilimix sur le stand du Cerema un escape game centré sur les systèmes de transports intelligents et coopératifs, autour des enjeux des C-ITS tels que l’échange d’informations en temps réel entre l'infrastructure et le véhicule permettant d'améliorer la sécurité routière
- le jeu sérieux Mobilimix, conçu pour aborder les défis de la mobilité et de la sécurité routière dans les territoires périurbains et ruraux, qui permet de s'approprier très rapidement les solutions de mobilité multimodale en favorisant les échanges entre les acteurs présents autour de la table.
Présentation du BNTRA
Une présentation du Bureau de normalisation des transports, des routes et de leurs aménagements (BNTRA) a été réalisée par Jérémy Bossu : le BNTRA est hébergé par le Cerema et couvre notamment la géotechnique, les routes, les ouvrages d’art et l'ingénierie du trafic. Par délégation de l’AFNOR, il coordonne les commissions nationales chargées d’élaborer les normes françaises, européennes et internationales dans ces domaines.
Les enjeux de la normalisation dans le domaine des Systèmes de Transports Intelligents, les travaux des différentes commissions de normalisation du BNTRA et les différences entre Normalisation, Certification, Labellisation et Homologation ont fait l'objet d'échanges avec un public d'acteurs publics et privés, notamment des partenaires du projet SCALE (déploiement de STI Coopératif) avec lesquels il est envisagé de certifier ou labelliser ou homologuer certains dispositifs participant à la chaine de transmission des STI-C.
Autres présentations
- L’offre collectivités et l’offre formation de Mobil’in Pulse ont été explicitées par Marie-Xavière Wauquiez, déléguée générale.
- Le panorama des données de mobilité issu des travaux du projet MobSci-Dat Factory, présenté par Nassima Fernane (Cerema). L’approche combine un inventaire structuré des données, des entretiens avec des experts et des cas d’étude. Elle permet d’identifier les besoins, les manques et les leviers d’amélioration, tout en montrant comment des outils et des méthodes adaptés peuvent transformer des données hétérogènes en informations utiles à la prise de décision.
- Le projet AVATAR : ce projet destiné à moderniser la chaîne de diffusion d’informations sur le trafic routier pour la rendre plus réactive, plus ouverte et multi-gestionnaires est un enjeu stratégique pour les exploitants routiers. AVATAR (Analyse & Visualisation Automatique de données de TrAfic Routier), présenté par Alexandre Depetris (Cerema) est un système de collecte, d'analyse et de visualisation des données de trafic routier pour tous.
Les interventions du Cerema
Atelier sur les mobilités en territoire peu dense
Cet atelier, animé par Gérôme Charrier, responsable politiques et services de mobilité au Cerema, a été l'occasion de mettre en avant des retours d'expériences en France et au Canada, sur les enjeux de la mobilité dans les espaces peu denses ou ruraux.
Martin Picard a présenté les travaux de son organisation (centre d'action des bénévoles des MRC de Montmagny et de L'Islet au Quebec), visant à maintenir à domicile les personnes peu mobiles ou précaires (en les accompagnant notamment vers leurs rendez-vous médicaux). En s'inspirant notamment de travaux français, le centre d'action des bénévoles a pu identifier les leviers d'actions pour améliorer l'efficacité de son action, sans accroitre les inégalités sociales.
Ensuite, Jean-Baptiste Ray (directeur de la stratégie chez ECOV), Benjamin Rochetin (doctorant sur les mobilités rurales au laboratoire d'économie des transports) et Vincent Leblond (bureau d'étude Tellae) ont évoqué le projet multi-partenarial MOBIPART, destiné à imaginer un nouveau service de mobilité qui combine l'ensemble des services de mobilité en territoires peu denses. Il s'agit de proposer un service unique, où un usager pourrait prendre le premier véhicule qui passe devant son arrêt, qu'il s'agisse d'un véhicule de covoiturage, de transport à la demande, d'un car ou encore d'un transport d'utilité social. Pour ce projet, les partenaires ont conduit une enquête de préférence déclarée afin de comprendre les conditions de réussite d'un tel service. Cette enquête a également permis de recueillir des données pouvant alimenter un modèle multi-agent, permettant de simuler et dimensionner le service.
Mobilités en transition : Bilan des groupes de travail MIP et perspectives 2026
Depuis plusieurs années, l’association Mobil'in Pulse s’est engagée dans plusieurs programmes co-construits avec le Ministère des transports. Dans ce cadre, des groupes de travail multi-partenaires sont créés sur des thématiques clés pour la mobilité de demain, afin d'établir des diagnostics partagés sur des sujets clés et formuler des propositions pour lever les freins identifiés.
