30 septembre 2020
Estuaire de la Gironde en vue aérienne avec la ville de Royan
Laurent Mignaux - TERRA
L'association nationale des élus du littoral (ANEL) et le Cerema ont lancé il y a un an un appel à partenaires dans le but d'accompagner des projets innovants autour de la gestion intégrée du littoral en vue de s'adapter aux évolutions climatiques. Les 9 premières collectivités ont été désignées, et bénéficieront de l'expertise du Cerema pour expérimenter et valoriser des démarches intégrées d’aménagement du littoral.

logos ANEL CeremaLancé en octobre 2019, cet appel à partenaires permettra d'accompagner des territoires littoraux engagés dans une démarche d'analyse ou de prospective, de manière à aménager durablement des espaces dans une perspective d'adaptation au changement climatique. 

Une seconde session d'examen des candidatures va être menée d'ici à la fin de l'année. 

 

Une nouvelle approche pour la gestion des interfaces terre-mer

Les collectivités littorales sont confrontées à la gageure d’intégrer une très grande variété de politiques publiques dans leur stratégie de territoire et in fine dans leurs documents d’aménagement et de planification. Parmi les éléments à intégrer dans les réflexions, il y a des enjeux forts pour ces territoires :

  • La richesse environnementale et la diversité biologique, hydrologique, hydraulique, paysagère et culturelle remarquable de ces espaces, formant un continuum du rétro-littoral au milieu marin,
  • Une très forte pression humaine liée à un dynamisme économique, une grande variété d’usages (dont certains saisonniers) et une évolution démographique beaucoup plus marqués que sur le reste du territoire national,
  • Des risques naturels majeurs (inondations, submersions marines, cyclones, éboulements, recul du trait de côte, migration dunaire, sécheresse et canicule) susceptibles de s’aggraver dans un contexte de changement climatique et d’élévation du niveau de la mer, sur des territoires exposés du fait de la concentration des enjeux,
  • Le développement des énergies renouvelables, notamment marines, sur la base des évaluations existantes ou à réaliser ("sites propices"), pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre et respecter les engagements internationaux et européens de la France, tout en autonomisant les territoires par rapport à une production énergétique très centralisée,
  • La transition vers une économie maritime et côtière durable, en termes notamment de tourisme maritime et côtier, de pêche et aquaculture, d’équipement des ports et navires pour plus de sobriété carbone, et de façon générale d’évolution vers une économie circulaire plus sobre en ressources et moins polluante.

Cette démarche, qui vise à accompagner dans la durée les territoires pour élaborer et mettre en place des stratégies de gestion du littoral, permettra ensuite de capitaliser les enseignements tirés des actions locales. 

9 collectivités retenues: une diversité d'enjeux

  • La Communauté de communes de la région d’Audruicq (62) souhaite établir une stratégie pour adapter son territoire à l’érosion et en réduire la vulnérabilité en tenant compte des contraintes actuelles du site (risques, préservation de l’environnement, coexistence des usages…).
  • La Communauté d’agglomération des Deux baies en Montreuillois (62) veut évaluer le coût des logements susceptibles d’être vulnérables au recul du trait de côte en raison des impacts du changement climatique sur son territoire et identifier ses capacités foncières en termes de relocalisation.
  • La Communauté de communes Côte ouest Centre Manche (50) envisage de mettre en oeuvre la stratégie de gestion locale du trait de côte, issue du projet "Notre littoral pour demain", notamment sur les volets de la relocalisation et de l’adaptation des littoraux, ainsi que de la renaturation des havres en intégrant les enjeux d’aménagement de l’espace relevant de la compétence Gemapi.
  • La commune de Penvénan (22) ambitionne de réaliser un diagnostic partagé de la vulnérabilité de son littoral communal dont des zones naturelles et certains ouvrages côtiers, et ainsi définir une stratégie de gestion intégrée et un plan d’action pluriannuel.
  • Les intercommunalités de Cap Atlantique et de la CARENE (44) souhaitent prendre en compte et anticiper l’impact attendu de l’élévation du niveau de la mer et de l'érosion accélérée de certaines portions de leur littoral au travers d’une stratégie locale concertée et partagée de gestion intégrée du trait de côte.
  • La Communauté de communes Vendée Grand Littoral (85) veut mettre en place des solutions durables adaptées à son territoire qui doit faire face à des épisodes réguliers d’inondations fluviales, de submersions marines et de recul du trait de côte.
  • L’Agence des 50 pas géométriques de Guadeloupe (971) envisage de mettre en oeuvre un observatoire du littoral permettant de regrouper les connaissances existantes, et un outil d’aide à la décision pour l’aménagement du littoral grâce à une gouvernance partagée.
  • La Communauté d’agglomération du Centre de la Martinique (972) ambitionne de définir une stratégie d’aménagement durable de son littoral en tenant compte des enjeux naturels, économiques et urbains dans un contexte d’érosion du littoral et d’élévation du niveau de la mer.
  • La Communauté de communes du Sud de Mayotte (976) souhaite réaliser un diagnostic préalable de la résilience aux risques et aléas littoraux de l’île afin d’élaborer par la suite une véritable stratégie de gestion intégrée de son littoral.

Une deuxième session et un accompagnement renforcé

Suite à la crise sanitaire de la Covid-19, pour tenir compte de la période de confinement qui a retardé le travail des équipes des collectivités, le Cerema et l’ANEL ont prévu d’organiser une seconde session d’examen de candidatures déposées, le Cerema acceptant de revoir à la hausse sa contribution financière, initialement fixée à 500k€, de manière à accompagner l’ensemble des dossiers qui rempliront les critères de l’appel à partenaires.

Cette seconde session devrait ainsi se tenir d’ici la fin d’année et proposer une nouvelle liste de candidats qui seront accompagnés dans leur démarche.

Pour cet appui, le Cerema mobilisera ses cinq directions territoriales ayant une façade maritime ainsi que la direction technique Eau, mer et fleuves. Cette contribution représentera pour chaque projet 50 % du temps investi par le Cerema. Les collectivités partenaires auront à leur charge une contribution financière représentant le solde du coût total. Le Cerema pourra les accompagner dans la recherche de financements.