La journée technique du 4 novembre organisée par le Cerema Normandie-Centre (Direction Territoriale Normandie-Centre) a accueilli des élus et techniciens de collectivités territoriales de Normandie pour une alternance entre des temps d’approfondissement théorique de la thématique de la marche et des sessions de production collaborative, au travers de 3 ateliers qui se sont tenus en parallèle, en sous-groupes.
L’ambition de la journée était d’aller au-delà d’une sensibilisation aux enjeux de la marchabilité, et de proposer aux participants de créer un livrable par sous-groupe, qui serait utile, par la suite, pour favoriser le développement de la marche sur leurs territoires.
Un premier temps d’appropriation, pour poser le contexte et les fondamentaux
La journée a commencé par une présentation théorique d’experts du Cerema, revenant d’abord sur le contexte de la pratique de la marche en ville (ses bienfaits, sa part dans la sécurité routière…). Ensuite, les grands principes favorisant la marche ont été évoqués : des cheminements sûrs, continus, confortables, sans obstacle, esthétiques et diversifiés.
Trois focus ont finalement été faits sur les sujets des ateliers, à savoir :
- Signalétique : qu’est-ce qu’un jalonnement piéton réussi ?
- Partage de la voirie : quelle hiérarchie des voies pour accorder une place de choix aux piétons ?
- Évaluation : comment comprendre les pratiques de marche ?
Cela a aussi été l’occasion de poser le cadre des échanges de la journée. Les ateliers collaboratifs, animés via des méthodes d'intelligence collective, nécessitent d’accueillir toutes les idées sans jugement, d’oser participer, d’écouter et de veiller collectivement à l’équilibre de la parole au sein du groupe.
Une première session d’ateliers, pour débroussailler les sujets
Après un temps "d’échauffement" durant lequel il a été demandé aux personnes de se présenter selon le temps de marche qu’elles avaient mis pour venir à la journée technique le matin-même, les participants ont été répartis dans trois ateliers en fonction des choix qu’ils avaient fait lors de leur inscription :
- Atelier A : Signalétique, jalonner la marche
- Atelier B : Partage de la voirie, sécuriser la marche
- Atelier C : Évaluation, comprendre les pratiques de marche
La séance du matin avait pour objectif de déterminer quel livrable allait pouvoir être créé dans la suite de la journée. Il a donc fallu rassembler les différents sujets qui posaient question aux participants, afin d’identifier une problématique commune au groupe et devant trouver des éléments de réponse à l’issue de la journée. Le temps suivant a permis d’approfondir cette problématique selon différents angles, grâce à la méthode du "Qui Quoi Où Quand Comment Pourquoi" :
- Atelier A – Signalétique : quels critères pour une signalétique qui s’adapte au lieu et à l’information, ainsi qu’aux moyens humains et financiers pour en garantir la durabilité ?
- Atelier B – Partage de la voirie : comment construire une méthodologie pour favoriser le piéton dans un projet d’aménagement en tenant compte des contraintes techniques et réglementaires ?
- Atelier C – Évaluation : comment construire une démarche d’évaluation de la place des piétons dans l’espace public ?
Un deuxième temps d’approfondissement, pour faciliter le passage à l’opérationnel
La plénière de l'après-midi a permis d'approfondir les trois thèmes des ateliers avec des références et détails réglementaires, comme la différence entre signalétique et signalisation, les différents types d’aménagements pour favoriser la place des piétons (trottoirs, zone de rencontre, voie verte, etc.) ou encore un exemple d’évaluation de la marchabilité d’un bourg grâce à une balade sensible.
Au-delà des apports théoriques, ce temps a également été l’occasion d’échanger entre les participants et les intervenants, les sujets évoqués étant par nature complexes. Notamment, le sujet du partage de la rue entre les différents modes est ressorti plusieurs fois : vaut-il mieux marquer les passages piétons ou non ? Est-ce qu’il n’y a pas forcément des "conflits" d’usages lorsqu’on fait cohabiter plusieurs modes sur un même espace ? Comment articuler des projets de renaturation et de désimperméabilisation avec la marchabilité ? etc.