Lors d'une session spéciale ont été ainsi présentés les travaux menés en 2025 sur l'open payment, les systèmes de MaaS (mobilité servicielle) et sur la décarbonation des mobilités. Les experts du Cerema ont activement contribué à ces trois feuilles de route, notamment sur celle concernant la décarbonation des mobilités que Stéphane Chanut a présentée avec le directeur des programmes de Mobil'in Pulse Jean Coldefy lors de la session.
La périurbanisation et la métropolisation sont identifiées comme des sources importantes d’augmentation des déplacements et des émissions liées, du fait de la massification de flux domicile-travail entre les couronnes périurbaines et les villes centres. Pour le groupe de travail, il s'agit de combiner les efforts de réduction des émissions avec l'équité sociale et l'efficience des fonds publics.
Il est donc prôné d'agir à long terme sur l'articulation urbanisme-déplacements, d'électrifier rapidement les usages, mais aussi de travailler à favoriser un report modal vers des mobilités collectives, à travers le développement de services massifs comme les SERM avec des cars express, la construction d'infrastructures (voies réservées, pôles d'échanges) et des tarifications justes mais incitatives.
Dans ce cadre, le numérique et les données sont de précieux atouts, aidant les AOM à mieux comprendre la demande de déplacements, facilitant l'expérience voyageurs (information et achats facilités) et permettant aux gestionnaires d'optimiser les circulations (en favorisant les transports collectifs par exemple). Le tout doit permettre de mieux dépenser, d'augmenter les recettes et réduire les coûts opérationnels.
Intégration des C-ITS dans le département de l’Hérault
Dans le cadre de l’atelier C-ITS, Laura Poujol du Conseil Départemental de l’Hérault et Vincent Robin du Cerema ont présenté un exemple de déploiement des Systèmes de Transport Intelligents Coopératifs (STI-C) en France dans le cadre du projet européen SCALE sur le site pilote sud-est (région méditerranéenne). Le CD34, pilote du projet dans la région, va déployer 2 nouveaux cas d’usage sur son territoire.
- Le premier a pour enjeux de sécuriser des croisements voie verte / route sur lesquels plus aucun aménagement physique n’est possible, à un coût raisonnable. Il concerne l’avertissement aux véhicules et l’avertissement aux usagers vulnérables. Ce cas d’usage est particulièrement attendu pour sécuriser les traversées des usagers des voies vertes.
- Le second est l’avertissement concernant les restrictions de tonnage au préalable du franchissement d’un pont, en mesurant puis informant. Dans un département où 40 ponts ont des restrictions de tonnage, l’information de limitation de tonnage est déterminante pour limiter les désordres.
Cette présentation a été l’occasion d’échanger avec le public sur les modalités techniques à mettre en œuvre pour l’exécution de ces cas d’usage. De nombreuses questions, comme l’accession au fichier des cartes grises, furent posées.
Réunion de la communauté des PC trafic
Depuis 2014 la communauté des PC trafic (postes centraux de régulation du trafic urbain) se réunit plusieurs fois par an en présentiel ou distanciel. Co-animée par des ingénieurs des collectivités locales et le Cerema, elle se veut un lieu d'échange pour co-construire une expertise sur ces sujets complexes et partager les retours d'expériences des collectivités locales. Elle est composée d'environ 90 personnes regroupant une quarantaine de collectivités (métropoles, communautés d'agglomération, départements, villes) et le Cerema.
Cette communauté se veut aussi force de proposition pour faire évoluer le cadre réglementaire, normatif et technique sur la régulation du trafic en ville. Elle est également régulièrement consultée par la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM) ou la Délégation à la Sécurité routière (DSR) dans le cadre de l'élaboration des propositions d'évolution de la réglementation.
La présence de la communauté au sein du congrès Mobil'Inpulse est une première, offrant ainsi la possibilité à ses membres d'échanger avec les autres acteurs de la mobilité présents sur le salon. Lors de cette réunion, les échanges ont porté sur :
l'expérimentation du nouveau signal piéton COESTRA ;
les expérimentations de tourne à gauche indirect pour les cyclistes ;
la gestion des traversées piétonnes de voies tramways ;
l'utilisation des signaux d'aide à la conduite pour les conducteurs de bus ;
les écrans de contrastes pour les feux ;
l'usage de l'lA dans les systèmes de régulation du trafic.
La tenue de cette réunion pendant le salon Mobil'Inpulse a été très appréciée, le même format sera reconduit en 2027.
