Cet article fait partie du dossier : Le programme Territoires adaptés au climat de demain (+4°C) : Co-construire un diagnostic et une stratégie d’adaptation
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Les collectivités, du nord de la France à l’Outre-Mer, observent une intensification des risques naturels et climatiques : les vagues de chaleur, les inondations, le recul du trait de côte ont des impacts de plus en plus forts sur les territoires. Le Cerema a mis en place le programme Territoires Adaptés au Climat de Demain pour élaborer une stratégie d’adaptation au changement climatique et identifier avec les collectivités les solutions opérationnelles à mettre en œuvre.
Pour chaque collectivité, le Cerema propose un accompagnement individuel, et un parcours collectif à travers des séminaires, des ateliers, des visites, des temps de restitution et de partage, qui permet d’évoluer collectivement depuis le diagnostic du territoire jusqu’à la construction d’une stratégie locale.
Des méthodes et outils conçus au cas par cas
23 territoires sont accompagnés jusqu’à 18 mois pour définir des réponses face aux impacts du changement climatique. Alors que le programme est renouvelé au "fil de l’eau" auprès des collectivités adhérentes, le Cerema propose un premier bilan.
Le programme Territoires adaptés au climat de demain a d’ores et déjà permis de construire un dynamique au niveau national, avec la constitution d’une communauté apprenante de territoires engagés dans l’adaptation et un espace dédié sur la plateforme collaborative Expertises.Territoires. Des webinaires sont organisés régulièrement sur les différents sujets de l’adaptation, les collectivités peuvent échanger entre elles.
L’approche du Cerema a aussi été éprouvée : combinant expertise technique et expertise d’accompagnement, elle vise à outiller la collectivité et à lui transmettre les connaissances utiles pour mener sa démarche et la pérenniser.

Pour accompagner au mieux la collectivité, le Cerema s’attache à questionner son besoin, aussi bien en termes de projet que d’organisation, pour construire, aux différentes phases de travail et de restitution, des supports de travail pédagogiques et pertinents, que les acteurs locaux peuvent s’approprier au cours d’ateliers, et qui peuvent aussi faciliter la communication et les échanges sur le projet avec les différentes parties prenantes.
De plus, le diagnostic de vulnérabilité du territoire, première étape de la démarche, est co-construit avec la collectivité.
Enfin, la stratégie se définit lors d’ateliers au cours desquels le Cerema diffuse des informations utiles et amène les participants à formuler des objectifs et une stratégie d’action.
Focus sur deux points-clés de l'approche du Cerema
Développer une vision et des récits prospectifs mobilisateurs qui donnent envie d’avenir
Partager une vision prospective du territoire en construisant un récit collectif du devenir souhaité permet d’identifier des objectifs, des freins et leviers d’action pour agir à différentes temporalités. Ce travail a par exemple été mené avec la Communauté de Communes de Tereheamanu et a conduit à compléter la Boussole de la résilience avec les principes et valeurs du territoire, à travers quatre étoiles de la résilience polynésienne, qui ont été utilisées pour renforcer la résilience climatique du territoire.
A Macouria l’atelier sur les chaînes d’impacts s’est terminé par l’expression des participants sur les craintes et les espoirs pour l’avenir sur des cartes vertes et rouges, organisées selon les différentes fonctions du territoire (se loger, se nourrir et avoir accès à l’eau, s’éduquer et travailler, se déplacer, se soigner, s’épanouir et s’identifier), offrant ainsi une vision prospective d’ensemble.
La dynamique locale
Une attention forte est portée sur la mise en place d’une dynamique locale autour des sujets d’adaptation au changement climatique. Cela passe par :
- La sensibilisation des élus : dans la Communauté de communes du Frontonnais, un "Bureau Climat" a été mis en place depuis deux ans pour proposer tous les mois des ateliers et conférences sur tous les sujets climat et limites planétaires aux élus, leur permettant une meilleure appropriation du sujet de l’adaptation au changement climatique.
- La mobilisation et la montée en compétence des équipes en interne. L’implication des différents services de la collectivité est importante et permet une homogénéité dans les connaissances et la compréhension des enjeux ou des leviers d’action. Ainsi, à la Métropole Toulon Provence, la mobilisation de quatre DGA (environnement, voirie espaces verts, aménagement, habitat et citoyenneté) a permis de travailler avec une soixantaine de personnes lors de séminaires de capitalisation et de co-construction. En matière d’adaptation des infrastructures au changement climatique, la Collectivité Européenne d’Alsace souhaite que les 600 agents des routes soient investis et une formation pour les encadrants sera mise en place par le Cerema. Avec le Département de Seine-Saint-Denis, le Diagnostic sensible de la Fabrique des transitions a permis de réaliser une écoute interne, facilitant le projet inter-directions.
- Un portage politique de ces sujets qui favorise l’implication de l’ensemble des élus et permet d’aboutir à de véritables choix stratégiques partagés entre élus et techniciens. Ce portage politique peut être assuré par le président de l’intercommunalité, ou par un vice-président en charge de ce sujet. Des ateliers de travail avec les élus permettent d’approfondir la question des vulnérabilités et de les prioriser.
- La mobilisation des acteurs : l’élaboration d’une stratégie d’adaptation au changement climatique nécessite d’ouvrir la réflexion aux différentes parties prenantes. Les méthodes faisant appel à la concertation et la participation répondent bien à ce besoin : il est possible de constituer un comité de partenaires, d’organiser des événements collectifs sur le programme, de réaliser des visites sensibles de sites, de réunir les acteurs dans des ateliers de co-construction du diagnostic de vulnérabilité et de la stratégie. Recueillir les perceptions des habitants / usagers, les interroger, les faire participer à la réflexion permet de mieux prendre en compte leurs besoins et de favoriser la compréhension ainsi que l’engagement dans la démarche.
Dans le dossier Le programme Territoires adaptés au climat de demain (+4°C) : Co-construire un diagnostic et une stratégie d’adaptation
