28 février 2023
tram et vélos à une station à Lyon
Arnaud Bouissou - TERRA
Les Rencontres nationales du management de la mobilité 2022 se sont tenues les 21 et 22 juin 2022 dans les locaux de l’Institut catholique de Lille. L’évènement a été un beau succès pour les partenaires organisateurs (Cerema, ADEME, Cnfpt et Métropole européenne de Lille) – avec de nombreux participants recensés en présentiel ou à distance ! Retrouvez ci-dessous quelques-uns des temps marquants de l’évènement avant la publication des actes dans quelques jours.

introduction RNMMLes IX èmes Rencontres Nationales sur le Management de la Mobilité (RNMM) ont été organisées par le Cerema, l’ADEME, le CNFPT et la Métropole Européenne de Lille. Elles se sont tenues dans les locaux de l’Institut catholique de Lille les 21 et 22 juin 2022, au sein d’un territoire fortement imprégné par l’intermodalité, les mobilités transfrontalières et l’ouverture vers l’Europe. Le succès de cet évènement ne s’est pas démenti, avec plus de 200 participants en présentiel. En outre et pour la première fois, ces Rencontres ont été en partie diffusées sur le web, permettant à des dizaines de participants supplémentaires de suivre les sessions plénières à distance.

L’Europe, justement, était particulièrement présente lors de cette édition labellisée "Présidence française de l’Union Européenne", avec une large part du programme consacrée aux retours d’expérience étrangers de management de la mobilité. Le panel des intervenants comprenait ainsi cette année, entre autres, Mme Isabelle Vandoorne de la Commission européenne, M. Robert Thaler de la Plate-forme européenne du management de la mobilité EPOMM, et Mme Suzanne Hoadley de POLIS, en plus de la participation de nombreux autres intervenants et participants en provenance de Belgique et d’autres pays de l’UE. 

L’évènement a été introduit par MM. Laurent Beulens (Cnfpt), José Caire (ADEME), et Pascal Terrasse pour le Cerema. Ce dernier a notamment insisté sur l’importance du rôle des collectivités territoriales et de la co-construction de solutions adaptées de management de la mobilité (entre l’Etat, les collectivités et les acteurs de la société civile) pour pouvoir atteindre la nécessaire décarbonation de nos mobilités.

 

Un maître mot : intégrer la sobriété dans nos politiques de mobilité

Le contexte actuel de crises climatique, écologique et énergétique, ainsi que la forte préoccupation pour les questions de pouvoir d’achat, ont (re)mis au premier plan un impératif de plus grande sobriété dans les politiques de mobilité à mettre en œuvre. Le management de la mobilité (MM) porte d’ailleurs intrinsèquement en lui la recherche d’économies – en déplacements, en énergies, en dépenses de transports inutiles ou évitables – via des actions favorisant des changements de comportement de mobilité plus vertueux d’un point de vue écologique.

Parallèlement, l’apport d’innovations technologiques et numériques se renforce dans le temps, constituant un ensemble de solutions disponibles que le MM se doit d‘aider à mieux coordonner pour en maximiser les effets bénéfiques attendus. Ce thème de la sobriété a dès lors irrigué fortement l’ensemble des interventions entendues lors des RNMM 2022, donnant ainsi une traduction concrète au thème de ces dernières : "Le nouveau monde du management de la mobilité ?". 

 

hub mobilité dans le vercors
Plateforme mobilités dans le Vercors - B. Daval Cerema

 

La première table ronde du 21 juin après-midi, intitulée "Comment les politiques du MM peuvent aider à atteindre la neutralité carbone ?", a réuni des intervenants de haut niveau en provenance de la Commission européenne (Isabelle Vandoorne), du Ministère des Transports (Pierre-Yves Appert), de la Métropole européenne de Lille (Isabelle Andrivon), d’EPOMM (Robert Thaler) et de POLIS (Suzanne Hoadley). Parmi les principaux messages soulignés à cette occasion, figurait la nécessité de porter désormais le gros des efforts vers des territoires plus périurbains voire ruraux, en ciblant le déploiement à grande échelle de solutions fondées sur le vélo et les modes actifs, en portant une action résolue en faveur du covoiturage (favorisant le remplissage des véhicules notamment) et en agissant sur le rapprochement des populations avec les centralités et les aménités disponibles.

Le télétravail demeure également un outil particulièrement utile pour maitriser les mobilités, sans être pour autant la solution "magique" en raison d’effets rebond potentiellement importants (éloignement des lieux d’habitation, réinvestissement du temps économisé en déplacements personnels…). Au niveau européen, Mme Vandoorne a rappelé l’importance de bien impliquer toutes les parties prenantes à l’élaboration des politiques de mobilité décarbonée, de planifier en amont des solutions de mobilité durable et d’agir également à améliorer les nœuds de transport transeuropéens.