Capteurs innovants
Cette session "capteurs innovants" avec Guillaume Costeseque (Cerema) et Etienne Hans (Neovya), à laquelle ont participé 45 personnes et capitalisée par Alexis Bacelar du Cerema, a été très éclectique et dynamique car elle a couvert 3 technologies non intrusives : lidar, radar et Floating Car Data (FCD, (qui sont les traces de mobilité issues des dispositifs embarqués dans les véhicules type smartphone, boitier connecté ou GPS du véhicule). Elle a recueilli une bonne affluence avec jusqu’à 45 personnes.
Une des questions posée portait sur la capacité à réguler les carrefour à feux avec les FCD à l'heure actuelle et sur la pertinence des offres de certains fournisseurs de données qui démarchent les collectivités en promettant que les données FCD leur permettront d'alimenter leurs outils de micro-régulation des carrefours à feux. Il est possible d'estimer des séries temporelles assez usuelles au niveau du carrefour et de savoir quand et où la branche sature, mais selon le Cerema le chemin est encore à faire pour parvenir à une micro-régulation capable d'adapter les durées des feux en fonction de la fréquentation. Le Cerema a invité les collectivités à prendre contact car une étude est menée sur la pertinence des données FCD pour estimer les débits à une échelle temporelle relativement fine (environ 6 minutes). Si les résultats sont pour le moment limités, ces données sont complémentaires aux capteurs classiques tels que les boucles électromagnétiques.
Etienne Hans a ajouté que les données FCD pouvaient permettre d'étudier la dynamique usuelle du carrefour (vitesse moyenne par tranches de plusieurs minutes) et de pouvoir établir des plans de feu adaptés selon les saturations observées.
Guillaume Costeseque et Etienne Hans ont présenté le travail collaboratif réalisé dans le cadre de la construction des Cartes de Bruit Stratégiques pour établir une cartographie nationale des trafics moyens. L'objectif était de pouvoir disposer d'une base complète permettant d'identifier l'ensemble des tronçons routiers supportant un trafic moyen journalier supérieur à 8 200 véh/jour. En effet, ces axes font ensuite l'objet d'aménagements réglementaires (comme les Plans de Prévention du Bruit dans l'Environnement) visant à réduire l'exposition des populations. La base nationale des trafics moyens a été obtenue par recueil auprès des gestionnaires routiers et par complétion au moyen d'une méthode innovante utilisant les données flottantes issues des véhicules, les Floating Car Data (FCD). Un modèle d'apprentissage automatique (ou machine learning) a ainsi été développé pour estimer les trafics moyens à partir du nombre de traces issues des données FCD fournies par HERE. Testé sur le territoire de Nouvelle-Aquitaine, le modèle a été étendu sur l'ensemble de la France métropolitaine. Un travail de mise en cohérence en post-traitement a permis de corriger certains biais comme la discontinuité spatiale des estimations de trafics moyens.
Les nombreuses questions de l'assistance ont porté sur la couverture géographique du travail, la qualité des estimations ou l'utilisation des données FCD pour l'estimation de débits à une granularité temporelle plus fine.
Indicateur de suivi des pratiques cyclables
Stéphane Chanut (Cerema) est intervenu sur le développement des modes actifs (vélo et marche), une dynamique importante à l'œuvre pour la transition des usages de mobilités afin de faire face au défi du changement climatique. Si des politiques volontaristes notamment pour le développement du vélo sont mises en place au sein de nombreuses collectivités, il est cependant nécessaire d'améliorer la mesure des fréquentations piétons et cyclistes, à la fois aux échelles globales (construction d'indices régionaux ou nationaux) et locales (afin de dimensionner et améliorer les aménagements réalisés).
Dans le cadre de l'atelier, le Cerema a ainsi présenté le projet LEVEL (projet avec l'université Gustave Eiffel et le Réseau Vélo & Marche) qui vise à mieux observer les pratiques cyclables en France en s’appuyant sur la Plateforme nationale des fréquentations (PNF) qui agrège 1 884 compteurs, mais dont la couverture et la représentativité sont incomplètes et biaisées vers les zones urbaines denses. L'objectif est de produire peu à peu un indice kilométrique vélo, désagrégeable par territoire et type de pratique, qui soit plus représentatifs des différents types de territoires (urbains et ruraux) et des pratiques (quotidiennes et loisirs).