Une deuxième session d’ateliers, pour créer un livrable à l’issue de la journée
La fin de l’après-midi a été consacré à la création des livrables identifiés le matin même. Les groupes, animés par le Cerema, ont pu initier la rédaction des livrables en utilisant la méthode de l’itinéraire méthodologique, consistant à identifier l’objectif final du livrable, et à dessiner « l’itinéraire » pour y arriver, en le jalonnant d’objectifs intermédiaires. Un temps d’échange inter-groupe a permis à chacune et chacun de prendre la mesure du travail réalisé dans les différents sous-groupes et de pouvoir contribuer à chacun des sujets. Ceci avant de retourner à sa table respective, afin de finaliser les livrables dans le temps imparti.
La journée s’est ainsi conclue avec la finalisation, en "mode brouillon" de trois livrables à portée opérationnelle :
- Atelier A – Signalétique : un schéma directeur pour une signalétique à l’échelle d’un quartier. Ce schéma a été élaboré en prenant comme exemple un projet d’une des collectivités représentées dans le groupe. Cela a permis d’aborder le sujet de façon concrète, même si le groupe a ensuite dézoomé pour généraliser le propos. Le livrable aborde ainsi la question des lieux à signaler, de la forme que le message doit avoir, ainsi que le support sur lequel il doit être installé, prenant en compte à la fois la lisibilité du message et sa pérennité. Ceci en identifiant les acteurs, ressources, freins et leviers mobilisables à chaque étape ;
- Atelier B – Partage de la voirie : une carte heuristique pour favoriser le piéton à chaque étape d’un projet d’aménagement. Ce livrable a été créé en compilant les retours d’expérience des membres du groupe, plusieurs personnes étant en situation opérationnelle dans leur quotidien. Les exemples concrets ont permis d’identifier les outils, leviers et contraintes à chaque étape d’un projet d’aménagement : état des lieux, étude de faisabilité, définition du budget, programmation et mise en œuvre. Les acteurs d’un projet "type" ont également été repérés, mettant en avant la pluridisciplinarité et le besoin de transversalité de cette thématique ;
- Atelier C – Évaluation : un livret pour les agents techniques en charge de mettre en place une démarche d’évaluation. Le groupe a travaillé en se posant la question de savoir quels éléments les participantes auraient aimé avoir avant de se lancer dans une démarche d’évaluation. Leurs retours d’expérience ont fait émerger à la fois le besoin de connaissance, mais aussi de motivation pour se lancer dans une démarche d’évaluation. Le livrable vise ainsi non seulement à apporter des bonnes pratiques, mais aussi à donner envie par un format didactique, avec à chaque page une partie "to-do list" personnalisable. Il aborde les différentes étapes d’une évaluation : le cadrage, la définition des objectifs de l’évaluation, les moyens et outils, les cobénéfices ou préjudices à évaluer, la diffusion des résultats et l’amélioration continue.
En conclusion : une journée atypique réussie !
Ce format de CTT était une première pour bon nombre de participants. Ainsi, les livrables produits dans cette journée ont vocation à n’être diffusés qu’au sein des participants, étant donné qu’ils ont été créés en très peu de temps et qu’ils ne sont ainsi pas forcément aussi aboutis que ce que l’auraient voulu les différents sous-groupes. Ils ont cependant permis aux participants d’avancer dans leurs réflexions, grâce aux échanges de bonnes pratiques complétés par les apports théoriques du Cerema.
"Grâce à une vision clarifiée de la démarche, pour ma part, j'ai pu avancer plus facilement sur la thématique de mon dossier jalonnement piéton"
Bien que ce genre de journée soit souvent frustrante, du fait de la limite de temps imposée pour formaliser les documents, la proposition du Cerema de mettre les participants en posture de collaboration et de production a été largement saluée. Elle apparaît comme complémentaire des journées techniques plus descendantes, qui permettent d’acquérir des connaissances et de découvrir des exemples inspirants. Elle permet l’interconnaissance entre agents travaillant sur des territoires relativement proches, et qui auront à cœur de se recontacter après la journée pour continuer à échanger.
"Ce temps d’échange et d’apprentissage a été particulièrement enrichissant, tant par la qualité des interventions que par la pertinence des sujets abordés. [...] Je suis convaincu que ce type de formation et le réseau entre collectivités contribuent à améliorer nos pratiques et nos projets en matière d’aménagement urbain et de mobilité douce."
Le Cerema remercie encore une fois les personnes qui se sont prêtées au jeu de ce format atypique : leur participation active était un élément essentiel de la réussite de cette journée !
