7 janvier 2019
Marie Aboulker
Marie Aboulker, Chargée de mission à la Banque des Territoires, a accordé une interview à l'occasion des premiers ateliers Villes et territoires intelligents organisés par le Cerema le 27 novembre 2018 à Lyon. Elle met en évidence l'intérêt des villes lauréates du plan Action Cœur de Ville pour les solutions smart.

Vous êtes intervenue en table ronde introductive des Ateliers villes et territoires intelligents, organisés le 27 novembre 2018 à Lyon par le Cerema en partenariat avec Villes de France et Villes Internet, pour faire un bilan des premières conventions Cœur de Ville signées. Quels sont selon vous les besoins des collectivités et acteurs des territoires en termes d'accompagnement pour développer la smart city ?

L’analyse des conventions révèle que 75% des conventions identifient au moins un projet de type « smart city ». Ce résultat est très encourageant et témoigne d’une envie de faire très importante du point de vue des collectivités cœur de ville.

Les conventions, à travers notamment les fiches actions, mettent surtout l’accent sur la mise en œuvre de solutions smart. Cette mise en œuvre de solutions peut être accompagnée, notamment par de l’assistance à maitrise d’ouvrage, mais celle-ci doit être replacée dans une approche stratégique plus globale, montrant en quoi la solution innovante contribue aux objectifs des politiques du territoires. L’accompagnement de la réflexion stratégique doit également permettre aux collectivités d’avoir une réflexion amont plus globale, sur les infrastructures numériques au sein du territoire ou encore sur ses exigences en matière d’interopérabilité des solutions.

Il est nécessaire d’avoir une réflexion globale sur la formation et la mobilisation des commerçants, sur l’animation de la vie du centre-ville et sur la nécessité de croiser outils numériques et service physique.

Le numérique au service du commerce est un sujet récurrent dans ces conventions. Le 27 novembre, un des ateliers était justement consacré à la redynamisation du commerce en centre-ville via les outils numériques. Qu’avez-vous retenu de cet atelier ?

Cet atelier, qui a permis de partager le témoignage des managers de centre-ville de la métropole de Lyon, d’une représentation de la Poste et d’une startup spécialisée dans l’analyse des flux autour des commerces, a permis de mettre en avant la multiplicité des dynamiques à prendre en compte en matière de fréquentation des commerces ces centres-villes. Dès lors, lorsqu’il s’agit de réfléchir au numérique appliqué aux services du commerces de centre-ville, il n’est pas possible de se contenter de l’identification d’outils et de solutions existantes, mais il est nécessaire d’avoir une réflexion globale sur la formation et la mobilisation de commerçants, sur l’animation nécessaire de la vie du centre-ville (le rôle de manager de centre-ville est à ce titre essentiel), sur la nécessité de croiser outils numériques et service physique, notamment en matière de livraison.

 

La Banque des Territoires a lancé une nouvelle plateforme au service des collectivités. Quels services propose-t-elle et comment est-elle complémentaire d’autres plateformes existantes ou en projet, comme celle du Cerema, sur laquelle les collectivités présentes le 27 novembre ont travaillé lors d'un atelier de design ?

La plateforme lancée à l’occasion du salon des maires permet d’exposer les offres proposées par la Banque des territoires à chacun de ses clients. Mais cette plateforme propose également une offre plus large des partenaires de la Banque des Territoires : c’est dans ce cadre que s’inscrit notre projet d’annuaire des entreprises de la smart city, qui vise à mettre en  lumière les solutions existantes en matière de smart city et, surtout, faire connaitre les acteurs qui innovent et contribuent à bâtir la ville de demain. Il s’agit également d’offrir plus de lisibilité aux collectivités qui souhaitent innover en mettant à leur disposition une liste d’entreprises et de start up classées en fonction de leur domaine d’activité, mais également en fonction de leur région et département d’origine. L’idée est de proposer un outil permettant aux acteurs publics locaux de mieux s’y retrouver face à l’offre parfois foisonnante dans certains domaines.

Cet annuaire, qui compte aujourd’hui plus de 100 entreprises référencées,  a vocation à s’enrichir de nouvelles fonctionnalités au fil du temps, tournées notamment sur la valorisation des bonnes pratiques.