La société Eco-compteurs a quant à elle présenté sa méthode VisitorFlow, qui croise des données quantitatives de comptage terrain (compteurs et caméras) et des données qualitatives flottantes (téléphonie mobile, traces GPS) pour analyser et suivre la marchabilité urbaine. Une étude pilote à Montreuil (juil. 2023–janv. 2024) évoquée par le CD93 a permis d'illustrer la méthode sur les flux piétons à destination d'une station de métro : nombre d'entrées/jour, distance moyenne et vitesse moyenne de marche, ce qui a mis en évidence la diversité des pratiques et donc des besoins d'aménagement liés pour les piétons.
Enfin Egis Conseil a présenté l’opération "Ouvrons Perrache" menée par la Métropole de Lyon pour reconfigurer le pôle d’échanges de Lyon-Perrache et atténuer la coupure urbaine sur la presqu’île, en particulier pendant la suppression d’une passerelle concentrant jusqu’à 16 000 piétons/jour. Face aux perturbations des cheminements (notamment pour les PMR), la Métropole, avec SNCF Gares & Connexions et un groupement (Egis, MémO, RCP Design Global), a mené une démarche pluridisciplinaire combinant diagnostic qualitatif, cartographie des flux, entretiens, scénarios d’itinéraires pour différentes typologies d’usagers, ce qui a conduit à la définition d’une signalétique dédiée et d’actions d’accompagnement pendant les travaux. Ceci a mis en évidence que les approches qualitatives et centrées usagers sont essentielles pour des aménagements et signalétiques adaptés aux besoins.
Jumeaux numériques
Cet atelier présidé par Nicolas Nuyttens du Cerema a permis d'illustrer deux exemples de jumeaux numériques visant à simuler des scénarios de mobilités avec des données multi-sources.
- Le premier jumeau, MobiMix, porté par des travaux de recherche et innovation de France 2030 récemment démarrés avec Wever, Mobility Metrix, le Laboratoire d'Informatique et Systèmes et la région Provence Alpes Côte d'Azur, combine les avantages apportés par les données historisées quantitatives et qualitatives, avec des méthodes d'intelligence artificielle pour à la fois nettoyer, standardiser les données et entraîner les modèles de prédiction par apprentissage. Le choix de données strictement nécessaires comme des scripts vise à permettre des réductions de temps d'analyses.
- Le second, outil de la PLateforme d'ANalyse Environnementale des Transports PLANET de l'IFPEN, intègre quant à lui, outre des données statiques, des données en temps réel dans l'objectif de mieux traduire la mobilité dynamique (télétravail, e-commerce, électrification des flottes,...) pour mieux la décarboner. Des briques algorithmiques amont de traitement de données hétérogènes et de fusion alimentent ce jumeau numérique d'observation et d'évaluation basé sur l'approche traditionnelle à 4 étapes enrichie du frêt (plateforme Silogues), et de données temps réel issues de capteurs GPS (préférences d'itinéraires, niveaux de congestion, optimisation des matrices OD) comme de données FMD dont il faut vérifier l'accès comme la qualité.
L’interopérabilité des systèmes de distribution des titres de transport
Pierre Gréau du Cerema a animé cette table ronde sur les enjeux d’interopérabilité aux bénéfices des usagers des transport publics régionaux et interrégionaux. Dans un contexte de digitalisation croissante des usages des services de mobilité, d’évolution réglementaires liées à l’ouvertures des canaux de distribution (Art 28 de la LOM), et surtout d’ouverture à la concurrence du ferroviaire, les régions sont confrontées depuis quelques années à d’importants enjeux de transformation des modalités de distribution de titres de transport et de gestion de la relation usagers.
Cette transformation impose de s’attacher à une interopérabilité dépassant l’interopérabilité des systèmes billettique (en back-office) pour s’attacher à l’interopérabilité avec les différents systèmes de distribution (en front-office). Cette table ronde a ainsi permis de partager l’avancement de travaux actuellement menés par les régions et l’Etat (la DGITM) en faveur d’un développement de cette interopérabilité.
A partir d’une mise en contexte basée sur le retour d’expérience de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ont été présenté les travaux menés par Régions de France et la DGITM.
Retrouvez le détail des interventions dans l'article du Cerema sur France mobilités :
Données et aménagement
Nassima Fernane, Christophe Damas et Patrick Gendre (Cerema) ont présenté l'inventaire des données de mobilité, un travail qui bénéficie d'une aide de l'Etat gérée par l'Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030. Ils ont évoqué les enjeux de structuration, d’accès et de valorisation des données de mobilité, à partir des travaux menés dans le projet MobSci Dat Factory et mis en évidence la complexité de l’écosystème des données de mobilité, marqué par une grande diversité de sources, de formats et d’acteurs, rendant leur exploitation encore difficile.