 

La deuxième table ronde le mercredi 22 juin matin, dédiée à "Comment l’aménagement du territoire peut accélérer un changement des comportements de mobilité plus vertueux ?", s’est intéressée notamment aux articulations à renforcer entre politiques des mobilités, et d’urbanisme/aménagement. A cette occasion,

  • Simon Vescovi (NF Etudes) a rappelé l’apport des nudges et des sciences comportementales pour rendre les espaces de vie plus inclusifs et durables ;
  • Anne Fuzier (Forum Vies Mobiles) a présenté des enseignements tirés pour renforcer les proximités dans les territoires ;
  • Vincent Cottet (Cabinet Richez & Associés) a, lui, décliné le concept de "La Rue Commune" qui vise à repenser radicalement l’aménagement et la destination des voies de circulation, en favorisant les interactions sociales et la ville résiliente ;
  • Cyprien Richer (Cerema) est revenu sur les relations tout à la fois fusionnelles, mais aussi paradoxales, entre les politiques d’urbanisme et de transports et sur les grands enjeux sous-jacents : parvenir à mieux faire dialoguer les services en charge des transports et ceux chapeautant l’aménagement des espaces et des territoires ; surtout, réussir à "désarticuler l’urbanisme et la voiture individuelle".

 

Rendre les politiques de mobilité plus inclusives grâce au management de la mobilité

Une troisième et dernière table ronde a réuni mercredi 22 juin après-midi, autour de la thématique "Est-ce que le numérique facilite vraiment les mobilités durables ?", Yann Bergamaschi (La Fabrique des Mobilités), Edouard Naye (Systra) et Muriel Larrouy (Ministère de la Transition Ecologique). Les échanges ont souligné que des solutions telles que le MaaS (Mobility as a Service) ou le numérique ne sont pas intrinsèquement favorables à une meilleure intégration des population défavorisées ou à mobilité réduite, malgré la promesse initiale de simplification d’accès aux services de mobilité. Elles doivent être renforcées par des politiques volontaristes d’inclusion, s’appuyant notamment sur les outils du MM, pour renforcer la compréhension et l’appropriation des nouveaux outils de mobilité par les personnes les plus fragiles ou éloignées des aménités.

 

Le management de la mobilité décliné sous toutes ses formes

La variété et l’utilité des outils du management de la mobilité ont d’autre part été rappelées tout au long des RNMM 2022, en premier lieu lors des interventions plénières :

  • Amélie Klahr (Cabinet COVENCE Avocats) et Alice De Rocca-Serra (Ekodev) ont présenté de premiers retours d’expérience sur la mise en œuvre des réformes de la loi d’orientation des mobilités de 2019 touchant à la mobilité employeur, en particulier sur la mise en place des négociations annuelles obligatoires sur les mobilités domicile-travail des salariés et sur le forfait mobilités durables (FMD) ;
  • Frédéric Aliaga (Cerema), Christophe Pauwels (Service public fédéral belge Mobilités et Transports) et Grégoire TORTOSA (CRISS) ont animé une séquence consacrée à des retours d’expérience de MM mis en œuvre par des Etats voisins de la France
  • Stéphane Barbusse (ADEME), Claire-Marine Javary (Forum Vies Mobiles) et Sylvie GAYDA (Stratec) ont illustré le besoin impérieux d’agir fortement en faveur du changement de comportement de mobilité, à travers respectivement les scénarios "Transition 2050", les conséquences relatives à des politiques de limitation éventuelle de nos mobilités (via des budgets carbone) dans un futur proche, et les impacts anticipés de la sortie des véhicules thermique en région de Bruxelles Capitale.

Quant aux sujets abordés lors de 4 sessions d’ateliers thématiques parallèles (12 ateliers au total), tout au long des RNMM 2022, ils illustrent pour leur part le foisonnement et l’imprégnation toujours plus forte du MM dans les solutions de mobilité apportées au quotidien. La liste complète des ateliers et leurs intitulés :

Atelier n°1 :

Le plan de mobilité employeurs, pour passer à la vitesse supérieure dans les mobilités durables.

 

Atelier n°2 :

De nouvelles approches pour favoriser les modes actifs et durables de déplacement.

 

Atelier n°3 :

Politiques des temps, sciences comportementales, co-construction : quand l’innovation sociale renforce le management de la mobilité.

 

Atelier n°4 :

Aider à l’insertion sociale et territoriale grâce au management de la mobilité.

 

Atelier n°5 :

Le MaaS, une approche complémentaire au management de la mobilité pour favoriser les mobilités durables.

Atelier n°7 :

Comment réussir à cibler spécifiquement les salariés pour changer les mobilités domicile-travail ?

Atelier n°8 :

Le management de la mobilité pour favoriser l’écomobilité scolaire.

Atelier n°9 :

L’utilisation des données, un allié de plus en plus incontournable pour agir sur les comportements de mobilité.

 

Atelier n°10 :

Changer la mobilité salariée à volle gaz ! Comment les employeurs appliquent le management de la mobilité en Belgique ?

 

Atelier n°11 :

Les outils de coaching digital : innover pour renforcer l’effectivité des politiques de management de la mobilité.

 

Atelier n°12 :

Renforcer son autonomie mobile dans les territoires ruraux grâce au management de la mobilité.

 

Qu’il s’agisse par exemple de politiques à destination des scolaires, du rôle de la mobilité employeurs, de l’impact du numérique ou de l’apport de solutions de mobilité pérennes dans des territoires ruraux, les intervenants des RNMM 2022 ont au final démontré l’impact et l’imbrication croissants du management de la mobilité avec d’autres politiques connexes comme la planification, le MaaS, les politiques en faveur des modes actifs, etc.

Au final, le "Nouveau monde du management de la mobilité" témoigne de la nécessité capitale de nous appuyer, dans nos politiques actuelles et à venir, sur le management de la mobilité pour parvenir à une réelle maîtrise de la demande de mobilité et une décarbonation radicale des mobilités.

 

 

 

 

Les actes 

 

des rencontres 

 

2022