La méthodologie de construction d’un inventaire des données de mobilité a été présentée, depuis l’identification des besoins métiers jusqu’à la production de fiches de données structurées, documentées et orientées usages. L’objectif est de faciliter l’accès aux données et leur réutilisation pour l’observation des mobilités, la planification territoriale, la modélisation et l’évaluation des politiques publiques.
Enfin, la présentation a permis de valoriser la communauté Expertises et Territoires consacrée aux données de mobilité : conçue comme un espace d’échanges et de mise en réseau des acteurs de la donnée mobilité, ainsi qu’une première version d’un futur centre de ressources sur les données, aujourd’hui accessible en consultation, dont les fonctionnalités collaboratives seront ouvertes dans un second temps. Ces dispositifs visent à favoriser le partage des connaissances, la mutualisation des pratiques et un meilleur passage de la donnée à la décision au service des territoires.
Bilan national des voies réservées : 12 expérimentations pour ouvrir des perspectives
Florent Buchwalter et Mathieu Luzerne (Cerema), Martin De Wissocq (Direction Générale des Infrastructures, des Transports et des Mobilités) ont présenté le bilan national des voies réservées produit par le Cerema en lien avec le ministère de la transition écologique (Direction des Mobilités Routières, DGITM), sur treize sections de voies réservées, incluant huit voies réservées au covoiturage et cinq voies réservées aux transports en commun.
Sécurité et acceptabilité
Aucun accident mortel n’a été relevé sur les sections étudiées. Une hausse des accidents matériels, à confirmer dans le temps au vu de la faible durée d’observation, a été observée sur certains sites.
Une adaptation de la vitesse des usagers de la VR2+ en fonction de la vitesse de la voie adjacente est observée. Cette adaptation s’effectue de manière à maintenir un différentiel de vitesse en moyenne inférieur à 45km/h.
Les taux de fraude, parfois importants, diminuent considérablement après mise en place du contrôle sur toutes les voies concernées. La compréhension de la signalisation reste perfectible. Les points de difficulté concernent principalement les logos des véhicules autorisés, le signal losange pour les VR2+, et les règles pour les deux-roues motorisés.
Efficacité et environnement
Les gains de temps pour les usagers des voies réservées sont toujours significatifs par rapport aux usagers des voies générales en heure de pointe, allant de 10 à 126 secondes par kilomètre.
Les premiers résultats des bilans évalués s’avèrent encourageants à l’échelle de la section aménagée, notamment en ce qui concerne les gains d’émissions de gaz à effets de serre, qui profitent des légères baisses du trafic et d’une modification des vitesses se rapprochant de l’optimum d’émissions des moteurs thermiques.
Ils reposent toutefois sur une observation d’une baisse de trafic à court terme qui demande à être confirmée à plus longue échéance en s’assurant que les reports s’orientent vers un changement de mode plutôt qu’un changement d’itinéraire.
Mise en place d’une barrière contrôlant la voie de covoiturage de Thonex-Vallard
Alexis Bacelar et Fréderic Aliaga (Cerema) ainsi que Florian Grange (ATMB) ont évoqué l'expérimentation d'un dispositif unique au monde de contrôle du nombre d'occupants des véhicules sur la voie de covoiturage de Thonex-Vallard.
Cette expérimentation a commencé le 13 juin 2024, et le Cerema, mandaté par ATMB, a réalisé l’évaluation de ce dispositif pour un rendu à la fin de l'année 2025. Au regard des résultats présentés :
- le dispositif de barrière automatique n’est pas accidentogène et ne dégrade pas la sécurité des usagers ;
- il présente un fonctionnement robuste, avec des mécanismes explicites de sûreté en conditions normales comme en conditions dégradées ;
- il maintient l’attractivité de la voie réservée pour les covoitureurs (qui augmentent de 34 à 80 % sur la VR2+), et contribue à réduire fortement la fraude (qui baisse de 66 à 20 %), sans effet défavorable avéré sur la congestion au cœur de la pointe ;
- il est globalement bien accepté par les usagers réguliers, avec une perception majoritairement neutre à positive en matière de sécurité et de fluidité, même si la signalisation de la présence de la barrière pourrait être encore optimisée.
Dans ce contexte, le Cerema est favorable à une prolongation de l’expérimentation de cette signalisation de voie réservée et du dispositif de comptage et de contrôle de l’occupation des véhicules au passage du poste frontière de Thônex-Vallard, assortie d’un suivi continu des indicateurs de trafic, de sécurité, de fraude et de perception des usagers.
